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45 minoteries fermées sur décision des pouvoirs publics : Les assurances du ministre sont-elles suffisantes?

Le coût de la fabrication du pain sera-t-il plus cher? Quel avenir pour la filière céréalière après la fermeture des minoteries du secteur privé? Pour le gouvernement, la fermeture des minoteries privées est «sans impact» sur l’approvisionnement des boulangers en farine. Le prix du pain sera intact et ne subira aucun changement du moins dans l’immédiat. Le prix de la baguette oscille entre 10 et 20 DA dans les boulangeries selon la qualité (pain normal, pain amélioré, pain étoile etc).Il est vrai que le gouvernement a assuré que des mesures ont été prises à l’effet de garantir la disponibilité sur le marché des deux produits céréaliers que sont la farine et la semoule pour satisfaire les boulangers. D’ailleurs, le président de la Fédération nationale des boulangers (FNB) avait lui aussi usé du même langage pour rassurer la corporation des boulangers. De son côté, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Cherif Omari, a affirmé, samedi à Alger, que la décision du gouvernement concernant la fermeture de minoteries « n’impactera pas l’approvisionnement du marché national en semoule et farine ». Autant de déclarations optimistes dans une conjoncture où le consommateur ne ressent pas forcément jusqu’ici les retombées de la fermeture des minoteries, mais force cependant est de s’interroger qu’en sera-t-il des lendemains? En d’autres termes, toutes ces assurances sont-elles suffisantes pour pouvoir mettre à l’abri le marché des fluctuations des prix ?
Depuis l’annonce le 10 juillet par le gouvernement de la fermeture des minoteries du secteur privé et le limogeage du DG de l’OAIC dans le cadre de la réorganisation et l’assainissement de la filière céréalière, les rumeurs se sont propagées telle une traînée de poudre faisant « resplendir » une éventuelle augmentation de la demande et un rétrécissement de l’offre en farine intrant nécessaire aux moulins publics. Du coup, certains boulangers qui ont senti comme une « corde au cou » imminente, ont affiché leur inquiétude. Prenant les devants, le gouvernement, rappelons-le, avait réuni le groupe public Agrodiv et a arrêté un Plan d’action visant à approvisionner normalement et en quotas bien définis, en blé tendre, les moulins publics agréés, à partir de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales. Il était reproché à certaines minoteries privées fermées d’avoir surfacturé les productions .Dans une déclaration à la presse en marge de la conférence nationale sur le développement de la filière céréalière, M. Omari a fait savoir que « le Gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour l’approvisionnement régulier du marché en ces deux produits essentiels qui seront disponibles en quantités suffisantes ». « Il n’y a aucune crainte à ce sujet », a-t-il rassuré .Le ministre a ajouté qu’il s’agit de procédures de contrôle et de suivi ordinaires qui ont été imposées à tous les producteurs nationaux et privés pour la régulation du marché ». A une question sur la campagne moisson-battage, lancée fin juin dernier, le ministre a indiqué que « l’opération se déroule bien » .Il a souligné que « tous les équipements nécessaires ont été mobilisés à cet effet, outre la prise de toutes les mesures réglementaires adéquates ». Par ailleurs, le premier responsable du secteur a estimé que les résultats préliminaires de cette campagne étaient de « bon augure » notamment en ce qui concerne l’orge, au sujet de laquelle, « il est possible, cette année, de renoncer à son importation ». Il a rappelé, dans ce sens, que l’abondance de la production dans certaines régions de l’Est, avait exigé le renforcement des mécanismes de transport et de stockage, outre la facilitation de la récolte en faveur des agriculteurs.
Selon le ministre, le Gouvernement œuvre à accompagner l’évolution des capacités productives de cette filière « stratégique ». Cette conférence a pour objectif d’annoncer la mise en œuvre d’une feuille de route élaborée par des experts, des spécialistes et des professionnels impliquant les secteurs concernés (Finances, Energie, Transports, Commerces, Ressources en eau…) pour en dégager une nouvelle stratégie et les mécanismes de sa mise en œuvre sur le terrain. Cette feuille de route sera prochainement soumise au Gouvernement lors d’une réunion restreinte consacrée à la présentation des mécanismes devant relancer la filière céréalière.

À propos B.H.

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