
En cette période estivale, les services forestiers sont au four et au moulin. Ils ont déjoué un nombre d’incendie et réussi à en maîtriser d’autres grâce à leur vigilance et descentes souvent en milieux accidentés et inaccessibles jusque là. Par certains moments et à cause de la forte chaleur qui règne depuis début juillet, la prudence reste de mise. En tout, 40 wilayas sont exposées à tout moment à des risques d’incendie en raison de la menace persistante de ceux-ci. On parle de 236 foyers de feux de forêt enregistrés en juin à travers l’Algérie. Les derniers feux de forêts qui ont secoué, à la première dizaine de juillet 2019, une région du pays, ont donné libre cours à l’hypothèse de mains invisibles qui seraient à l’origine de ces feux. Des enquêtes ont été ouvertes dans ce sens. En tous cas, les wilayas concernées sont de nouveau placées sous la vigilante surveillance des services forestiers et de la protection civile. Pour parer à la survenue de potentiels sinistres, l’administration des forêts a, comme chaque année durant l’été, réactivé 414 postes de vigie appuyés par 486 brigades mobiles d’intervention, dont une bonne partie du matériel roulant, datant de 2006, demanderait toutefois à être renouvelé. D’habitude concentrées dans la région de Kabylie, les risques de feux de forêts n’épargnent plus l’ouest du pays. Vrai problème climatique ou mauvaises politiques publiques de gestion des risques ? Une chose est certaine. Les Gardes forestiers et les services de sécurité ont mis à profit la cartographie des zones à risque de feux de forêts dans différentes wilayas et communes d’Algérie. Dimanche, à l’émission, l’Invité de rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le directeur général des Forêts, Ali Mahmoudi a indiqué que l’ensemble du dispositif anti-incendie est encadré par près de 3.300 agents dont il juge le nombre insuffisant mais qui pourrait, en cas d’alerte au feu, être rapidement appuyés par des éléments de la Protection civile. Les services forestiers, signale-t-il, souffrent actuellement d’un sérieux manque d’effectifs. La raison en est explique-t-il, de « la saignée » provoquée par les nombreux départs à la retraite de personnels dont il observe au passage qu’ils n’ont pas encore été remplacés. M. Mahmoudi appelle les pouvoirs publics de lever rapidement le gel sur les 1.220 postes promis en 2015, tout comme il réclame un renforcement des effectifs de lutte par l’apport de 3.070 saisonniers pouvant, dit-il, être rapidement recrutés parmi les populations résidant à proximité ou à l’intérieur des superficies forestières. Couvrant actuellement une superficie totale de 4,5 millions d’hectares, le patrimoine forestier national a été la proie, en 2017, de plusieurs incendies qui se sont soldés par la perte de quelque 57.000 hectares. Le directeur des Forêts rappelle à ce propos que durant les 20 dernières années les flammes ont, chaque saison, provoqué une destruction moyenne de 32.000 hectares de zones boisées, réduisant d’autant les efforts de reboisement entrepris par son administration. Il tient, par ailleurs, à prévenir contre les atteintes dont la forêt Algérienne est l’objet de la part de nombre d’auto- constructeurs qui y érigent des propriétés, multipliant en ce faisant, les risques d’incendies. B
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information