C’est connu; en course, un lièvre est aligné pour donner à la chevauchée un rythme, un allant. Pour ce, le lièvre est désigné, à accélérer le pas, dès le départ, pour que tous les autres coureurs s’essoufflent avant même de parcourir la moitié de l’épreuve. Et c’est pour cela que nous voyons, dans les compétitions high, des halètements, des yeux hagards, des cheveux ébouriffés et des jambes flageolantes. Et pourtant! Certains coureurs ont, derrière eux, un passé d’athlète de performance reconnu par la fédération internationale d’athlétisme. Mais lorsque le starter s’enclenche et que le record est déjà convoité par le meilleur coureur de la compétition, les autres ne peuvent que se soumettre à la loi fédérale et conventionnellement admise de la compétition: à savoir faire figure de participant pour redorer la valeur de l’épreuve. Autrement dit, de la crédibilité à l’épreuve. Il est vrai, toutefois, qu’il y a des coureurs qui ne peuvent même pas atteindre le minima pour participer à l’épreuve finale mais qu’ils sont tellement futés qu’ils annoncent leur participation alors que chacun SAIT qu’ils sont en deçà des espérances et surtout qu’ils n’ont aucunement le droit d’y faire figure. Ce sont tous les populistes qui aiment s’offrir des rêves et qui ne se feront jamais ovationner par le public. Ce serait le cas de certains présidents de formations politiques; euh… pardon, sportives qui ne peuvent même pas s’élire chez eux pour prétendre occuper un couloir menant au siège suprême; euh…au record convoité. C’est vous dire combien la compétition est rude et ne peuvent s’y ranger que ceux ayant la motivation nécessaire et l’aptitude requise. Ajoutez à cela tous les ingrédients que ne manquera certainement pas l’athlète (l’élu?) d’en mettre et vous comprendrez, mes mignons, que la partie paraît facile seulement pour les habitués de la criée, les gueulards et les éternels opposants en toc. Et, parmi les ingrédients, l’athlète national est capable d’aligner, au lieu d’un lièvre, une centaine de lièvres, seulement pour le plaisir de les regarder s’essouffler et le plaisir de faire partager leur peine par des millions d’électeurs; euh….de spectateurs. Cent lièvres ayant, au départ, retiré le formulaire de participation! Du jamais vu! Et chaque lièvre aura à parcourir autant de mètres qu’il lui est possible de courir et se mettra de côté pour laisser passer le peloton. Une fois essoufflé, le lièvre se mettra sur la scène et criera tout son désespoir d’avoir été écarté de la course. Il oubliera surtout de déclarer qu’il n’a ni… l’aura de l’athlète gagnant, ni ses capacités encore moins son souffle. Il racontera à ses enfants, dans dix ou vingt ans, qu’il a été à deux doigts de s’asseoir sur le trône, euh…..de décrocher le record. Il omettra, dans son histoire, de parler de la rémunération qu’il aura empochée pour sa «participation» nationale. Comme il omettra de dire que la majorité des spectateurs étaient venus pour voir et ovationner leur athlète et que lui et ses… pairs, n’étaient alignés que pour nous …distraire. Pas plus! Pas moins aussi! C’est une course et vous me permettrez, demain, de vous animer l’épreuve à partir des couloirs sélectionnés et avec le nom des athlètes qui concourront, pour le plaisir de nos yeux et de notre humeur du jour.
Le Carrefour d'Algérie Quotidien national d'information