Une hausse légère est enregistrée dans la facture des produits alimentaires stratégiques durant les onze premiers mois de 2018. Pour les produits hors stratégies ce n’est plus le même langage. Il est évident que l’Algérie qui ne tourne pas pour autant le dos aux produits alimentaires « de base » veut en revanche préserver l’industrie alimentaire locale. Elle continue, certes, de subventionner les laits, le pain, les semoules et la farine mais elle encourage la production locale ; on sait pertinemment que le lait et les céréales, à eux seuls, ont pesé lourd de leur poids dans la facture d’importation de produits alimentaires durant les quatre premiers mois de l’année dernière contrairement aux viandes et les légumes. Cette dépendance effrénée, encore visible du marché alimentaire algérien vis-à-vis des produits importés, n’est pas sans impact sur la balance commerciale de l’Algérie. Pour preuve, elle s’est prolongée tout au long de 2018. Pas de place au doute, le pays cherche coûte que coûte à garantir une certaine aisance au marché et il semble clair que les fameuses restrictions dont on parle dans le domaine des importations, ont épargné, les produits alimentaires. Dans l’ensemble, on peut, d’ores et déjà, spéculer que la facture alimentaire a été loin de tout repos en 2018. Ce qui coupe toute polémique quant à une possible rupture d’approvisionnement. Le moins que l’on puisse dire est que cette facture a connu un bond assez significatif. Puisée globalement des céréales-semoule-farine et les tourteaux de soja, elle conforte désormais l’idée que le pays soutiendra les importateurs des produits alimentaires aussi longtemps que l’exige la conjoncture. Selon les Douanes algériennes, la facture globale d’importation du Groupe des produits alimentaires a atteint 8,573 milliards de dollars (mds usd) contre 8,438 mds usd en 2017. Ce qui s’est traduit par une hausse de 135 millions de dollars (+1,6%), précise le Centre national des transmissions et du système d’information des Douanes (Cntsid). Par catégories de produits, la facture des importations des céréales-semoule-farine a grimpé à 3,1 mds usd en 2018 contre 2,77 mds usd en 2017, soit une augmentation de plus de 320 millions de dollars (+11,55%). Les importations des tourteaux de soja, elles, se sont situées à 619,8 millions usd contre 422,8 millions usd. Ce qui signifie une hausse de 197 millions usd (+46,6%). Le lait, les produits dérivés, le sucre et le café ont échappé à la règle. Ils font partie des cinq autres principaux produits outre les légumes secs et les viandes touchés par une baisse des importations.
Ces produits ont connu des reculs par rapport à l’année 2017. Ainsi, le lait et produits laitiers ont été importés pour 1,400 mds usd contre 1,409 mds usd, en baisse de neuf (9) millions usd (-0,65%). Concernant les sucres et sucreries, ils ont été importés pour 815,54 millions usd contre 1,034 mds usd, soit une diminution de près de 219 millions usd (-21,15%). Les légumes secs ont été importés pour 387,32 millions usd contre 450,44 millions usd, en baisse de 63,12 millions usd (-14,01%). De même, les importations du café et thé ont baissé à 367,56 millions usd contre 423,77 millions usd, en baisse de 56,21 millions usd (-13,26%). Les importations des viandes ont également reculé à 186,24 millions usd contre 188,85 millions usd, en baisse de 2,61 millions usd (-1,4%). Excepté ces sept (7) principaux produits, le reste du Groupe des produits alimentaires a été importé pour 1,70 mds usd en 2018 contre 1,73 mds usd en 2017. Concernant les huiles destinées à l’industrie alimentaire (classées dans le Groupe des biens destinés au fonctionnement de l’outil de production), leurs importations ont totalisé 926,10 millions usd en 2018 contre 850,36 millions usd en 2017, en hausse de 75,74 millions usd (+9%). Ainsi, la facture globale du Groupe des produits alimentaires et des huiles destinées à l’industrie alimentaire s’est chiffrée à 9,5 mds usd en 2018 contre 9,3 mds usd en 2017. Pour ce qui concerne la facture d’importation des médicaments (classés dans le Groupe des biens de consommation non alimentaires), elle s’est établie à 2,166 mds usd contre 1,892 mds us en 2017, en hausse de 274 millions usd (+14,44%). De nouveaux mécanismes d’encadrement des importations de marchandises, dont des produits alimentaires (hors produits alimentaires stratégiques), ont été mis en place dès début 2018. L’objectif n’était autre que de réduire le déficit commercial et de promouvoir la production nationale. Il a été décidé la suspension provisoire d’importation de plus de 800 produits et l’instauration de mesures à caractère tarifaire prévues par les dispositions de la loi de finances pour 2018, et ce, à travers l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la Taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30% et le relèvement des droits de douane pour des produits alimentaires. En outre, la Loi de finances complémentaire 2018 a institué un Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) pour les opérations d’importation de marchandises, qui est fixé entre 30% et 200%. Son décret exécutif, promulgué en janvier 2019, a fixé la liste des marchandises (1.095 produits) qui peuvent, désormais, être importées mais qui sont soumises au Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) variant entre 30% et 200%.
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