Globalement, les salariés peuvent ambitionner même s’ils doivent s’estimer quelque part heureux que leurs salaires ne soient pas « touchés » dans un contexte économique des plus difficiles. Une chose est certaine, les salaires du secteur public font toujours tourner la tête aux travailleurs. C’est le cas des hydrocarbures et des finances. Un résultat auquel a abouti une enquête ambitieuse réalisée auprès de plus de 700 entreprises. Seulement voilà, l’Algérien qui a la « phobie » de cette disparité salariale, peut-il prétendre à mieux ? Force est de constater que, par la corrélation qui existe entre l’impératif social (dicté par la paix sociale), l’Algérien peut se targuer d’être assuré d’avance qu’il est «juste rémunéré». Un salaire qui du reste reflète un gagne-pain. On en est certes loin des seuils légaux même s’il est admis qu’un salaire qui est préservé vaut mieux qu’un salaire trois fois rien. Une question toutefois : « A combien est évalué le salaire net moyen mensuel de l’Algérien » ?
Avant de répondre, il suffit de s’apercevoir que ce salaire a été en hausse de 1,06% en 2017. Ce salaire que paye rubis sur ongle le budget de l’Etat (hors secteurs agriculture et administration) est en effet estimé à 40.325 DA en 2017. Pour rappel, il était estimé à 39.901 DA en 2016. Ce qui représente un bond de 1,06%, a-t-on appris auprès de l’Office national des statistiques (ONS). Ce salaire est composé du salaire brut diminué des différentes retenues (IRG, sécurité sociale et retraite). Par secteur juridique, le salaire moyen mensuel net a été de l’ordre de 56.200 DA dans le secteur public et de 33.000 DA dans le secteur privé national en 2017. Ce qui signifie une différence de 23.200 DA, indiquent les résultats d’une enquête annuelle sur les salaires réalisée par l’ONS en mai 2017 auprès de 762 entreprises composées de 535 sociétés publiques et de 227 sociétés privées nationales de 20 salariés et plus, représentant toutes les activités hormis l’agriculture et l’administration. Selon l’ONS, cette différence salariale entre les deux secteurs public et privé s’explique principalement par l’existence de certaines entreprises publiques importantes en terme d’effectifs avec un système de rémunération avantageux. C’est le cas des entreprises des industries extractives (secteur des hydrocarbures et services pétroliers), les activités financières, les transports et les communications. Ainsi, l’Algérien a toujours été attiré par les secteurs d’activité dont les salaires nets moyens mensuels sont plus élevés dans les industries extractives (production et services d’hydrocarbures notamment) avec 104.800 DA et dans les activités financières (banques et assurances) avec 60.000 DA, suivis par les secteurs de la production et distribution de l’électricité du gaz et eau avec 45.500 DA, et de la santé avec 45.000 DA. L’ONS note que les salaires sont plus élevés dans les industries extractives et les activités financières du fait que les entreprises relevant de ces deux secteurs emploient beaucoup de diplômés et qu’elles ont plus de moyens financiers que d’autres pour payer leur personnel (système de rémunération spécifique). Le salaire net moyen mensuel dans le secteur de la construction est le plus faible avec 30.700 DA/mois, après celui dans l’immobilier et services aux entreprises avec 33.400 DA, et les hôtels et restaurants avec 33.600 DA, relève l’organisme public des statistiques. L’une des raisons essentielles du niveau relativement bas des salaires dans ces secteurs est l’emploi d’une forte proportion de personnel moins qualifié (agents d’exécution), explique l’ONS. Par qualification, le salaire net moyen, tous secteurs confondus, est de 79.000 DA pour les cadres en 2017 (hausse de 1,91% par rapport à 2016) contre 47.300 DA pour le personnel de maîtrise (hausse de 1,32%) et 28.900 DA pour les agents d’exécution (hausse de 0,92%). Par secteur et qualification, le salaire moyen des cadres le plus important est dans les industries extractives avec 129.462 DA, et la santé avec 94.300 DA, indique l’ONS qui précise, toutefois, que pour la santé, il s’agit des structures de santé du secteur privé (services marchands), alors que celles du secteur public sont des services non marchands fournis à la collectivité (classées avec l’administration) et ne font donc pas partie du champ d’enquête. Par ailleurs, des écarts de salaire pour la même qualification selon les secteurs d’activité sont dans certains cas assez élevés. Pour les agents d’exécution, le salaire net moyen est de 72.850 DA dans les industries extractives contre 25.700 DA dans le secteur du Commerce et réparation. Selon l’ONS, « la qualification du salarié, le secteur juridique, la taille de l’entreprise ainsi que les spécificités de rémunération sectorielles des entreprises de certains secteurs sont les éléments les plus discriminants du niveau des salaires ». Par statut, il ressort que dans le secteur public, les salaires nets moyens sont plus élevés dans les industries extractives (105.700 DA), le secteur des transports et communication (57.200 DA) et l’activité financière (57.000 DA). Ils sont relativement bas dans les secteurs de construction (36.200 DA) et hôtels et restaurants (35.400 DA). Le secteur privé en pâtit évidemment. Cependant, les activités les mieux rémunératrices du privé sont le secteur financier (74.600 DA), la santé (45.000 DA) et le Commerce et réparation (43.000 DA). A l’inverse, les activités les moins payées sont les industries extractives (26.200 DA), l’immobilier et services aux entreprises (28.200 DA) et la construction (29.800 DA).
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