La population estudiantine a renoué, dimanche, dans plusieurs villes du pays avec les «marches pacifiques» pour exprimer certaines revendications qui ont émaillé la scène depuis quelques jours. Alger, Oran, Mostaganem, Bouira, Constantine pour ne citer que ces villes, ont été le théâtre de rassemblements de plusieurs milliers d’étudiants soit regroupés dans leurs enceintes universitaires soit observant des sit-in au niveau de quelques édifices. Les attentes et les motivations des étudiants ont, une nouvelle fois, refait surface à la faveur de l’expression à laquelle donne libre cours la rue depuis quelques jours déjà. Cette frange de la future élite qui se revendique «partie intégrante» de la société, dit qu’«elle ne veut pas rester en marge face aux dossiers de l’actualité». Elle continue de clamer qu’elle «fait partie de la société» et doit «être tout autant concernée par les problèmes que vit le pays». Les étudiants n’ont pas changé d’attitude et ont démontré encore une fois le «caractère pacifique» de leur action. Le 26 février, rappelons-le, plusieurs milliers d’étudiants sont descendus dans la rue dans 45 wilayas du pays pour dire «OUI au changement». Même refrain à Oran ainsi que dans les villes limitrophes comme Mostaganem où les étudiants se sont regroupés d’abord au niveau de leurs universités alors que d’autres ont investi la rue. Ceci dit, la population estudiantine entend par cette nouvelle marche, faire passer son message qui porte sur l’ouverture et le changement, compte tenu que les intellectuels ont eux aussi leur mot à dire. Après le 26 février, des masses d’étudiants dont certains vêtus d’emblème national se sont rassemblées, hier, à Oran, à partir de 14h, au niveau du boulevard des sœurs Benslimane à proximité du siège de la Sonelgaz de la Rampe Valès. Jeunes filles et garçons universitaires sont descendus un peu partout à partir de plusieurs points de campus et de l’Ecole polytechnique d’Oran pour rejoindre le point de rencontre prévu au boulevard de l’ALN. Venus à pied ou par bus, ils se sont engouffrés en plein milieu de la place située face à l’hôtel des Finances pour scander « Vive l’Algérie » et pour le changement, tout en appelant à la modernité et au respect de la parole du peuple. « Les étudiants font partie du peuple, ils doivent eux aussi montrer que ce qui se passe dans leur pays, les intéresse tout autant », nous a confié une étudiante en médecine parmi les manifestants. Il était 14h30 lorsqu’ils furent rejoints par plusieurs étudiants affluant du centre-ville et drapés en majorité par l’emblème national. Le sit-in observé durant un bon moment par les étudiants, manifestant devant le siège de la Sonelgaz, était pour le moins pacifique. Pour autant, la circulation automobile ne fut pas perturbée et les transporteurs sont arrivés quand même à assurer leur service le plus normalement du monde. Les étudiants ont, après, investi le boulevard de l’ALN, dans une tentative de rejoindre la wilaya.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information