Alors qu’aucune nouvelle taxe n’est prévue dans cette loi, une enveloppe budgétaire de 1.763 milliards de DA sera allouée aux transferts sociaux durant l’exercice 2019 (contre 1.760 milliards de DA en 2018), soit près de 21% de la totalité du budget de l’Etat de l’année 2019. Les crédits budgétisés pour les transferts sociaux couvriront notamment plus de 445 mds DA destinés au soutien aux familles, tandis que près de 290 mds DA seront attribués aux retraites,et auxquels s’ajoutera une dotation d’appui de 500 mds DA à la Caisse Nationale des Retraites (CNR). Après son adoption par la Chambre basse, la LF 2019 a atterri, hier, sur les tablettes de la Chambre haute pour y être examinée.
Le projet de loi de finances 2019 maintiendra le même volume de soutien financier accordé par l’Etat au secteur agricole et au monde rural qu’en 2018 où une hausse de 50% a été enregistrée par rapport à l’exercice 2017. L’exercice 2018 est marqué par un soutien important au secteur agricole, s’élevant à près de 130 milliards de dinars dont 70 milliards de dinars consacrés à la production agricole par l’intermédiaire des différents offices et 61 milliards de dinars consacrés au soutien à l’activité agricole par l’intermédiaire des deux fonds y afférents, avait, pour rappel, annoncé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avant la présentation de cette loi.
Le montant du soutien consacré par ces deux fonds avait augmenté de 100% en 2018 par rapport à 2018. Le budget du projet de loi de finances 2019 a été établi sur la base d’un baril de pétrole de 50 dollars et ce, depuis 2017, alors que depuis 2008, cette base de référence était fixée à 37 dollars. Le projet de loi de finances 2019, qui a été exposé, hier, par son initiateur au niveau du Sénat, a été élaboré sur la base d’un cadrage macroéconomique prudent, cela suppose que la prudence est de mise en cette conjoncture particulière, tout en étant adossé à des dépenses budgétaires en légère baisse mais avec le maintien de la politique sociale de l’Etat. Les transferts sociaux continuent d’être destinés à des catégories de la société concernant la santé et l’éduction. Ces transferts sociaux comportent également près de 336 mds DA pour la politique publique de santé et plus de 350 mds DA pour la politique publique de l’habitat auxquels s’ajouteront près de 300 mds DA mobilisés pour ce secteur par le Fonds National d’Investissement (FNI). A travers ces transferts sociaux, il s’agit pour le gouvernement de continuer à soutenir la politique sociale de l’Etat notamment par le soutien aux familles, à travers la subvention des produits de base, l’éducation et l’accès à l’eau et l’énergie, la santé, le logement, les retraites et l`accompagnement des faibles revenus, des démunis et des handicapés. Sur le plan économico-financier, un taux de croissance de 2,6% et un taux d’inflation de 4,5%. Sur le plan budgétaire, le projet de loi de finances 2019 (PLF 2019) prévoit des recettes de 6.508 milliards DA (mds DA), en légère hausse par rapport à celles de 2018, dont 2.714 mds DA de fiscalités pétrolières. Quant aux dépenses budgétaires, elles s’élèveront à 8.557 mds DA, en légère baisse par rapport à celles de 2018. Concernant le Budget de Fonctionnement, il est estimé à 4.954 mds DA avec une légère hausse découlant de la situation sécuritaire aux frontières ainsi que du relèvement des transferts sociaux. Pour le Budget d’Equipement, il est ventilé entre 3.602 mds DA de crédits de paiement et 2.600 milliards DA d’autorisations de programme destinées à de nouveaux projets ou à des réévaluations. Selon les concepteurs du PLF 2019, la légère baisse nominale du Budget d’Equipement ne correspond pas à un recul de la politique publique d’investissement, mais elle découle notamment d’une baisse de près de 300 mds DA des crédits consacrés l’année dernière à l’assainissement des créances détenues sur l’Etat. Par ailleurs, la consistance du Budget d’Equipement pour 2019 confirme la poursuite de l’engagement de l’Etat en faveur du développement économique et social avec notamment des dotations de 625 mds DA pour l’appui au développement humain, près de 1.000 mds DA de soutien multiforme au développement économique et 100 mds DA de concours au développement local. Le solde global du Trésor pour l’exercice 2019 affichera un déficit de près de 2.200 mds DA. Dans son volet législatif, le PLF 2019 se limite à des mesures destinées notamment à améliorer la gestion des finances publiques ainsi qu’à renforcer la lutte contre la fraude. On y retrouve aussi des mesures en faveur du développement telles que la bonification totale des intérêts sur les crédits bancaires destinés à l’AADL pour la construction de 90.000 nouveaux logements. De surcroît, aucune nouvelle taxe ou augmentation des prestations publiques n’est proposée dans ce projet de loi. Lors de l’approbation du PLF 2019 par le Conseil des ministres, le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait relevé la « prudence » qui a marqué la préparation du projet de budget pour l’année prochaine, « afin de ne pas exposer le pays aux possibles retournements du marché mondial des hydrocarbures ». A l’heure où nous mettons sous presse, les sénateurs continuent d’interroger le ministre Abderrahman Raouiya sur les dispositions de ladite loi mais plusieurs nous disent qu’ils sont plus sereins voire apaisés pour absence de taxes telles la loi de Finances 2018 sur les documents biométriques qui a soulevé un véritable tollé si ce n’est l’intervention du Président de la République.
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