La nouvelle de l’arrestation de la trotskiste Louiza Hanoune à la prison de Blida a été largement commentée sur les réseaux sociaux et engendré une amertume chez les politiques du courant démocratique et les militants. On ne sait pas grand chose sur les tenants et aboutissants de cette affaire jugée par le tribunal militaire, une affaire de complot contre l’armée ayant conduit le frère de Bouteflika, Tartag et Toufik. Deux civils jugés par un tribunal militaire qui est sévèrement critiqué par les défenseurs des Droits de l’Homme et que le pays n’est pas en état de guerre. Les juristes et défenseurs de Droits de l’Homme activent pour une réforme de la justice. Cette arrestation de Louiza Hanoun a été considérée comme un avertissement et une menace à l’encontre des partis et personnalités refusant les présidentielles en juillet et pensent que le gouvernement de Bédoui est illégal car nommé par les Bouteflika dont le frère est accusé de complot contre l’armée. Gaïd Salah soutient Bensalah et Bédoui dans leur œuvre d’aller aux présidentielles en juillet et ne cesse de fustiger tous ceux qui sont contre cette idée ou solution constitutionnelle. Le dernier édito de la revue « El Djeich» n’a pas été apprécié tant par le courant démocratique que par les militants qui veulent aller vers une deuxième République. Gaïd Salah se retrouve ainsi « piégé » en soutenant le Hirak et en s’accrochant aux deux « B ». Un paradoxe ! Cependant l’arrestation de Louiza Hanoune est venue compliquer la situation politique et rendre le climat politique tendu. Le mouvement citoyen risque de se radicaliser d’autant que ceux qui ont soutenu Bouteflika et le défendaient, sont « libres ». Pire, Gaïd Salah ou la justice ne peut pas mettre 1.000 ou 2.000 hommes politiques et hommes d’affaires en prison dans cette période précise. Mais le citoyen est dans le droit de se demander pourquoi la justice a commencé par celui-ci et pas par l’autre. Voilà qui fait douter le citoyen quant à la « férocité » d’une guerre de clans au sein du sérail et de « règlement de comptes ». Si le Hirak se radicalisait ou « se brisait », l’Algérie s’enliserait dans une longue crise.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information