Accueil » Chronique » Point de Vue: La «harga» autrement!

Point de Vue: La «harga» autrement!

Selon le dernier rapport de «Eurostat», l’organisme européen des statistiques, rendu public ce week-end relatif aux demandes d’asile en Europe, près de 10.000 Algériens ont demandé l’asile en 2017 dans l’un des 28 pays de l’Union européenne. En 2017, l’UE a enregistré 750.000 demandes d’asile, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. La majorité des demandeurs viennent des pays en guerre. Mais, le nombre des demandeurs algériens donne froid au dos. Est-ce que ce nombre serait lié à la fermeture des espaces d’expression et à l’immobilisme politique que connaît le pays ? Il sera, très difficile, de se prononcer en dehors d’une enquête sérieuse. Déjà, beaucoup d’Algériens dont des cadres veulent quitter le pays et ont déjà quitté le pays. Des Algériens tentent, par tous les moyens, de quitter le pays et de s’installer ailleurs. Le nombre de «harraga» en est témoin comme d’ailleurs les demandeurs de visa. Si, dans le passé récent, les cadres n’avaient pas la moindre intention de s’exiler, ils veulent, aujourd’hui, partir à tout prix. Pourquoi ce revirement de situation alors que les cadres ne devraient même pas y penser ? Pour beaucoup, il n’y a plus de «joie de vivre» en Algérie où la violence comme la corruption a gagné du terrain en ajoutant à cela le spectre de la crise financière. La vie est devenue chère, ces deux dernières années. Les cadres ont peur de l’avenir, non pas pour eux mais pour leur progéniture. Les systèmes scolaire et universitaire comme l’intolérance sont des facteurs qui poussent les cadres «aisés» à s’exiler pour leurs enfants. On fuit le pays de l’inculture, du désespoir politique, de la «forte» islamisation de la société, des retombées de la crise financière, de la violence et de l’inertie politique. Le pouvoir ne donne plus de «joie» aux Algériens. Donc, l’asile politique est devenue aussi un moyen pour se sauver en mettant en avant le refus de manifester à Alger, la vie dure que mènent certains syndicalistes et activistes. Et tant qu’il y aura un activiste «harcelé» ou un journaliste poursuivi ou un opposant à qui on lui refuse le droit de s’exprimer, les demandes d’asile politique ne feront qu’augmenter.

À propos B. Nadir

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*