
Le contexte a changé pour cette session où désormais, il sera plus question de la consolidation d’un État de droit qui prend en charge les préoccupations des Algériens dans une Algérie nouvelle, un slogan brandi tel un leitmotiv pour illustrer toute l’attente des Algériens pour un lendemain serein. Cette option est revenue très souvent dans le long discours du président Tebboune qui a focalisé devant les walis - chefs de daïra et ministres sur l’impérative urgence d’adhérer au processus du Renouveau en appliquant illico-presto les injonctions du président qui les a interpellés à l’occasion dans sa longue prestation. Après la projection de reportages réalisés par la chaine de télévision publique et les chaînes privées sur le vécu hélas douloureux à la fois et dramatiques loin des normes de vie de nos concitoyens algériens dans plusieurs régions du pays, privés de toutes les commodités et de moyens adéquats pour leur survie, Abdelmadjid Tebboune qui en était l’initiateur de ces reportages, parlera non sans ambages mais avec regret du blocage voire carrément arrêt du processus de développement dans ces régions citées dans les reportages et dont les wilayas d’Oran, de Relizane, de Tissemsilt, de Tamanrasset, de M,Sila et Timmimoun se sont taillées la part du lion en matière de sous-développement et de précarité. C’était un moment de grande émotion lors de cette projection via vidéo des souffrances des Algériens, dans des régions désenclavées et loin des grandes villes et de la capitale. Pendant 02 heures où il a discouru devant les présents, Tebboune a surtout changé de fusil d’épaule par surtout orienter ses tirs croisés en direction de la collectivité locale surtout les chefs de daïra qui seraient les sources du laxisme enregistré dans nos régions, douars et régions déshéritées. Les walis ont été épargnés de ses tirs croisés. Pour lui, les walis n’ont pas accompli leurs missions de contrôle comme si la responsabilité de ce désastre incombait uniquement les chefs de daïras. Il a fait table rase des urgences par exhorter à une décentralisation où l’APC est appelée à s’impliquer rigoureusement dans le développement car les budgets ont été alloués en 2020 pour y venir à la rescousse. Dans ce discours de circonstance, entre un président pour la première fois avec les responsables locaux soit 1.100 participants représentant la collectivité locale, dans un nouvel esprit de gouvernance pour une approche de développement durable, l’orateur a dressé un tableau sans complaisance du vécu des citoyens privés des conditions de vie primaires et nécessaires tels le gaz, l’électricité, l’eau, le logement, le transport et à cela s’ajoutent la pauvreté, le chômage et la précarité par instruire les présents à plus d’implication pour atténuer les souffrances, répondre aux exigences par aller vers une amélioration du cadre de vie des citoyens grâce à une démarche de planification du système de développement local et les instruments de son financement dans une optique de cohérence et de complémentarité. Le citoyen demeure au cœur des préoccupations de l’Etat. Alors bannissez la choucroute, la ristourne et les passe-droits, a lancé Tebboune, en direction des présents. La préservation des droits des citoyens est une condition sine qua non car les changements restent les revendications majeures exprimées par le Hirak depuis une année et dont il est l’initiateur au côté de l’ANP qui l’a accompagné et veille sur lui. Abdelmadjid Tebboune exhorte les walis à redoubler les visites sur le tas afin de bannir la corruption, les pratiques douteuses et mafieuses de l’administration, par un changement des mentalités et par la levée des barrières et des entraves devant les citoyens, ainsi la bureaucratie n’aura plus de place dans notre société. Les budgets alloués doivent s’orienter vers les projets destinés à alléger les souffrances des citoyens et non pas vers les projets de réfection des trottoirs tous les 06 mois, tonne-t-il devant les présents. Il faut éviter le gaspillage, cesser les fausses promesses, les abus de pouvoir, dit-il et instaurer le contrôle, la confiance et rester à l écoute des plus démunis et des damnés et des couches les plus défavorisées de cette gestion chaotique. Dans ce constat sans complaisance du vécu et du quotidien ô combien morose des Algériens, le président les a exhortés à