Les walis de la république vont se rendre, donc, à Alger, pour une réunion avec les autorités centrales. Qu’est-ce qu’ils vont se dire, d’après vous? L’on va, sûrement, booster ces walis en vue d’améliorer la qualité de services publics…rattraper les retards flagrants enregistrés dans la réalisation des projets, notamment, ceux ayant une qualité d’urgence. Des écoles, des lycées, ainsi que d’autres édifices publics traînent depuis des années, attendant un coup de bâton magique. Cependant, la situation des projets et de la cadence de l’administration locale d’une manière générale ne répondent pas de façon positive aux attentes des citoyens… Ce n’est pas la faute exclusive des walis, des chefs de daïra ou des autres commis de l’Etat, mais également des élus locaux. Si le gouvernement central désire des changements de la façon de gérer la chose publique, il n’a qu’à opérer des changements dans la façon de choisir les responsables locaux, selon des critères et des normes bien définis qui vont être récompensés ou sanctionnés, selon les lois de la république. Mais, dites-vous, il faut procéder aux changements ou à l’amélioration de ces lois…ce qui va constituer une autre paire de manche. Avec les lois, les règlements et l’Etat de droit d’une manière générale, l’Etat va redevenir un Etat, selon les normes en cours dans les pays de référence. Il n’y a pas de suivi, pas plus de récompense pour ceux qui travaillent bien, également, des sanctions répressives pour ceux qui ne font pas leur travail ou qui trichent dans leur mission. C’est, pratiquement la regrettable situation de débandade, qui a fait des responsables à tous les niveaux ce qu’ils sont devenus…Un ministre, un wali, un chef de daïra, un maire qui se trouve, brusquement, entourés de tous les côtés par l’argent facile, que va-t-il faire selon vous? Pis encore, il sait pertinemment qu’il ne va guère être inquiété, puisque l’Etat qui est censé le poursuivre, se trouve enseveli dans le cimetière d’à côté. Donc, ce qu’il va faire, c’est bien de s’assurer un avenir pour lui, pour ses enfants et pour ses petits enfants… Regardons, cependant, les choses en face et laissons de côté les autres considérations nationalistes, morales ou religieuses. En vue de parer contre cela, il n’y a pas trente six chemins à prendre !!! Il faudrait se doter d’une justice forte, responsable et indépendante. A cela, il faudrait, également renforcer le système judiciaire par un système de contrôle des comptes publics efficace, à l’instar de la Cour des Comptes qui a reçu en 1999 une balle en plein cœur. Le hic, c’est qu’il n’y a pas d’autres alternatives en vue de sauver le pays d’une réelle déchéance…L’autorité de l’Etat, l’Etat de droit ou la mort…
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information