-Quelle stratégie doit-on adopter pour le développement du tourisme en Algérie ?
-Face à une crise inattendue due à la chute brutale des prix du pétrole, l’Algérie a mis en place une nouvelle stratégie pour redynamiser son économie, ainsi diversifier ses exportations, parmi les axes pris en charge dans cette nouvelle optique, c’est de promouvoir le tourisme. Un secteur durable et ambitieux, ce secteur vital suppose des actions de grande ampleur, l’Algérie qui possède un environnement naturel favorable peut aider l’Etat dans sa stratégie, mais des insuffisances sont enregistrées dans ce secteur, que l’Etat doit mettre en urgence pour combler le vide enregistré sur le plan des infrastructures, allant du financement des investissements jusqu’au rôle de l’accompagnement en octroyant des avantages fiscaux, parafiscaux et douanières. Pour permettre aux parties prenantes de s’engager sur la voie d’un tourisme plus durable, de nombreux éléments doivent être réunis ou sont à prendre en considération. Le secteur du Tourisme a généré 320 000 emplois directs en 2017 (2,8% de l’emploi total) et ce nombre devrait augmenter de 3,0% en 2018 pour atteindre 329 500 (2,9% de l’emploi total). Cela inclut l’emploi dans les hôtels, les agences de voyages, les compagnies aériennes et les autres services de transport de passagers (à l’exclusion des services de transport local). Cela inclut également, par exemple, les activités des industries de la restauration et des loisirs directement soutenues par les touristes.
La contribution totale du tourisme à l’emploi (y compris les effets plus larges de l’investissement, de la chaîne d’approvisionnement et des impacts de revenus induits, voir page 2) s’élevait à 678 500 emplois en 2017 (6,0% du total des emplois). Ce chiffre devrait augmenter de 0,9% en 2018 pour atteindre 685 000 emplois (6,0% De l’emploi total). Les exportations de visiteurs sont un élément clé de la contribution directe de Travel & Tourism. En 2017, l’Algérie a généré 27,6 milliards de DZD d’exportations de visiteurs. En 2018, ce chiffre devrait croître de 6,6% et le pays devrait attirer plus de 2 293 000[1] arrivées de touristes internationaux. D’ici 2028, les arrivées de touristes internationaux devraient s’élever à 4 159 000, générant des dépenses de 52,7 milliards de DZD, soit une augmentation de 6,0% par an. Le tourisme devrait avoir attiré des investissements d’un montant de 202,5 milliards de DZD en 2017. Cette baisse devrait baisser de 7,3% en 2018 et augmenter de 4,3% par an au cours des dix prochaines années, pour atteindre 286,3 milliards de DZD en 2028.
Le financement du secteur
L’importance du financement du tourisme a pris une dimension dans le Schéma Directeur de l’Aménagement Touristique (SDAT). En effet, dans Le tourisme, un impératif national d’avenir, le développement du tourisme est consacré par le SDAT qui vise une «mise en tourisme» de l’Algérie à l’horizon 2030. Cette politique repose sur cinq (05) dynamiques essentielles, bases de la nouvelle stratégie d’aménagement touristique à l’horizon 2030, à savoir: - La valorisation de la Destination Algérie, Développer et qualifier l’offre par l’investissement, - Le plan Qualité Tourisme (PQT) ,Le plan partenariat public-privé et enfin le plan de financement. L’objectif de cette stratégie tend vers l’élévation du tourisme au rang de véritable industrie générant des postes d’emploi et des richesses nationales notamment par le développement de l’investissement, pierre angulaire de la stratégie touristique nationale [2]. Dans le but de rattraper les retards accumulés, les banques adoptent aujourd’hui une attitude plus favorable. En effet, actuellement, les banques algériennes couvrent de 60% à 70% du financement des projets touristiques. Outre les conventions déjà signées en 2012 avec les six établissements bancaires publics, les banques privées, ont pris aussi une part. C’est Ainsi que la Société Générale Algérie (SGA), Arab Gulf Bank (AGB), Banque El Baraka, Trust Bank, ABC et Salama Bank se sont engagées en 2014, à travers ces accords, à financer les projets d’investissements dans le secteur touristique pour des montants allant jusqu’à hauteur de 70% du projet et cela pour une durée de 12 ans au maximum[3]. La politique actuelle de l’Etat pour le développement de l’économie algérienne en dehors des hydrocarbures est le secteur du tourisme. Ce secteur devient un facteur majeur dans le dynamisme économique, ainsi la diversification des exportations hors hydrocarbures. Le tourisme peut contribuer à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, en particulier dans les pays en développement. La capacité de ce secteur de créer des emplois et des revenus, grâce aux relations qu’il crée en aval et en amont, en fait une branche d’activité importante pour la diversification et la croissance économiques. Les différents établissements de l’hôtellerie doivent diversifier les différents produits pour chaque période et pour chaque région, pour satisfaire quantitativement et qualitativement la demande locale ; et de faire de l’Algérie une destination compétitive et attractive pour les étrangers.