répondre aux urgences car affirme-t-il, les budgets sont disponibles car nous avons les moyens financiers pour y venir à bout de ces souffrances, rétorque-t-il. Un délai d’une année est fixé comme ultimatum pour la concrétisation de ses recommandations. Les ministres des Travaux publics, Habitat, Ressources en eau, Solidarité et Education sont les plus impliqués dans ce processus de développement pour venir à la rescousse de toutes ces revendications, somme toute, désastreuses et précaires des Algériens. Tebboune s’est montré à la fois ferme et réconciliant, tout en menaçant de temps à autre le recours à la justice pour trancher des litiges et sanctionner les contrevenants. Il faut instaurez une justice sociale, lance-t-il aux présents afin de revenir à la transparence surtout concernant le volet habitat car un million et demi de logements ruraux ont été distribués dans des régions déshéritées et désenclavées. Si les projets sont en gestation, Tebboune avertit les responsables locaux pour la fixation des normes techniques dans les secteurs-clé sus-cités. La gestion de la collectivité locale, conclut-il après ce long discours, doit répondre aux normes internationales en matière de technologie où il est impératif de recourir à la modernisation de l’administration via l’informatique et la digitalisation. Après avoir rappelé les grands chantiers qui l’attendent tels le référendum sur la nouvelle Constitution, la loi électorale et celle sur les partis politiques, il abordera le volet économico-financier par réitérer ses missions majeures de bannir l’argent sale du politique comme ce fut le cas pendant 20 années consécutives en Algérie. Rencontré en marges de cette rencontre, le chef de daïra d’Ouargla nous confie que le développement dans cette région est quasi inexistant. Dans cette wilaya, nous dit Brahim Nouari, on enregistre beaucoup d’insuffisances qui permettent aux citoyens de vivre dignement surtout en matière d’électrification rurale et le désenclavement des pistes qui causent d’énormes préjudices. Le tourisme traine le pas dans cette région à vocation touristique et agricole selon les propos de notre interlocuteur qui lance un appel pour y remédier. Le wali délégué d’Oum El Bouaghi que nous avons rencontré en marges, nous dit à son tour que cette wilaya a bénéficié du transfert du barrage de Béni Haroun pour l’irrigation et la consommation humaine est importante et c’est une région qui subit les aléas de la sécheresse, ce qui influe d’une manière dramatique sur l’agriculture. Selon notre interlocuteur qui reste optimiste concernant sa daïra qui a bénéficie du transfert de l’eau du barrage pour que la population puisse s’occuper de l’agriculture et maintenir l’effort de l’électrification et du raccordement au gaz naturel au profit de la population. Enfin, il conclut qu’il faut rattraper le retard enregistré en la matière. Le potentiel humain et l’investissement stratégique doivent revenir sur la scène pour la concrétisation de la nouvelle République, conclut notre intervenant, tout en mettant l’accent sur la population vulnérable qui mérite les mesures de solidarité d’une manière solidaire. Enfin, le chef de daïra Sidi Ameur, dans la wilaya de Tipaza, qui est une région à vocation agriculture et touristique, Zergat Cheikh nous dira à ce propos que les budgets financiers alloués à cette région pour son développement restent insuffisants. Selon lui, certaines régions souffrent de l’absence des routes urbaines dans les agglomérations isolées de la partie ouest de la wilaya. A cela s’ajoutent la problématique alimentation en gaz de ville, électricité rurale et enfin de l’assainissement en eau potable surtout le transfert de l’eau à partir du barrage Kef Dir du Damous, un projet qui a été détourné. À l’heure où nous mettons sous presse, il est prévu plusieurs communications de plusieurs ministres du staff gouvernemental d’Abdelaziz Djerrad pendant que celui de l’Industrie fasse un constat peu reluisant de son secteur. Les interventions se poursuivent en présence du Premier ministre et celui de l’Intérieur après le départ du président Tebboune. La journée d’aujourd’hui, sera consacrée à la lecture des recommandations issues des différents ateliers qui se sont réunis hier, au CIC, dans la séance de l’après-midi.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information