L’adoption requiert de nombreuses paperasses, un vrai casse-tête souvent très pénible. Interdite en Algérie, l’adoption par les couples des enfants orphelins ou abandonnés aura cédé sur la Kafala judiciaire. De nombreux familles ou couples algériens, désireux adopter un enfant, éprouvent un vrai parcours de combattant afin de réunir un dossier. La Kafala qui est une procédure spécifique en droit musulman, interdit l’adoption plénière. C’est-à-dire, elle s’oppose au fait que l’enfant naturel jouisse des mêmes droits d’héritage ou autres qu’un enfant légitime. Les enfants adoptables sont en majorité nés sous X ou élevés dans les pouponnières quand ils ne sont pas abandonnés par leurs propres familles à cause de difficultés financières. Dans la wilaya d‘Oran, les services de la Direction de l’Action sociale à qui incombe la mission de réception et de traitement des dossiers de demande d’adoption des enfants par les couples, reçoivent régulièrement un nombre significatif de demandes d’adoption. La DAS d’Oran a enregistré un nombre important de demandes d’adoption ces cinq dernières années. Seulement voilà, il apparaît au vu des déclarations de candidats à l’adoption d’enfants que les demandes des parents voulant les élever, «ne sont pas toujours recevables». Plusieurs demandes de Kafala sont déposées depuis des mois au niveau des services administratifs sociaux et attendent le bout du tunnel. «On m’a dit que tout est bloqué», a affirmé dimanche une citoyenne de l’Est de la wilaya rencontrée à la DAS alors qu’une famille candidate à l’adoption nous a déclaré que «son dossier de demande est dans une liste d’attente». Mais dans bien des cas, il est opposé un refus qu’elles digèrent mal d’ailleurs à cause de leur obstination à pouvoir un jour élever un enfant dans le cas ou le mari ou l’épouse ne se permettent pas d’en avoir pour une raison ou une autre. Une jeune candidate mariée depuis plus de 10 ans et à ce jour, sans enfant, a été rencontrée à la DAS. Elle n’a pas hésité 0 nous faire état de ses déboires. «Les services de la DAS font ce qu’ils croient juste de faire en traitant les dossiers de demande mais cela fait plusieurs fois qu’on me dise qu’il faut attendre, pourquoi tant de temps considérable pour une Kafala musulmane?» s’est-elle interrogée. Il se trouve que depuis plus d’une année ou presque, des couples à Oran qui veulent égayer leur foyer par un enfant, sont en train d’effectuer plusieurs allers et retours à la DAS. 300 bébés nés sous X ont été pris en charge par des familles adoptives, il y a quelques années. Une centaine de bébés avaient été adoptés par des familles d’accueil notamment des émigrés mais ces chiffres ont automatiquement augmenté depuis. A travers le territoire national, plus de 2.700 enfants algériens avaient été pris en charge par des émigrés en France ces dernières années alors que des dizaines de dossiers de demande seraient en cours selon des chiffres concordants. D’anciens chiffres du temps d’Ould Abbes montraient que sur 29.000 enfants privés de famille ou nés hors de mariage, 21.000 ont été pris en charge par des foyers algériens et émigrés. Quelle est la situation actuelle ? A quel niveau se situe les demandes d’adoption à Oran ? Combien d’enfants ont été adoptés ? Les familles d’accueil leur assurent généralement l’entretien, l’éducation et la nourriture quand les parents d’origine refusent d’assumer leurs «erreurs» ou leur responsabilité. Selon la tendance, il semble qu’il est devenu plus aisé aujourd’hui à un couple de ressortissants établis à l’étranger d’adopter un enfant né en Algérie. «En ce qui me concerne, je veux adopter un enfant né en Algérie car j’estime qu’il est devenu difficile à un couple algérien d’admettre que cet enfant qui est vu parfois avec mépris et répugnance qu’il n’est, en fait, qu’une victime» ? a confié, pour sa part, Rachid émigré.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information