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Lutte contre la drogue : Le précieux coup de main des citoyens

Toutes les drogues agissent sur le cerveau par leurs effets produits, incompatibles avec la morale et l’ordre public. De l’irruption du phénomène de toxicomanie, objet, rappelons-le, d’une étude menée il y a quelques années par des médecins résidents et épidémiologistes algériens en milieu universitaire, il apparaît que près de 38 % étudiants avaient pris déjà de la drogue. Non seulement, le phénomène des stupéfiants et des médicaments dangereux menaçait même le palier scolaire et les conducteurs sur les autoroutes, ce qui avait conduit à réfléchir à une nouvelle “stratégie” de lutte afin de couper tous ces “poisons” de leur racine et par-là même renforcer les contrôles et les opérations de routine dont entre autres, le dépistage des stupéfiants sur la conduite, le dédoublement des vérifications et des opérations de perquisition de police sur la base de renseignements précis, la prévention et la sensibilisation en milieu scolaire, la mobilisation par la sûreté nationale des psychiatres spécialisés outre l’écoute et les placements dans les centres de traitement spécialisés. Au fait, rien ou presque n’est laissé au hasard. Un simple ou banal renseignement peut s’avérer parfois payant. Mais comment une telle stratégie a su donner des résultats aussi imprévisibles? Le secret réside, à titre d’exemple, dans les actions d’abord “dissuasives” et de sensibilisation des jeunes et des citoyens en général. C’est dire qu’il n’y a pas que l’aspect “répressif” du phénomène. Il a fallu aussi être à l’approche des jeunes toxicomanes, les écouter et leur proposer des alternatives de sortie de leur dépendance vis-à-vis des stupéfiants par des équipes de médecins spécialisés. Cette nouvelle approche, empruntée par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), dans le cadre de la lutte et la prévention contre les stupéfiants et la toxicomanie, a donné ses fruits. Le rôle des citoyens dans la sensibilisation et le signalement des affaires de drogue s’est avéré concluant, en témoignent les bilans des derniers mois de la DGSN. La sûreté nationale, soucieuse de préserver l’économie et la santé des citoyens de la consommation de ce poison silencieux, a pris l’initiative d’aller chercher “à la source” tant les foyers que les véritables causes derrière l’expansion du phénomène des drogues ces dernières années. Et comme, une révélation en cache forcément une autre, il est apparu que la majorité des affaires traitées sont à l’origine des signalements des citoyens. Le Chef de la lutte contre le trafic illicite des stupéfiants à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), le Commissaire divisionnaire Djamel Guessoum, a affirmé à Alger que la majorité des affaires liées aux drogues avaient été traitées par les services de sécurité grâce aux signalements des citoyens. Lors d’une conférence tenue à l’Ecole supérieure de Police «Ali Tounsi», à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, M. Guessoum a fait savoir que la «majorité des affaires liées aux drogues ont été traitées, par les services de sûreté, grâce aux signalements des citoyens». Evoquant les statistiques, le même responsable a indiqué que les services de la Sûreté nationale avaient saisi, durant les cinq premiers mois de l’année en cours, plus de 02 tonnes de cannabis, 985.014 comprimés de psychotropes et 01kg de cocaïne, faisant état de 19.340 affaires et plus de 23.000 individus arrêtés. S’agissant du bilan 2019, le Commissaire divisionnaire a souligné que la police avait saisi plus de 08 tonnes de cannabis, plus de 1,6 million de comprimés psychotropes, tous types confondus et 10 kg de cocaïne, en sus du traitement de 32.266 affaires et l’arrestation de 39.600 individus, révélant que les quantités de psychotropes saisies ont enregistré une « hausse » durant les dernières années. A ce propos, le même responsable a rappelé le plan global mis en place par la DGSN dans le cadre de la stratégie nationale 2020-2024 sur la lutte et la prévention contre la drogue, supervisée par l’Office national de lutte contre la drogue et toxicomanie (ONLCDT) et mise en oeuvre avec la contribution de tous les secteurs et les ministères concernés, en plus des services de sécurité et de la société civile. Ce plan repose sur deux aspects essentiels, à savoir une action dissuasive et une autre préventive. Ces actions sont basées sur des méthodes de sensibilisation et d’orientation en faveur des citoyens notamment les personnes vulnérables en milieu ouvert, en sus des activités des cellules d’écoute et de communication composées de médecins spécialistes et du personnel de la police. Il a précisé que les actions de dissuasion sont menées notamment par les équipes et les services régionaux spécialisés dans la lutte et soutenus par tous les moyens matériels, techniques et humains nécessaires pour faire face à ce phénomène. Pour sa part, le Commissaire divisionnaire, Amar Laroum, Chef de Cellule de Communication et presse à la DGSN a salué la prise de conscience des citoyens et leur participation aux opérations de signalement des affaires relatives à la drogue via les numéros verts dont le numéro 15-48, rappelant les activités et les campagnes de sensibilisation à la prévention du fléau de la drogue et ses dangers sur l’individu et la société, lancées par les services de la DGSN, en coopération avec la société civile, Laroum a fait état de l’organisation par ses services de 2019 au premier trimestre 2020 de près de 20.000 activités de sensibilisation. De son côté, la directrice de la prévention et la communication à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), Ghania Keddache, a dévoilé la stratégie nationale de lutte contre la drogue pour 2020-2024 supervisée par l’Office et regroupant les différents secteurs, focalisant pour « la première fois » sur l’axe de la recherche scientifique dans l’étude du phénomène de la drogue dans la société à travers l’association des chercheurs à la stratégie. Cette stratégie repose sur les indicateurs et données des enquêtes et études réalisées sur l’ampleur du phénomène de la drogue et les bilans des saisies, outre l’évaluation de la mise en œuvre des axes de la précédente stratégie basée sur les moyens de prévention et de prise en charge, a-t-elle ajouté.

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