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144 feux de forêts en à peine 20 jours : Les pyromanes sont de retour

De quoi au fait ne pas garder la tête sans suspicion. Les responsables du secteur forestier s’efforcent de trouver des explications “naturelles” à ce phénomène se creusant parfois les méninges pour comprendre la “façon” avec laquelle les feux de forêts se déclarent aussi rapidement et précipitamment. Mais, l’hypothèse la plus répandue sans doute ces dernières années est relative aux “incendies volontaires” et les dégâts importants qu’ils occasionnent au tapis végétal et forestier national. Pour aller jusqu’au bout de la réflexion, il s’agit de déterminer avec précision s’il existe une “main criminelle” derrière l’explosion du phénomène ou s’il s’agit d’une banale recrudescence qui coïncide avec la chaleur estivale ? Jusqu’ici, beaucoup d’assertions ont effleuré les esprits des responsables du secteur à propos de la trajectoire et le périmètre des incendies de forêts. Le secteur des forêts a choisi de redoubler de vigilance et songé à renforcer son parc mobile d’engins. L’approche de l’Aïd Al adha, la fête du sacrifice véhicule, elle aussi, cette explication de cause extra naturelle de la recrudescence du phénomène. Il est connu que le tapis végétal somme tout indispensable à l’alimentation des troupeaux a subi un coup de fouet en raison de la faiblesse pluviométrique. Le recours parfois par les pyromanes à l’abattage des arbres ou à la création volontaire de feux de forêts pour garantir la disponibilité des fourrages des bétails pourrait renforcer la piste de la surcroissance du phénomène. La direction générale des Forêts (DGF) s’est dotée de 80 véhicules de lutte contre les incendies, a indiqué Ali Mahmoudi, le DG de la DGF. Invité mercredi de la rédaction de la Chaîne 3 de la radio Algérienne, le directeur général de la GDF a dévoilé les contours sur lesquels s’appuie la nouvelle stratégie de lutte de la DGF. Il a précisé que ce renfort a permis de constituer dix (10) nouvelles colonnes mobiles. « Ce qui nous donne actuellement la moyenne d’une colonne pour deux wilayas en attendant d’atteindre une colonne par wilaya », a-t-il ajouté. L’invité a fait savoir que les incendies volontaires se répondent de plus en plus sur le territoire national, puisqu’à peine 20 jours depuis le début de la campagne de lutte contre les incendies, 144 feux de forêts ont été enregistrés à travers le pays détruisant 381 hectares d’arbres forestiers. Le fait saillant de ce premier bilan, dira-t-il, c’est que la seule localité de Gouraya dans la wilaya de Tipaza a enregistré 26 départs de feu. « Ce qui nous a obligé de dépêcher la directrice de la protection des forêts pour aller s’enquérir de la situation », a-t-il ajouté. Pour connaître l’origine des feux, Ali Mahmoudi, souligne qu’un programme de coopération avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), financé par l’ambassade du Japon, a été lancé en 2019. Selon lui, cela va nous permettre d’étudier les causes exactes de ces départs de feu. « Jusqu’à preuve du contraire, dans les pays de la rive sud de la méditerranée, notamment en Algérie, 85 % des causes des incendies sont inconnues », fait-il savoir « et là ça n’arrange pas les choses ». Contrairement aux années précédentes, cette année les feux de forêts ont touché même le sud du pays, puisque, dit-il, nous avons déjà enregistré trois incendies, dans la wilaya d’Illizi, qui ont consommé plus de huit hectares, ce qui est énorme pour une région désertique. Il y a aussi la vallée de M’Zab qui a brûlé. « C’est un phénomène nouveau auquel on assiste depuis le début du mois de juin. », a-t-il ajouté. Au passage, M. Mahmoudi a évoqué le problème de désertification en précisant que « nous avons un projet de reprise du Barrage vert sur la base d’une étude qui a été élaborée par bureau national des études pour le développement rural ». Il estime que, cette fois-ci, « c’est une version améliorée du Barrage vert vu, que le volet économique a été pris en charge ». « Nous tablons beaucoup d’espoir sur l’Office de Développement de l’Agriculture saharienne (ODAS) pour la concrétisation de ce projet », a-t-il conclu.

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