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Covis-19 et Economie : Les entreprises privées prises au piège

Comme partout dans le monde, la pandémie du covid19 en Algérie a freiné les machines de production et a mis en difficulté des centaines de milliers de travailleurs. Une préoccupation vitale à laquelle la réponse ne peut pas être trouvée surtout par les entreprises privées. Car mettre au chômage leurs employés et renvoyer les clientèles desquelles ils tiraient leurs seuls revenus est un vrai casse-gueule en perspective. Ces entreprises se retrouvent, depuis, sans ressources tout en continuant à être soumises aux obligations de payer les salaires des travailleurs mis momentanément au chômage, les charges multiples et toutes les taxes auxquels elles étaient assujetties. Les conditions du chômage techniques semblent ne répondre à aucune mesure claire, puisque les chefs des entreprises privées à l’arrêt ne savent pas quoi faire avec leurs salariés car aucun dispositif de sauvegarde n’a été mis en œuvre à leur profit. Beaucoup de pays, par crainte d’élargir la crainte sanitaire à une crainte sociale, ont annoncé des mesures d’aide au tissu productif. En Algérie, l’angoisse de voir ces entreprises baisser les rideaux est croissante car aucun dispositif de traitement de l’endettement n’a été mis en place. Aucun dispositif de réactivation du rééchelonnement des dettes fiscales des entreprises n’est visible en cette période de crise. Afin d’équilibrer le social et l’économique, il aurait été judicieux l’application d’un ajournement de deux sinon de trois années les endettements des entreprises leur permettant de conserver debout la machine de production. Les représentants syndicaux nationaux doivent agir pour faire bouger les lignes car les chefs d’entreprises comptent beaucoup sur leur réaction pour empêcher la destruction d’emplois. La menace est réelle si aucun dispositif ne se pointe rapidement pour alléger les contraintes des entreprises privées. Devant une telle conjoncture, le FCE a réagi en faisant des propositions relatives aux allégements fiscaux et parafiscaux, au rééchelonnement des dettes de banques ainsi qu’aux droits de concession qui demeurent prohibitifs. Aujourd’hui, pour beaucoup de chefs d’entreprises, le néant va peut-être leur faire prendre des décisions fâcheuses allant peut-être jusqu’à mettre la clé sous le paillasson. En cette période de crise multiple, plaider pour la sauvegarde de l’entreprise algérienne, moteur de l’économie nationale, est aussi un cri de détresse qui, à défaut de mesures rapides, la situation sociale se compliquera pour mener au clash inévitablement. Des alertes se sont multipliées ces jours-ci afin de mettre en garde les pouvoirs publics devant la dégradation du climat des affaires, mis à mal par une gestion bureaucratique et irrationnelle de l’économie. Fort est de constater que l’entreprise privée est placée aujourd’hui dans une situation gravissime et désormais, il s’agit pour elle d’une question de survie. Les patrons des entreprises privées comptent voir promouvoir la mise en place d’un dispositif émanant des hautes autorités de l’Etat.

À propos Charef Kassous

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