A deux mois des élections, les médias lourds n’ont pas su « médiatiser » les présidentielles ou tenter d’imposer un débat serein et constructif autour d’idées. Dans les télévisions comme dans la presse écrite, on se contente de tout axer autour d’un cinquième mandat ou autour de la candidature de Ali Ghedir. Les médias ignorent les autres postulants à la candidature et ne s’intéressent pas aux projets des uns et des autres. Les médias ne s’intéressent pas aux partis et personnalités qui appellent ou optent pour le boycott pour leur demander des précisions sur l’alternative. Dans le réel, la campagne se déroule dans le « virtuel », soit dans les réseaux sociaux où le simple citoyen a le droit de s’exprimer et d’exprimer ses opinions comme d’ailleurs des hommes politiques ignorés par les médias lourds. Le seul et unique espace où le citoyen peut s’exprimer, sans souvent peser ses mots et ses portées, reste le virtuel. Depuis notre indépendance, nous n’avons jamais accordé de l’intérêt aux espaces d’expression, car la liberté d’expression fait peur non pas seulement au pouvoir mais à beaucoup de personnes. On a toujours « limité » la liberté d’expression, étouffer des voix et « brider » d’autres en créant un « ennemi » ou au nom de la religion ou encore au nom de « Novembre » et des constantes. Et pourtant, nous n’avons tiré d’enseignement ni des évènements des années 80 notamment Octobre 88, ni de la montée de l’intégrisme religieux. Le chef du gouvernement Ouyahia a, tout récemment, reconnu que le gouvernement communique mal. La communication, les débats dans la presse ou dans les réseaux ainsi que l’information ne se limitent que sur les « à côté » en oubliant l’essentiel, à savoir le débat d’idées en impliquant l’élite. La société n’avancera pas tant que nous ne communiquons pas. La communication doit être prise en charge à tous les niveaux et apprendre à nos enfants de communiquer.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information