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Pratiques religieuseas à Saïda: Le retour des «Taraouih» au féminin

Le phénomène est récurrent. Chaque année, pendant le mois de Ramadhan, l’aile qui leur est réservée dans les mosquées, connaît une affluence accrue des fidèles de la gente féminine. D’année en année, le nombre de pratiquantes du Taraouih va crescendo jusqu’à rendre insuffisants les espaces qui leur sont réservés dans les lieux de culte. Le Ramadhan de cette année 2018 connaît un boom dans le Taraouih au féminin. Traditionnellement, cette pratique était l’oeuvre des hommes qui ne voyaient pas d’un bon oeil ce qu’ils percevaient comme des intruses et qui n’avaient rien à faire dans la mosquée des Hommes. En plus de lieu de prière, la mosquée tout comme la « djemâa », le souk ou le café, était l’endroit exclusif où les hommes se rencontraient. Les rares femmes qui y étaient à peine tolérées, étaient souvent des « hadjate ». Cela n’est plus le cas aujourd’hui pour ces nombreuses femmes de tout âge et de toutes conditions qui, comme en réponse à un signe subliminal, se précipitent vers les mosquées où elles ont fini par conquérir de nouveaux espaces dans certaines mosquées de la ville. C’est extraordinaire! Elles ont même accepté de faire le sacrifice des feuilletons de l’après-f’tour. A la fin des Taraouih, un flot de femmes, toute en Djelabas et Khimar mais sans ostentation, se déversent dans les rues des quartiers attenants. Certaines s’engouffrent dans des voitures qui les attendaient, les autres rentrent chez elles à pied, en petits groupes profitant de cette convivialité pour papoter un brin pour finir la causerie commencée avant la prière des Taraouih. Beaucoup de Saidis interrogés voient en ce vrai phénomène de société, une pratique rien que de plus normale – voire méritoire et disent que c’est une manière somme toute très honorable pour la femme de s’imposer et d’occuper un espace social très important. D’autres plus sceptiques et visiblement outrés, marmonnent que cela ressemble plus à un effet de mode qu’à un élan spontané de spiritualité…. Allah yj’âal Kaboul !

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