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Nouveau mandat du président Bouteflika: Les étudiants s’expriment librement

Ils ont choisi en un bloc soudé de manifester dans la rue. Ouyahia avait appelé le peuple à s’exprimer aux urnes en avril. Le Premier ministre avait en effet exhorté les manifestants à s’exprimer dans les urnes lors de la présidentielle du 18 avril. «Chacun est libre de défendre librement et en toute souveraineté son candidat ou de s’y opposer», avait-il souligné. Bouteflika avait annoncé le 10 février sa décision de briguer un cinquième mandat. Le chef de l’État avait, ainsi pour dire, mis fin à de longs mois d’incertitude et de suspense. Vendredi dernier, des manifestations ont eu lieu après la prière de « Dohr » dans plusieurs villes. Les avocats ont récidivé ce lundi. Alors que ce mardi matin, le tour est venu aux étudiant de marcher. Environ 500 étudiants étaient regroupés à l’intérieur de la Fac centrale aux cris de «Non au 5e mandat!», «Algérie libre et démocratique». Les agents de sécurité de l’université ont cadenassé les grilles pour empêcher les étudiants de sortir. «Policiers et étudiants sont des frères», crient aussi les étudiants aux membres des forces de l’ordre, certains arborant casques et boucliers anti-émeutes, déployés en nombre dans la rue, de l’autre côté des grilles. De nombreux étudiants brandissent des drapeaux algériens. «Pour éviter la confrontation avec la police, les étudiants de plusieurs facultés d’Alger ont décidé de se rassembler dans l’enceinte de l’université», a expliqué Raouf, étudiant en master de journalisme, parlant sous couvert de l’anonymat. «Les policiers n’ont pas le droit d’entrer» dans les universités, rappelle-t-il. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans différentes universités du pays. Aucun journaliste n’a été autorisé à pénétrer à l’intérieur de la «fac centrale», a fait savoir un responsable de la sécurité. Un impressionnant dispositif policier est déployé dans le centre d’Alger et de nombreux véhicules des forces de l’ordre sont garés sur les axes adjacents à l’université. «Pas en mon nom !», est un des mots d’ordre de la contestation de mardi qui a été lancée sur les réseaux sociaux après le soutien affiché de onze associations estudiantines à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika. «Nous organisons une démonstration de force afin de montrer que ces 11 associations n’ont pas parlé en notre nom», a expliqué Hakim, 23 ans, étudiant en génie civil à l’université des sciences et technologie de Bab Ezzouar (USTHB), à une quinzaine de kilomètres du centre de la capitale. Des enseignants et universitaires ont appelé leurs collègues à se joindre aux étudiants ce mardi. «Nous avons le devoir d’incarner la voix du peuple qui se lève contre un système politique devenu une véritable menace pour notre avenir et la stabilité du pays», expliquent-il dans ce texte. Au niveau régional, des manifestations similaires ont été organisées, à travers les universités et centres universitaires dans plusieurs wilayas. Encadrés par un important dispositif sécuritaire, pour prévenir d’éventuels dérapages, ces rassemblements pacifiques ont été organisés dans le calme. A Oran, plusieurs centaines d’étudiants venus des universités de Belgaid et de l’Usto de Bir El Dir sont venus à pied jusqu’aux environs du lycée Lotfi avant d’emprunter une autre destination. Les policiers en casque ont été rappelés en renfort pour parer à toute éventualité. Les étudiants marcheurs arboraient des slogans « Non au cinquième mandat » et scandaient «Vive l’Algérie» sous les youyous de quelques étudiantes. Certains d’entre eux ne cessaient de répéter, à la vue des policiers:«Manifestation pacifique». La circulation automobile n’a pas mis beaucoup de temps pour reprendre son cours normal. A Sidi Bel-Abbès et Skikda notamment les étudiants sont également sortis dans la rue. La Constitution garantit au citoyen de manifester pacifiquement dans le cadre de la loi », avait affirmé, lundi, M. Ouyahia à l’occasion de la présentation de la Déclaration de politique générale du gouvernement à l’Assemblée populaire nationale (APN), soulignant que « les marches populaires de vendredi dernier étaient pacifiques ». Ouyahia avait également appelé, à ce propos, l’ensemble des citoyens à « faire preuve de vigilance, afin d’éviter tout éventuel dérapage lors de ces marches ».

À propos B.Habib

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