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Élections présidentielles d’Avril 2019: La rue redevient un espace d’expression

Des milliers de citoyens, des jeunes pour la plupart, mais aussi des femmes et des plus âgés, sont sortis « cracher » leur marasme et leur mal de vie marqué par le chômage et la « hargua » pour ce qu’est la présidentielle, sous le slogan « la continuité ». Rejetant énergiquement et de ce procédé, des milliers de jeunes algériens mus par le changement de l’ossature de l’État, et arborant leur amour pour la Patrie, ont pris la rue comme seul moyen d’expression après la prière du vendredi à Alger et dans d’autres régions du pays pour exiger ce changement et renouer avec l’espoir de vivre dignement. Ces révoltés ont notamment scandé des revendications d’ordre politique par scander des slogans pacifistes et pour dire « non à la violence, nous sommes des pacifistes et pas des casseurs ». Les milliers de manifestants mus par la fibre nationaliste brandissaient des drapeaux et des banderoles pacifistes sur lesquelles on pouvait lire «oui à la justice», marche pacifique et «changement et réforme, « non au chômage, un toit décent ». Les manifestants, dont certains tapis par l’emblème national qu’ils exhibaient en toute fierté, ont également demandé au président sortant qui veut briguer un 5ème mandat de renoncer à sa candidature. Le candidat président, pour rappel, sera transféré, aujourd’hui dimanche, à Genève dans la capitale Suisse pour effectuer un cours séjour dans lequel il fera son diagnostic de santé. Les forces de sécurité ont su coopérer avec les manifestants pour éviter les débordements mais surtout les provocations. Or force est de constater que la discipline était de rigueur et a triomphé chez les manifestants. Même si les forces de l’ordre ont bloqué tous les axes et rues adjacentes menant vers la Place du 1er-Mai, afin d’empêcher les manifestants d’y affluer, en provenance des quartiers de la capitale, devant la forte affluence, toujours est-il que les automobilistes ont saisi le message et le mot d’ordre puisque les contestataires ont déjoué ce stratège à Alger. Ils ont, par contre, utilisé la trémie de la rue « Hassiba Ben Bouali » pour marcher jusqu’à la place du 1er Mai où une foule impressionnante les attendait. Cet itinéraire a marqué les esprits algérois puisqu’il témoigne, notamment, de la décennie terroriste qui nous a endeuillés où les marcheurs et manifestants au côté du CNSA, comité de sauvegarde de l’Algérie, sous feu Abdelhak Benhamouda, bravaient la menace terroriste pour dire « halte au terrorisme ». Poursuivant leur marche pacifique, les manifestants ont emprunté la rue Hassiba-Ben Bouali pour se rendre à la Grande Poste puis à la Place des Martyrs, marquant une halte devant le siège de l’APN et du Sénat pour se demander sur l’utilité de ces deux chambres parlementaires. Mais au niveau de la Place des Martyrs, quartier populaire avec forte fréquentation, la discipline a triomphé et la situation semblait calme et les magasins ouverts comme à l’accoutumée, pourtant c’était le week-end avec une présence limitée des forces de sécurité non loin du siège de la DGSN. Au quartier populaire aussi à Kouba, sur les hauteurs d’Alger, des jeunes, en guise de solidarité, se sont rassemblés au niveau du quartier de l’Appreval où ils ont été encadrés par les forces anti-émeutes, alors que la situation était calme à El Harrach, Bach Djarrah, Hussein Dey et El Madania où les citoyens vaquaient normalement à leurs occupations. Dans le quartier El Mouradia, dit le Golf et où siège la présidence de la République, les manifestants ont réussi à prendre d’assaut cet endroit sous haute surveillance, par scander des slogans anti pouvoir et par exiger le changement. Des groupes disparates de jeunes ont tenté de joindre la Place du 1er-Mai vers laquelle les routes et rues avaient été fermées. Alger la capitale, tant meurtrie par les affres du terrorisme, vient de réussir son pari, celui de s’exprimer ouvertement après confiscation de la parole par la répression. Signalons à cet effet, que les marches et les manifestations étaient interdites uniquement dans la capitale algéroise en vertu d’un décret exécutif daté de juin 2001 interdisant tout rassemblement ou manifestation dans la capitale. Des marches et des rassemblements similaires ont marqué d’autres wilayas de l’Est et de l’Ouest, où la capitale de l’Ouest, Oran, a marqué son retour triomphal sur la place de la contestation pour exprimer son ras bol. Les Oranais ont, par ailleurs, eux aussi fait partie de cet événement national, a rapporté notre équipe sur place, par la tenue d’une marche pacifique depuis la rue Khemisti, au coeur de la ville, arborant des slogans anti-pouvoir dans un esprit pacifiste par bannir la violence et les débordements. Dans l’Est du pays, à l’instar d’Annaba, Constantine, Béjaïa, Batna, et Oum El Bouaghi, des manifestants ont scandé les mêmes mots d’ordre contre un nouveau mandat. Des wilayas du centre ont également vu des manifestations similaires qui se sont déroulées dans le calme. Le cas vaudrait pour Tizi-Ouzou, Bouira, Boumerdès et Tipasa. Dans l’Ouest du pays, des centaines de citoyens sont sortis dans des marches pacifiques à Tiaret, Mostaganem et Relizane, pour exprimer leur opinion sur l’élection présidentielle prochaine. Ces manifestations qui se sont déroulées dans le calme, n’ont enregistré aucun dépassement ou incident, a-t-on constaté. Dans le Sud du pays, des rassemblements et des marches pacifiques ont été également organisés pour appeler au changement. Dans l’Algérie profonde, c’était un seul mot d’ordre, celui de dire non à la continuité et non à un autre mandat pour le président sortant. Des milliers de citoyens, de différents âges, sont sortis dans des rassemblements au sud du pays, plus précisément à Ouargla et Laghouat et des marches à travers les artères principales des villes de Touggourt, Hassi-Messaoud, Adrar et El-Oued.

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