
Là, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Belkacem Zeghmati, a tenu à dévoiler la nouvelle stratégie dans le domaine de lutte contre la corruption. En d’autres termes, ces types de crime, liés à la dilapidation à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, des deniers de l’Etat, ne peuvent rester impunis. Le ministre de la Justice persiste et signe. Il a indiqué jeudi que la lutte contre la corruption n’atteindra ses objectifs qu’«après la récupération des avoirs criminels que représentent les fonds détournés et qui constituent une pierre angulaire aux niveaux national et international». Lors d’une allocution d’installation de Sid Ahmed Merad en qualité de Procureur général près la Cour d’Alger, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, M. Zeghmati, a précisé que la lutte contre la corruption « n’atteindra ses objectifs qu’après la récupération des avoirs criminels que représentent les fonds détournés et qui constituent, à l’heure actuelle, une pierre angulaire aux niveaux national et international, les expériences d’autres Etats en la matière ayant montré que rien ne contribue aussi efficacement à la lutte contre ce type de crime que la poursuite de ses auteurs pour la récupération des fonds détournés ». Le ministre de la Justice a précisé qu’il s’agit particulièrement de « gains illicites ». Il a souligné dans ce contexte que la «nécessité d’approfondir les enquêtes préliminaires pour identifier les auteurs de ces crimes de corruption et déterminer et localiser les montants détournés afin de les saisir ou de les geler jusqu’à ce que les auteurs soient présentés devant les juridictions compétentes qui trancheront conformément à la loi ». Contrairement aux allégations de certains spécialistes qui ont longuement mis l’accent sur la difficulté de « réapproprier » par l’Etat de ses deniers détournés, le ministre de la Justice, M. Zeghmati, n’est pas allé par trente six chemins pour souligner que « l’Algérie « dispose de mécanismes juridiques nécessaires pour récupérer les fonds détournés vers l’étranger ». Le ministre de la Justice affirme en effet que la Justice est aujourd’hui déterminée à lutter contre la corruption par l’application rigoureuse de la loi « en toute transparence, indépendance et neutralité et dans le strict respect des règles d’un procès équitable » et ce, tout au long de l’action publique, sans que personne ne soit lésé et tout en respectant la présomption d’innocence et les droits de la défense dans le cadre du principe d’égalité garanti par la Constitution. « Notre pays traverse une période sans précédent au cours de laquelle le peuple algérien a fait montre d’une maturité qui a impressionné le monde entier et une prise de conscience quant aux dangers de la corruption et à la nécessité de lutter contre ce fléau et d’en poursuivre les auteurs, ce qui a amené la magistrature à être à l’avant-garde et à se hisser, dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles, au niveau des revendications légitimes du peuple et de ses aspirations à une vie décente et un meilleur lendemain », a ajouté M. Zeghmati. Le Garde des sceaux a, d’un autre côté, assuré que l’institution judiciaire « s’acquitte de ses missions constitutionnelles dans le respect des lois de la République en tant que garante des libertés et droits fondamentaux de tout un chacun sans aucune exclusive ni considération conjoncturelle ou personnelle, car notre magistrature nationale n’a d’autre objectif, dans l’Etat de droit, que de consacrer la justice et le droit ». La lutte contre ce dangereux fléau « n’est pas la mission de la magistrature à elle seule mais l’affaire de tous », poursuit l’ancien Procureur général. Il souligne que la corruption était un crime international avec des ramifications dans de nombreux Etats, M. Zeghmati a rappelé que l’Organisation des Nations Unies avait adopté en 2003 un instrument intitulé « Convention des Nations Unies contre la corruption » pour venir en aide aux Etats qui ont du mal à lutter seuls contre ce fléau et renforcer les domaines de coopération avec les autres Etats. Le ministre a, par ailleurs, affirmé que les préjudices causés par la corruption aux systèmes économique et financier et au développement « sont des facteurs qui nécessitent la conjugaison des efforts de toutes les institutions de l’Etat pour prévenir et endiguer ce phénomène ».
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information