Le diplôme est-il un document de titularisation à un grade reconnu pour le personnel saisonnier titularisé de la commune d’Oran ?». Cette question est posée par un nombre sans cesse croissant de travailleurs contractuels permanisés par la dernière instruction ministérielle, au niveau de la municipalité à Oran. Une question qui revient sur les lèvres des concernés à chaque fois qu’ils disent «n’avoir constaté depuis leur titularisation, aucun changement ni dans le grade ni dans l’échelon encore moins les montants des fiches de paie qui sont les mêmes». La permanisation des saisonniers à Oran s’est avérée être un vrai parcours du combattant. Plus personne ne peut, en effet, renier les efforts consentis à ce titre par les pouvoirs publics locaux. C’est un dossier lourd qui a été réglé mais qui ne cesse, au fur et à mesure de la mise en application sur le plan de la régularisation de la situation administrative des saisonniers titularisés, certaines embûches contraignantes pour la catégorie des détenteurs de diplômes parmi eux. La difficulté réside selon eux, dans les critères applicables pour la titularisation d’un saisonnier, ce qui a fait dire à beaucoup d’entre eux, «le diplôme a-t-il été réellement un document de titularisation reconnu par la fonction publique pour permettre la régularisation de la situation des travailleurs saisonniers ?». Parmi tous ces critères figure bien entendu le «diplôme». Il est utile de souligner que parmi une proportion non négligeable des saisonniers qui ont été titularisés et dont le nombre dépasse les 1000 agents, il y a ce qu’on appelle les «agents polyvalents». Ces derniers qui cumulaient plusieurs tâches à la fois en étant saisonniers selon l’ancien système qui met en avant les priorités du service public, devront, dorénavant, n’exercer qu’une seule et unique tâche. On sait que les saisonniers titularisés ont, en plus, la possibilité de bénéficier des avantages sociaux même si le salaire demeure inchangé du fait qu’il n’y a pas d’incidence budgétaire. Le problème cependant est soulevé ces derniers mois par les «diplômés» parmi les saisonniers titularisés. On croit savoir de sources proches du dossier que, ce diplôme valorise le poste. Il est déterminant autant pour le grade que pour l’échelon du saisonnier titularisé. Ce qui, en d’autres termes, veut dire que ce dernier n’est plus traité tel un «agent polyvalent» puisque, outre le fait que sa titularisation est d’office et soumise à l’obligation préalable de déclaration aux régimes de sécurité sociale et de la retraite, il est «intégré» dans un poste suivant le diplôme. Ce qui, selon l’expression d’un responsable communal, devrait marquer la fin de la «décennie des agents polyvalents». D’après des aveux de quelques saisonniers titularisés en possession de diplôme, «ils sont restés dans leur même poste». «Nos diplômes ont- ils la valeur reconnue», s’interrogent-ils. Ils se demandent si leur cas a été pris en considération par le service personnel communal. Oran était la seule commune parmi les 1541 du pays, qui appliquait le dispositif saisonnier. «Un agent polyvalent qui possède un diplôme peut-il aspirer à un grade par la voie de sa titularisation afin d’améliorer son salaire», s’interroge-t-on aussi. Plus de 1030 travailleurs contractuels (saisonniers) de la commune d’Oran ont été titularisés en 2019 après plusieurs années d’attente qui a couronné les efforts du Syndicat des travailleurs, de l’APC d’Oran et des autorités locales.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information