Le président tunisien, Kais Said, effectuera, aujourd’hui, une visite officielle en Algérie, un pays ami et voisin. Ces deux pays qui appartiennent à l’UMA soit l’Union du Maghreb arabe, sont voisins et frères en même temps. Ils sont liés par les liens de voisinage et par le rush important des Algériens vers cette destination touristique qu’est la Tunisie. De par leurs frontières communes ils font face tous les deux à la prolifération de certains groupes armés venus de la Libye, un autre pays ami et voisin qui s’embrase, et sont ciblés par les conflits du Sahel. Les autorités algériennes et tunisiennes sont liées par une coopération dans la lutte antiterroriste, essentielle pour venir à bout des groupes armés opérant dans les régions montagneuses frontalières où les attaques et opérations sont récurrentes. Le président tunisien –qui n’a effectué aucun autre déplacement depuis son investiture le 23 octobre si ce n’est une visite à Oman pour les funérailles du sultan Qabous– doit passer une seule journée en Algérie. Le président tunisien a été élu à la surprise générale devant son adversaire Nabil Karoui, président du Kalb Tounes. Depuis, il multiplie les contacts pour faire redresser la machine économique de son pays qui croule sous les poids de la dette. Son objectif, redonner confiance aux Tunisiens après les événements qui ont prévalu dans ce pays suite à la mort de Kaid Essabsi, l’ex-président et la montée de l’islamisme d’Ennahda et la liquidation physique de certains opposants. Rappelons que lors des élections présidentielles en Tunisie, et après la proclamation officielle des résultats des élections à la surprise de tous, Kais Said avait promis à notre consœur algérienne déplacée sur place que l’Algérie sera le premier pays qu’il visitera. Il avait promis avant son élection que son premier déplacement à l’étranger se ferait en Algérie, seul pays voisin de la Tunisie avec la Libye en crise. Cet universitaire qui n’a jamais été mêlé à la politique, se revendique les valeurs de la révolution de 2011 ayant chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali, même si ses détracteurs lui ont reproché ses penchants pour le parti de Ghanouchi qu’est Ennahda. Invité avant cette élection par l’ex-chef d’Etat sortant, Abdelkader Bensalah, il avait laissé le Premier ministre sortant, Youssef Chahed, le représenter auprès des autorités algériennes. L’Algérie était en pleine déconfiture politique suite au vide inhérent dans ses institutions avant la tenue des élections présidentielles du 12 décembre dernier et l’installation d’Abdelmadjid Tebboune comme président de la République qu’il rencontrera aujourd’hui à la faveur de cette visite officielle d’une journée. Cette visite officielle interviendra une semaine après qu’Alger ait réuni les ministres des Affaires étrangères de la région au sujet de la crise en Libye, qui a de profondes répercussions en Tunisie comme en Algérie. La Tunisie dépend en outre de l’Algérie pour sa consommation de gaz naturel, et le commerce avec son voisin algérien est crucial, ses exportations ayant souffert de la perte du marché libyen. Kais Said gère actuellement une Tunisie qui est sous perfusion des bailleurs de fonds internationaux entre autres le FMI et l’UE. Les deux secteurs que sont le tourisme et l’agriculture peuvent-ils arriver à effacer ses dettes auprès du FMI qui se chiffrent à des milliards? Le président de la République a choisi cet ex-ministre pour former l’exécutif. Un quadra, franco-tunisien, au profil international qu’est Fakhfakh pour former le Gouvernement. Une fois encore, l’organisation internationale qu’est le FMI demande que les réformes de structure soient implantées. La facture plafonne les milliards que la Tunisie se doit de rembourser à cette institution internationale de l’ordre de 928 milliards de dollars.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information