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Fawzi Derrar, Directeur général de l’Institut Pasteur : Le danger des regroupements de masses

La question est bien simple : Comment dissuader les regroupements de masses? Pour les ménages restés confinés chez eux pendant presque un mois, il est difficile d’en tenir compte. Il faut se mettre à leur place. Tout compte fait, en dépit des mesures préventives observées par la population, depuis plus d’un mois contre l’épidémie du Covid-19, les Algériens rechignent à se ressaisir et à sortir en masse, constatant sans doute des améliorations sur le plan de prise en charge des patients atteints du Coronavirus . Le Ramadhan qui pointe dans deux jours, n’a pas pour autant arrangé les affaires des ménages qui se bousculent, depuis presque une semaine, sur les marchés afin d’assurer leurs approvisionnements. Ce n’est pas la stabilité des chiffres qui est à l’origine d’une reprise soudaine de l‘ambiance dans les lieux publics. Il va sans dire que le Ramadhan qui a fait revenir au grand galop les Algériens qui ne se soucient pas de l’effet que cela pourrait engendrer, a carrément bousculé les réflexes. Chez les spécialistes de la santé, cela est perçu comme “un signe d’inquiétude”. Ces derniers redoutent, dans ce chapitre, un certain “relâchement” symbolisant une reprise de la maladie qui est de nature à compromettre les efforts jusqu’ici entrepris .Ce relâchement risque-t-il au fait de relancer l’épidémie? Les avis des médecins ne sont pas optimistes. Si la pandémie du Coronavirus est plus ou moins maîtrisée aujourd’hui dans le pays, c’est essentiellement grâce au respect du confinement et des mesures de prévention et un relâchement, dans la phase actuelle, va relancer la pandémie, préviennent en effet les spécialistes de la médecine publique. Le Directeur général de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar, déclare, ce mercredi, que «la stabilité des chiffres et les données des hospitalisations donnent espoir, mais il ne faut surtout pas crier victoire». Reçu dans l’émission «l’Invité de la rédaction de la radio Chaîne 3», M. Derrar a mis en garde sur la baisse de vigilance et le non respect des mesures de prévention car, prévient-il, « si on revient aux regroupements de masse, ça va revivifier le virus de nouveau et tous les efforts qui ont été faits auparavant, seront vains». A ce propos, il cite l’exemple du Singapour qui a connu, ces derniers jours, «une deuxième vague avec une contamination humaine élargie à cause de la baisse de vigilance, de l’immigration et du déconfinement de la population». Nous n’avons pas un discours «optimiste», «nous tenons, juste, à dire la vérité aux citoyens», a répondu M. Derrar à une question sur les déclarations rassurantes des responsables. S’appuyant sur les derniers chiffres communiqués par le Comité scientifique et les dernières données des hôpitaux, il avance que des hôpitaux, à l’instar de celui de Blida, sont «dans des courbes en plateau» [une stagnation de la propagation de la maladie], avec moins d’hospitalisation et de patients dans les services de réanimation. Faut-il alors envisager le déconfinement ? Le patron de l’Institut Pasteur estime que cette question doit être réfléchie profondément. «Il faut, dit-il, s’appuyer sur les données scientifiques qui nous permettront de prendre des décisions sages». Présent dans 9 wilayas, l’Institut Pasteur se projette de s’implanter dans d’autres régions à l’instar de Tamanrasset, Ouargla et Djelfa pour atteindre «la représentativité géographique la plus homogène possible», annonce son Directeur général. Grâce à cette stratégie de déploiement, l’Institut pasteur qui réalise quelques 500 dépistages par jour, a, d’ores et déjà, atteint les 1.000 tests quotidiennement à travers ces 09 wilayas.

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