Il va sans dire que le symptôme de la «crisologie», lié au virus corona souligne continuellement l’impossibilité pour «le bon sens»d’attester la négation du conflit dans les rapports sociaux. Un terme important prend place dans le système télévisuel, dans l’énumération propre pour décrire la place particulière qu’occupe la santé dans notre pays, est bien celui de dire que tout va très bien madame la marquise. Les qualités mégalomaniaques animées par l’impératif de la censure sociale restituent dans son sein la fonction pathologique qui annihile l’interaction sociale. L’instabilité contingente d’une subjectivité, dans un milieu contraint, favorise les arcanes de l’incommunicabilité. Cet aspect, pour le moins mortifère, provoque en soi une pensée désincarnée. Outre cette servitude, l’aliénation de l’instrumentalisation du fait religieux ne cesse de se propager comme une toile d’araignée sur le corps social, la logique de continuité que maintient la «déliaison» sociale, fait que la condition humaine soit mue par le degré d’extrémisme à l’égard de la certitude qu’il peut contempler. Sur cet aspect, «l’ignorance sacrée, «défendue par l’islamologue Arkoun, devient une médiation de l’illusion, question que nous allons développer dans un deuxième temps. De ce fait, il est utile de dire que la signification sociale devient de plus en plus obscure par l’obstruction de l’altérité comme singularité agissante du sujet, ce musellement fera que le langage soit impossible ; à cet égard, nous pouvons dire avec Lacan que «le sujet est parlé plutôt qu’il ne parle». Dans ce sens, la pensée s’enferme dans «l’identité même», et la pulsion de mort devient le moteur de «l’imaginaire leurrant» qui porte le sujet parlant vers les portes de l’insignifiance. Devant cette réalité sociopolitique, l’indigence intellectuelle est l’éternelle compagne de l’atomisation du corps social. En effet, ce qui peut sembler paradoxal, c’est que l’errance dogmatique ne sait pas où elle va parfois, mais peut sanctifier sa direction dans les lieux mythiques qui favorisent en soi des convictions anémiées par les figures consolatrices. Le fanatisme religieux comme effet désocialisant se perçoit au fil du temps comme déchéance de l’humanité qui prête le flanc aux violences multiples. A cet égard, nous précisons que nous n’avons nullement l’intention de nous étaler sur la «logique du meurtre» qui a caractérisé le tissu social pendant la décennie noire (voir notre article: radicalité, et métastases du fanatisme religieux, présenté lors du colloque d’acte psy à Bruxelles en mars 2018). Constat affligeant de voir que l’ordre du temps se fige dans le virus corona. Ce dernier crée une atmosphère délétère. A cela, se rajoutent les déclarations du personnage sinistre Bounatirou, agent de l’asservissement de l’imaginaire, qui, depuis quelques jours, débite une logorrhée verbeuse pathologique ayant pour fonction de «psychotiser» l’imaginaire social. L’attitude morbide de cette personne, sujette à des blessures pathologiques, impose une religiosité pathétique de la simulation pour faire combler le déficit de la décomposition sociale. En d’autres termes, l’éducation informelle trouve refuge dans l’éducation. En approfondissant notre problématique, nous pouvons émettre des hypothèses sur le recours du fanatisme qui est une manière de déceler le caractère infaillible de la raison d’une part, et d’autre part savoir si le bon sens permet de disséquer les choses qui affectent la psyché? Pour essayer de comprendre les métastases du phénomène religieux, la question qui s’impose à nous, est de savoir si la raison comme unique instrument salvateur serait l’antidote pour pallier la vacuité des sens qui alimentent la pensée totalitaire? Cette modeste contribution aura pour ambition d’interroger la question de l’extrémisme même s’il est larvé dans certains cas, il se voit réactiver facilement vu l’étendue des dégâts de «la socialité anomique». A notre sens, il serait vain de vouloir colmater la brèche de la détresse infantile lorsqu’on constate que la fonction «de l’opium des peuples» ne peut trouver une issue joyeuse dans la raison qui exclut le savoir de l’inconscient. Autrement dit, «le rapport de l’observation à l’observé ne peut être supprimé par la condition du surmoi collectif».
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information