On est loin de la paisible ville où les jeunes se dérobaient à la vue de leurs aînés pour fumer une cigarette. Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que la cellule de communication de la sûreté de wilaya nous annonce la saisie d’une importante quantité de boissons alcoolisées. La dernière saisie parle de 1500 bouteilles, toutes marques confondues, et l’arrestation de son auteur alors que son complice est en fuite. Certes, la vente d’alcool est prohibée à Saida mais la quantité qui y consommée dépasserait de loin, selon certains adeptes de Bacchus, celle des localités avoisinantes car l’attrait de l’interdit pousse les gens à boire davantage et favorise le commerce illicite. L’alcool coule à flots dans tout le territoire de la wilaya mais de manière informelle et la réalité crève les yeux. Les bars clandestins « naissent » plus vite que les maisons de jeunes et l’alcool se vend mieux que tout autre produit. Il n’est aujourd’hui pire aveugle que celui qui ne veut regarder une réalité devenue récurrente du fait de son amplification sur la quiétude générale et la vie d’une cité. Face à cette réalité, de gros bonnets de la ville se permettent de faire la morale à ces buveurs alors qu’ils n’ont rien à offrir aux citoyens, ni théâtre, ni cinéma. Au fait, pourquoi le cinéma « Douniazad », rénové à coups de milliards de centime reste toujours fermé ? Aucun semblant de culture pour lutter contre la morosité d’un quotidien accablant et contre une médiocrité galopante. Le terme « Loisirs » a disparu du vocabulaire Saidéen depuis belle lurette. Certains se tournent vers les seules distractions disponibles au risque de leur vie: l’alcool et la drogue qui font bon ménage dans une ville qui ne cesse de s’enfoncer dans le chaos et la folie généralisée. Des fonctionnaires éreintés par la vie, des étudiants à l’âme déjà échaudée et d’autres dépités y trouvent un moyen d’échapper à leurs angoisses en l’espace d’une soirée. Quand à la réduction des accidents de circulation, personne n’y pense et les victimes se font de plus en plus nombreuses, emportées par une «cuite».
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information