Une fraude au Bac a été découverte récemment en France. Selon l’enquête, le sujet
du Bac a été vendu à de nombreux candidats. Les médias ont en parlé mais sans tomber dans l’hystérie collective. Cette fraude a été traitée comme un simple fait divers sans plus et l’enquête suit son cours. Aucune polémique, aucune mobilisation outre mesure des services de l’Etat, aucune dénonciation démesurée et aucune exagération. Il s’agit d’une fraude, pas d’un scandale. Et évidemment, l’on se rappelle de la fraude au BAC en Algérie. La presse en a fait ses grandes manchettes, plusieurs services de sécurité ont été mobilisés et de gros moyens ont été utilisés pour identifier les fraudeurs et ensuite pour éviter que le même scénario se répète. Cette année par exemple, le ministère de l’Education a fait appel au ministère de la défense pour lui fournir des brouilleurs d’une haute performance. C’est dire que le BAC chez nous est une affaire nationale au même titre que ce qui se passe actuellement en Algérie. Il suffit que la question soit lancée sur les réseaux sociaux pour voir tous les Algériens se mettre de la partie pour condamner non pas les fraudeurs mais les responsables de l’Education, appeler à limoger le ministre, remettre son intégrité en question et aller jusqu’à le traiter de harki. Pourtant, une fraude n’est qu’une fraude. Qu’elle soit au bac ou autre. Et son traitement par la police ou la gendarmerie ne doit pas sortir de son cadre et l’extrapoler jusqu’à devenir une affaire d’Etat qui exige l’intervention du premier ministre et d’en débattre au niveau du Parlement. Mais voilà, certaines personnes savent pousser le bouchon assez loin pour régler de vieux comptes en manipulant les candidats, leurs parents et tout le corps des enseignants et présenter une fraude au BAC comme le scandale du siècle.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information