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Pôle & Mic: Nous mangeons du «poison»?

L’affaire des refoulements et destructions des produits agricoles algériens par l’Occident a réveillé les vieux démons sur la question de la sécurité sanitaire. L’Occident a refusé des cargaisons «made in Algeria» en indiquant qu’il aurait trouvé des pesticides ou «trop» de pesticides. Si la France ou un autre pays avait refoulé nos marchandises, on pouvait avancer plusieurs alibis comme celui des lobbys qui veulent nous «casser». Mais, c’est la Russie et le Canada, pays amis, qui ont jugé que notre production est «dangereuse» et/ou «toxique» pour la santé. On s’attendait à une réaction du ministère de l’agriculture pour nous donner des «détails» sur cette affaire. Mais voilà, c’est le ministre du commerce qui a réagi: «Concernant cette affaire, j’ai ordonné aux services du ministère du Commerce de collecter les informations nécessaires concernant l’exportateur et de définir les causes du refoulement de la marchandise». Cela veut dire que pour le moment, l’Etat ne dispose pas d’informations sur cette affaire. Pire, on n’a pas pris au sérieux le refoulement de la pomme de terre depuis la Russie où on aurait suspecté la présence de traces de pesticides dangereux pour la santé. Cela pour laisser supposer que nos plats sont» toxiques». Déjà, comment ces pesticides «dangereux» ont été introduits en Algérie. Oui, nous avons peur de ce que nous mangeons et on sent que personne ne nous protège. Oui, on sent que nous sommes face à des «loups» et que l’Etat est spectateur. Le ministre du commerce nous avait rassurés que les prix des fruits et légumes n’augmenteraient que les premiers jours de ce mois sacré, alors que la hausse des prix a «désespéré» le citoyen et le ministre du commerce n’a rien fait. Il n’a rien fait et ne fera rien, car le lobby de spéculateurs ne reculera pas et le ministre ou les ministres ne leur font pas peur et cela dure depuis des années. Comme les spéculateurs, des agriculteurs font aussi ce qu’ils veulent en l’absence d’un contrôle du ministère de l’agriculture. Déjà, à ce jour, le ministère de l’agriculture n’a rien dévoilé sur la viande du mouton de l’Aïd qui s’est putréfiée pour la deuxième année consécutive. Sous d’autres cieux, une telle affaire de refoulement de marchandises agricoles, des ministres auraient «sautés» ou démissionnés. Chez nous, on est encore au stade de la «parole».

À propos B. Nadir

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