Accueil » Chronique » Point de Vue: Tunisie: feux de détresse

Point de Vue: Tunisie: feux de détresse

La Tunisie serait la seule rescapée du tourbillon de l’après «printemps arabe». C’est-à-dire, la seule où la révolution ayant réussi à éjecter le président déchu Ben Ali et son entourage, non seulement hors du pouvoir, mais également hors du pays. Cette révolution tout à fait imprévue, ayant ouvert le ballet d’une multitude de révolutions similaires ayant quand même réussi à mettre «hors d’état de nuire» pas mal de régimes arabes. A l’exception de la Tunisie et un peu de l’Egypte, les autres pays du printemps arabe nageant à contre-courant, dans les eaux troubles du chaos quotidien. Jusqu’à récemment, la Tunisie donnait l’exemple d’un pays ayant traversé les circonstances douloureuses du printemps arabe, sans trop de problèmes. Mais, parait-il, ce n’est pas exactement le cas. A bien lire le tréfonds politique de la Tunisie, cette dernière contrairement à ce qu’elle parait être, grouille de dissensions entre les composantes du paysage politique de l’après Benali. L’on avait naïvement cru qu’une alliance entre les plus puissantes tendances politiques du pays, à savoir «l’Etat profond» qui gère le pays depuis, avant et après l’ère Bourguiba – Ils se font appeler des démocrates modernistes- et les Islamistes plus au moins modérés du parti Ennahda, pourrait à elle seule éviter au pays le pire des circonstances. Cette alliance – contre nature – aurait poussé le chef de la tendance islamiste Ghannouchi à opérer des concessions en vue de s’adapter aux exigences de cette alliance, allant jusqu’à même renoncer aux plus sacrés des principes de son parti. Ces désistements ont fini par soulever une poussée de mécontentements au sein de cette tendance rêvant à faire régner l’ordre de la Charia dans la république laïque, farouchement anti-religieuse de Bourguiba. De l‘autre côté de la scène, une mouvance composée, disons de démocrates, modernistes, se faisant le porte-étendard de la Tunisie Bourguibienne et la gardienne de son héritage idéologique, refuse de céder d’un iota. Elle serait intransigeante vis-à-vis de tout ce qui est religion. Cette tendance se sent plus confiante et sûr d’elle-même du fait qu’elle reçoit l’appui politique venant de l’Europe… ça doit être normal, ce qui se passe en Tunisie, du moment que l’idéologique prime sur l’Etatique. Toutes les luttes idéologiques terminent sur ces regrettables drames… il faut plutôt penser économie, société, égalité, justice, développement, sécurité. Il suffit de constater dans quel gouffre les Etats idéologiques avait terminé, dans un passé récent. Les Etats communistes et socialistes par exemple. Et l’Iran des enturbannés mollahs se prépare à son tour pour une douloureuse chute.
alkaderdz62@yahoo.fr

À propos B.Abdelkader

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*