Algérie, un potentiel touristique sans précédent ?
L’Algérie fait partie de ce continent d’Afrique, qui de point de vue attractivité, l’Afrique est considéré comme le continent, qui avec 50 millions de touristes par an a le rythme de croissance le plus élevé dans les années futur avec quelques 80 millions à l’horizon 2020 et plus de 130 millions à l’horizon 2030. L’Algérie doit s’inscrire dans cette dynamique de croissance et prendre elle aussi sa part pour bénéficier des retombées économiques introduites par le développement du tourisme mondial. L’Algérie est l’un des pays les plus importants du Maghreb sur différents plans y compris sur le plan économique, où le pays présente d’énorme capacité pour un développement durable, notamment sur le plan touristique, présentant un potentiel parmi les plus important au monde, avec un environnement touristique parmi les plus attractifs, les paysages exceptionnels (avec des coins unique au monde) qui constituent le territoire algérien (le littoral, le grand Sud, les montagnes…) devraient orienter particulièrement les politiques économiques vers l’investissement dans le secteur touristique. Un littoral entouré de belles plages, de forêts époustouflantes et de chaînes de montagnes offrant une vue magnifique sur la côte.
Elle surplombe la mer Méditerranée avec un front s’étendant jusqu’à 1 200 kilomètres d’ouest en est, formant un littoral étroit ne dépassant pas 45.000 km, soit 9,1% de la superficie totale de l’Algérie. Le climat humide de la côte et son apparence physique unique, sa proximité avec la mer et son potentiel naturel diversifié en ont fait un centre naturel qui occupe une place de premier plan dans le domaine du tourisme. Un peu plus loin, au niveau des montagnes, l’Algérie contient des richesses touristiques importantes telles que les grottes pittoresques et les grottes créées par la nature depuis des temps géologiques, comme les montagnes du Chreâ à Blida, les forêts El Aouana de Jijel, les forêts et les montagnes de Tizi-Ouzou. S’ajoute à cela, les divers animaux, oiseaux rares et sources d’eau douce aquatiques. En fonçant encore plus loin, on arrive au désert algérien qui est l’un des déserts les plus vastes et les plus merveilleux au monde. Très riche en monuments historiques qui font partie de la mémoire de la région, le sud de l’Algérie est représenté par l’atlas du désert sur une vaste région qui constitue plus de 80%, comprenant un grand nombre d’oasis, des palmeraies, des dunes de sable, des collines rocheuses et des plaines de pierres, notamment Biskra, Ghardaïa, Adrar, Oued Souf, Aïn-Saleh, Ouargla. En outre, la région de « Alhagar » Tamanrasset, et Tassili, témoins d’une civilisation illustrée dans les dessins gravés dans les rochers, et qui raconte encore des générations successives des récits intéressants et des modes de vie distincts, une évolution humaine marquée par cette crise qui frappe profondément dans l’histoire. Enfin, l’Algérie, le plus vaste pays d’Afrique regorge de richesses naturelles qui le rendent si particulier. L’Algérie avec des ruines romaines de Djemila, Timgad, Tipasa et Cherchell sont remarquablement conservées et méritent une visite approfondie. Tipasa, sur la route du littoral à 70 km à l’ouest d’Alger, permet de combiner la découverte des ruines et une baignade sur la plage. Djemila, situé à 40 km au sud-ouest de Sétif, est sans doute le site le plus impressionnant par sa situation dans la montagne. Timgad, dans la région de Batna, vaut pour l’incroyable plan architectural de cette ville romaine fondée par Trajan. Des sites historiques, naturels et des cités millénaires. Une richesse reconnue par L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (en anglais United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, UNESCO) qui en a déjà classé sept au patrimoine mondiale de l’humanité qui sont:
- La Casbah d’Alger: Dans l’un des plus beaux sites de la Méditerranée, surplombant les îlots où un comptoir carthaginois fut installé dès le IVe siècle av. J.-C., la Casbah, située à Alger. Lieu de mémoire autant que d’histoire, elle comprend des vestiges de la citadelle, des mosquées historiques très anciennes, des palais de l’époque des ottomans.
- Les Ruines romaines de Djemila: Djemila, ou Cuicul[4], située dans la Wilaya de Setif, avec son forum, ses temples et ses basiliques, ses arcs de triomphe et ses maisons, à 900 m d’altitude, la ville s’embellit d’un forum, d’un capitole, de plusieurs temples, d’une curie, d’un marché et d’un théâtre, est un exemple remarquable d’urbanisme romain adapté à un site montagneux.
