D’autres, les malades cardiovasculaires notamment sur qui le chloroquine est “déconseillée”, ont été traités sous des antiviraux destinés au Sida et ont guéri complètement. Plus de 60 % des 5.000 malades ont subi ce protocole depuis le 24 mars pour une période maximale de 10 jours. Il est admis que l’Algérie à qui la Chine est liée depuis des lustres par des accords historiques de coopération notamment scientifiques et médicaux , a “tranché” dans ce qu’on appelait déjà à cette époque de “débat controversé” de la chloroquine . Le 23 mars dernier, les autorités algériennes et le ministre de la Communication expliquaient que les patients atteints par le coronavirus étaient traités au moyen du protocole de chloroquine. Ce fut alors le branle-bas- de combat en Algérie contre la pandémie. Mis en oeuvre par le Professeur Raoult, le protocole s’est avéré concluant aussi bien pour les tests que pour le traitement en lui-même. L’hopîtal El Kettar à Alger a reçu les premiers cas graves du Covid -19 . D’autres laboratoires ont vu le jour à l’image de celui de Bejaia dans l’utilisation de protocole. Quoi qu’il en soit , le protocole hérapeutique, à base de chloroquine essentiellement, auquel ont été soumis les patients atteints de Covid-19, a prouvé son efficacité « quasi totale », assurent de leur côté, des spécialistes. Le chef du service Maladies infectieuses à l’établissement hospitalier public (EHP) de Boufarik (Blida), Dr. Mohmaed Yousfi, a indiqué que 150 des 300 patients atteints de Covid-19, hospitalisés depuis le 23 mars 2020 au niveau de cet établissement, avaient quitté l’hôpital, complètement guéris après avoir été traités soit à base de Chloroquine ou des antiviraux dans d’autres cas. « 90% des cas ont très bien réagi à ce protocole de traitement recommandé par le ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière », a-t-il affirmé . Il précise que les « récents résultats d’analyses pour ces patients ont démontré leur guérison totale ». Toutefois , le protocole est soumis à des “exceptions” . En effet, “sont exclus de ce protocole thérapeutique, les patients souffrant de maladies cardiovasculaires et ceux n’ayant pas toléré ce traitement. Ces derniers ont été mis sous antiviraux, utilisés dans le traitement des infections par le VIH et qui ont donné des résultats très satisfaisants », precise-t-il. Le Pr. Nassima Achour, chef du service Maladies infectieuses à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) El-Hadi Flici (ex-El-Kettar) à Alger partage le meme avis. Dans ce service sont soumis plus de 85 patients, tous âges confondus , à un traitement à base de chloroquine associée et à des antiviraux destinés au traitement du Sida. A ce propos, elle a fait état d’une « efficacité quasi totale » de ce traitement auquel sont soumis des malades dont l’état de santé connait une évolution positive de jour en jour. Le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Pr. Lyes Rehal, souligne que le protocole thérapeutique à base de chloroquine, recommandé par le ministère de la Santé, a montré son efficacité chez la plupart des patients auxquels il a été administré. Dans le même cadre, il a précisé que 69,4% des 5.000 patients traités, du 24 mars à ce jour, ont été soumis à un traitement à la chloroquine pour une période maximale de 10 jours. « 21,3% de l’échantillon susmentionné ont reçu un traitement à la chloroquine pendant une période allant de 05 à 06 jours et seulement 1,8% a reçu ce traitement pendant une période allant d’un (01) jour à 05 jours », a déclaré à l’APS le Pr Rehal, également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, avait fait état de la disponibilité de plus de 250.000 boîtes de chloroquine au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), estimant que cette quantité était « suffisante » pour traiter les cas enregistrés quotidiennement, en attendant le développement de sa production localement dans les prochains jours. De son côté, le directeur général de l’usine CPCM Pharma de Lakhdaria, unique producteur de Chloroquine en Algérie, Abdelhakim Bouzid, a indiqué que la première quantité de matière première pour la production de ce médicament sera réceptionnée dans les prochains jours, précisant que l’usine produira dans un premier temps 460.000 boîtes de ce médicament en mai et 300.000 en juillet et août, soit un total de plus de 700.000 boîtes. Le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, Djamel Fourar, avait precise, jeudi, à l’APS que les patients guéris après avoir été soumis au protocole thérapeutique à base de chloroquine, « nécessitent un suivi » car, a-t-il dit, les études scientifiques à travers le monde « n’ont pas démontré si les patients guéris pouvaient ou non être réinfectés ».
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information