Pour pouvoir prétendre à des soins de qualité, le malade en Algérie doit recourir à une assurance complémentaire pour une prise en charge meilleure qui ne diffère pas beaucoup des établissements de santé étrangers. Malgré les perfections, le système de santé algérien est loin de connaître l’apothéose. La pandémie du Covid-19 qui secoue le monde, a mis à nu les faiblesses d’un système de santé que l’on croyait au dessus de la moyenne. Cette maladie a contraint à redéfinir les “priorités” et le mode de fonctionnement du système de santé en Algérie. Un système de santé en proie à une “panique” et un déficit criard en moyens, avec la surcharge en terme de “lits”, au niveau des structures hospitalières accueillant les malades atteints par le Coronavirus et l’absence d’”équipements” de réanimation respiratoires, sans lesquels les médecins ne pouvaient rien faire pour sauver des vies humaines entières, en ce moment fort de conjoncture épidémiologique. Il est vrai que l’Algérie qui a importé un important lot médical de Chine, a réussi en un laps de temps à freiner la propagation de la pandémie. Sans cet équipement spécifique et sans le protocole de Chloroquine, l’Algérie aurait pu rencontrer des difficultés d’accès à un traitement aussi performant pour venir à bout de ce syndrome du Coronavirus. N’était-ce aussi l’adhésion des Algériens au confinement depuis plus d’un mois, la facture humaine aurait pu être lourde mais pour peu que ces derniers ne rechignent pas à se relâcher en ces ultimes moments de lutte intense et impitoyable contre le Covid. Et si notre système de santé était d’avance doté de tous ces moyens ? Allusion aux lits et aux médicaments disponibles dans les hôpitaux. En Chine, spécialement à Wuhan, un hôpital spécial anti Coronavirus a été construit en une semaine. C’est donc une question de moyens mais aussi d’esprit d’anticipation. Ce qui n’est pas d’interpeller la sempiternelle question de savoir si notre système de santé avec ses défaillances résistera-t-il devant une prochaine pandémie (que Dieu le Miséricordieux nous en préserve)? La pandémie à laquelle est confrontée la planète, « que nous n’aurions pas pu éviter », incite à revoir globalement « notre système de santé agonisant », observe le professeur Mohamed Bekat Berkani. L’éminent médecin rappelle que celle-ci a provoqué une « panique considérable », particulièrement quand il a été constaté « que nos hôpitaux étaient dans un état déplorable ». S’exprimant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, ce membre de la Commission scientifique, installée au ministère de la Santé pour suivre l’évolution de la maladie, appelle à revoir fondamentalement les mécanismes de fonctionnement du système de santé publique, en le dotant notamment de personnels humains qualifiés et de matériels de soins performants. Amené à formuler son avis à propos des mesures de déconfinement partiel, décidées par les autorités, ce praticien relève que ces dernières ont été rendues nécessaires, en raison, dit-il, de la situation de « détresse » de concitoyens confrontés à des difficultés économiques, « sous conditions de gestes barrières contre cette crise sanitaire « toujours patente ». Jugeant que personne ne possède le bon « mode d’emploi » pour assurer la réussite d’un déconfinement sécurisé et éviter, ainsi, une nouvelle vague de la maladie, « plus meurtrière que la précédente », le Dr Bekat Berkani estime que les citoyens doivent se faire à l’idée que la pandémie « n’est pas derrière nous » et que des décès de personnes affectées continuent à être constatés. Il relève que concernant la conduite d’Algériens face à cette crise sanitaire, il note qu’il en existe beaucoup parmi eux qui continuent à ne pas s’équiper de masques de protection, tout comme il fait état de leur propension « irresponsable » à se bousculer, les uns aux autres aux entrées des magasins. Concernant une éventuelle reprise du fonctionnement des cycles scolaires, l’intervenant juge qu’il ne s’agit pas d’une bonne idée. Il propose que, pour plus de sécurité pour les enfants, tout comme pour leur entourage, de la repousser à la rentrée du mois de septembre prochain. La grande priorité pour l’invité reste, insiste-t-il, à sauver le bon déroulement des examens de fin d’année pour les cycles supérieurs, « gage de la continuité des études ».
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information