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Pôle & Mic: De la fumée en l’air!

Les manifestations du vendredi ont fait imploser le pouvoir. La corruption a gangrené tout le système. Aujourd’hui, de hauts responsables sont la cible de la justice. Les responsables locaux sont «dénoncés» et on annonce que des responsables locaux seront poursuivis en justice. Les regards sont braqués sur les auditions des ministres devant les juges. Pour l’heure, il n’y a que l’homme d’affaire Rebrab et les frères Kouninef qui sont poursuivis pour une affaire financière. Haddad comme tous les autres n’a pas été inquiété dans le cadre de la lutte contre la corruption, mais poursuivi pour affaire politique. Gaïd Salah avait exhorté la justice d’ouvrir des enquêtes sur la corruption, d’ailleurs il a même insinué sur l’ouverture de l’affaire Khalifa et Sonatrach. Cette déclaration visait davantage à calmer la rue qui réclamait des poursuites contre ceux qui ont volé le pays. En réalité, la lutte contre la corruption est une œuvre civilisatrice qui doit impliquer l’Etat, le pouvoir politique, la classe politique et la société civile. Or chez nous, il n’y a que la société civile qui ne cesse de demander la lutte contre la corruption. L’Etat ne fait pas de contrôle d’une manière continue puisque le wali ou un ministre peut suspendre une opération de contrôle et de classer l’affaire. Le pouvoir politique ne peut mener une telle lutte puisque c’est lui qui l’a engendrée et nourrie. Déjà, chez nous, des hauts responsables de l’ex parti unique ont qualifié le parlement dont la majorité est détenue par le FLN, comme le parlement de la «chkara». C’est dire que l’argent sale a envahi toutes les sphères. L’affaire des 700 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, qui n’a pas livré ses secrets, a «déshabillé» tout le pouvoir en confirmant que le système a généré la corruption même au sommet de l’Etat. Le système refuse d’instaurer la taxe sur la fortune, de réformer le système fiscal, d’éliminer l’argent liquide qui circule dans le marché national, de faire face à la chute du dinar… la guerre contre la corruption ne peut être menée que sous la deuxième République.

À propos B. Nadir

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