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Le ministre de la Communication à la radio chaîne 3: «L’Etat continuera à soutenir la presse»

La bonne nouvelle cependant que le ministre a annoncée concerne le soutien de l’Etat aux médias. Il a en effet tenu dimanche à rassurer la corporation de la presse nationale. Il lui a garanti la poursuite de l’aide et de la protection de l’Etat pour l’accomplissement de sa noble mission. Tout compte fait, depuis un certain temps déjà, certains milieux de cette corporation ne cessaient pas de se poser des questions sur l’avenir de la presse en cas de désistement du soutien de l’Etat. Le ministre a donc tranché. Il se veut optimiste. Il a coupé court à la polémique en promettant ainsi la continuité du soutien de l’Etat aux médias. Certains médias présents sur la scène s’interrogent sur leur avenir à cause du manque de leurs revenus spécialement ceux déduits de la publicité. Des organes de presse privés, rappelons-le, avaient dans un passé récent, mis la clé sous le paillasson, faute de rentrées ou pour n’avoir pas pu supporter la concurrence. Et c’est assurément cette sempiternelle question du soutien de l’Etat qui hante le secteur dans une conjoncture assez spéciale que vivent certains journaux, supportant mal la dure concurrence. « L’Etat continuera à soutenir la presse et les médias afin de leur assurer une présence sur la scène médiatique, a en effet assuré dimanche le ministre de la Communication, Djamel Kaouane. Visiblement à travers le message du ministre, on peut dire qu’une brèche vient d’être fermée. Il rassure les journalistes mais ne s’empêche pas de les inviter à mieux s’organiser et à respecter les règles du code de la presse. « L’Etat continuera à soutenir les médias algériens, car sans son aide, il n’y aurait pas de presse algérienne et ce, en attendant que ces médias et journaux deviennent autonomes comme cela se fait de par le monde », a indiqué M. Kaouane sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. « Depuis toujours, l’Etat et les Pouvoirs publics n’ont ménagé aucun effort afin d’assurer aux médias nationaux une présence sur la scène médiatique », a précisé le ministre. M.Kaouane a souligné, dans cet ordre d’idées, que « sans la publicité institutionnelle et sans les avantages liés au papier d’impression dont les prix n’ont pas été augmentés depuis 1995, je vois mal un journal qui aurait manifesté une présence régulière dans le paysage médiatique national ». Le ministre n’a pas manqué de survoler un autre sujet aussi brûlant à savoir la liberté de la presse en Algérie. M. Kaouane a, dans ce sens, affirmé que « c’est une réalité que les journalistes vivent au quotidien ». Il rappelera qu' »il n’y a aucune contrainte à cette liberté, mis à part celle imposée par la loi ». « La liberté de la presse en Algérie est consacrée dans la Constitution et cet acquis doit être préservé par les journalistes », a-t-il affirmé. Le ministre a ajouté qu' »aucune pression, de quelle que nature qu’elle soit, n’est exercée sur les médias algériens ». A une question sur les dépassements enregistrés à travers les différents médias, le ministre a estimé que « cette situation nuit à la profession », ajoutant que les journalistes « rédigent leurs articles sans aucune censure, alors qu’ils doivent comprendre que le journalisme est un métier noble qui doit être accompagné d’un minimum de respect de déontologie ». Sur un autre registre, le ministre a fait observer que la « floraison de titres de la presse nationale en Algérie ne s’est pas accompagnée d’une amélioration de la situation sociale des journalistes, notamment ceux qui exercent dans le secteur privé où beaucoup d’entre eux ne sont pas payés décemment et ne bénéficient pas d’une couverture sociale ». Il estime que cette situation constitue « un frein pour l’exercice du métier ». Il a relevé que les journalistes ont « cette singularité de parler et d’écrire sur tout, mais jamais sur leurs soucis », il a fait remarquer qu' »il est de la responsabilité des patrons de la presse de veiller à ce que leurs journalistes bénéficient d’un minimum de conditions de travail ». Dans ce sens, M. Kaouane a évoqué la « progression » enregistrée dans le processus de mise en place de l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE), soulignant que le fichier des journalistes a été « assaini » et que « tout est prêt » sur le plan institutionnel pour la mise en place de cette Autorité. Il a, toutefois, regretté que « la corporation ne soit pas organisée », alors que « l’importance de l’ARPE demeure cardinale ». Le ministre a aussi abordé la situation des chaînes de télévision privées. Il a fait savoir que « ce sont des chaînes jeunes et manquant d’encadrement et d’expérience ». Il précisera qu’elles « n’ont pas été fondées par des professionnels de l’audiovisuel, mais plutôt par des journalistes dont la majorité est issue de la presse écrite ». « Ce sont des chaînes à contenu algérien qu’il faut encourager pour étoffer le paysage audiovisuel », a suggéré M. Kaouane, estimant que « cela doit impérativement passer par le respect des règles de déontologie, du cahier des charges. Ces chaînes doivent proscrire aussi la violence, la ségrégation et le discours haineux ». Le ministre a ajouté qu’ »il appartient à l’ARAV (Autorité de régulation de l’Audiovisuel) de faire respecter ces règles », rappelant que « le citoyen a le droit et la possibilité de saisir la justice s’il se sent diffamé par ces chaînes ». Enfin, s’exprimant sur le Prix du président de la République qui sera décerné lundi à l’occasion de la Journée nationale de la presse, M. Kaouane s’est félicité de la « forte participation » des journalistes à ce concours placé cette année sous le thème du « Vivre ensemble en paix ».

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