- La Vallée du M’Zab: Le paysage de la vallée du M’Zab à Ghardaïa, créé au Xe siècle par les Ibadites autour de leurs cinq ksour, ou villages fortifiés, fonctionnelle et parfaitement adaptée à l’environnement saharien, l’architecture du M’Zab a été conçue pour la vie en communauté, tout en respectant les structures familiales.
- La Kalâa des Béni Hammad: Dans un site montagneux d’une rare beauté à quelques kilomètres de la Wilaya de M’sila, les ruines de la première capitale des émirs hammadites, fondée en 1007.
- Timgad: Surnommée la « Pompéi de l’Afrique du Nord » est une cité antique située sur le territoire de la commune éponyme de Timgad, dans la wilaya de Batna dans la région des Aurès. Sur le versant nord des Aurès près de Batna, Timgad fut créée ex nihilo, en 100 apr. J.-C., par l’empereur Trajan[5] comme colonie militaire. Avec son enceinte carrée et son plan orthogonal commandé par le cardo et le decumanus, les deux voies perpendiculaires qui traversaient la ville, c’est un exemple parfait d’urbanisme romain.
- Tassili n’Ajjer: Cet étrange paysage lunaire de grand intérêt géologique dans la wilaya de Illizi abrite l’un des plus importants ensembles d’art rupestre préhistorique du monde. Plus de 15 000 dessins et gravures permettent d’y suivre, depuis 6000 av. J.-C. Jusqu’aux premiers siècles de notre ère, les changements du climat, les migrations de la faune et l’évolution de la vie humaine aux confins du Sahara. Le panorama de formations géologiques présente un intérêt exceptionnel avec ses « forêts de rochers » de grès érodé.
- Les ruines romaines de Tipaza: Sur les rives de la Méditerranée, Tipasa, ancien comptoir punique, fut occupé par Rome, qui en fit une base stratégique pour la conquête des royaumes mauritaniens. Il comprend un ensemble unique de vestiges phéniciens, romains, paléochrétiens et byzantins, voisinant avec des monuments autochtones, tel le tombeau de la chrétienne, grand mausolée royal de Maurétanie.
En plus de ces sites historiques classés mondiaux, l’Algérie compte plus de 220 sources thermales dont 80 sont homologuées par l’Etat. Situées en majorité dans l’Est du pays, ces stations réparties dans plus d’une région, notamment « Hammam al-Salheen » dans la ville de Biskra au sud est de l’Algérie, « Hammam Zelfana“ au sud de l’Algérie entre Ghardaia et Ouergla « Hammam al-Dabbagh » dans la ville de Guelma à l’est, Et « Hammam Rigga » à Ain Defla, Hammam Bouhanifia à l’ouest du pays exactement à Mascara. Des destinations prises pour le plaisir de soi et la thérapie de certaines maladies de la peau et de rhumatismes; il s’agit des éléments naturels du traitement et du rétablissement des patients, tels que les sources minérales et sulfureuses, le sable et le soleil.
Le tourisme au monde
Le tourisme est considéré comme le [6]troisième plus important secteur du commerce international, le tourisme, qui représente 10,4 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et soutient 31 millions d’emplois à travers le monde, apporte des contributions considérables à la réalisation des objectifs de développement durable. Le développement du secteur du tourisme fait intervenir divers acteurs allant des pouvoirs publics (qui influent sur ce développement par leur intervention en tant que régulateur sur le marché, le développement des infrastructures hôtelières, ainsi la réglementation appliqué sur ce secteur vital) aux principaux acteurs du secteur privé. Le secteur privé est composé notamment par des nombreuses sociétés petites et grandes entreprises, soit locales ou étrangères, fournissant des investissements de taille, ainsi des services, comme les hôtels à plusieurs catégories, restaurants, entreprises de transport, guides locaux et fournisseurs de divers services de loisirs et de divertissement. Cette diversité pose un problème difficile. D’une part, elle montre qu’à la différence d’autres secteurs qui par nature sont des enclaves, comme le secteur de l’extraction, le tourisme établit des relations entre les secteurs de l’économie et, par conséquent, a plus de chances de contribuer à la diversification économique. D’autre part, la grande diversité des acteurs et des activités du secteur du tourisme rend plus difficile d’inscrire ce secteur dans la durée, ce qui impose que chaque domaine ou activité soit durable. Tout un arsenal de politiques et de règlements, ainsi que des investissements et de la formation, sont nécessaires pour inscrire dans la durée toutes les activités liées au tourisme et pour contribuer à un développement durable.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information