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Point de Vue: Acheter, acheter … Et encore acheter

La fièvre des achats s’est déclenchée d’une allure effrénée, environ une semaine avant la date théorique du commencement du Ramadhan …A voir ces gens, surtout les femmes en train d’acheter tout et avec un emportement inégal. Entre l’absolument nécessaire et le futilement superflu, des scènes rappelant que l’on est sur le point qu’une guerre irait être déclenchée …Ces gens sont-ils vraiment dans le besoin de ces ravitaillements démesurés ? Une question à laquelle, il ne serait facile d’en trouver les réponses adéquates. Le mois du jeûne et ses exigences seraient-ils seuls capables, d’en donner les explications nécessaires à ces euphories. L’on s’est préoccupé de ces aspects ambiants et matériels d’un mois sacré au point où l’essentiel a été égaré, perdu dans ce tumulte et emporté par les formes aux dépens des fonds des choses … la philosophie du jeûne est toute autre. C’est le recueillement, la sobriété, l’altruisme et la compassion qui en constituent la matière grise de ce mois de rupture…Ce n’est pas uniquement la rupture de la nourriture et certains d’autres instincts… qui en sont le but de ce mois. La rupture serait plus grande que ça, plus profonde. Ce sont des retrouvailles annuelles avec la dimension spirituelle de l’Homme et naturellement, les penchants instinctifs et matérialistes sont momentanément jugulés. Cette approche est malheureusement reléguée à une élite. Donc, c’est la fête et les déchaînements des jouissances, dès que le muezzin en donne le coup d’envoi, après une journée de somnolence. Alors que la logique et la nature de l’événement veulent que les onze mois de l’année doivent être consacrés aux choses de la vie…La concentration sur les aspects ambiants de mois du jeûne avait-elle fini par occulter l’aspect spécifiquement religieux ? Bien sûr, l’on pourrait justifier ça, par un amour et un respect que leur doit un mois sacré .C’est bien cela, mais sans excès. Normalement, l’on doit garder le rythme du reste de l’année, mais sans oublier, les gens privés d’un Ramadhan dans les normes. La caste des pauvres en Algérie est importante en nombre. C’est l’occasion pour certains drainés dans la crue des achats démesurés, de prêter une attention, ce n’est pas par pitié, mais plutôt par solidarité, vis-à-vis de ces malheureux, ces «rejets» de la société… Comment quelqu’un pourrait savourer la rupture de son jeûne avec un repas copieux, s’il savait que d’autres – et, Dieu sait combien sont–ils- ne trouvent de quoi rompre leur jeûne.
alkaderdz62@yahoo.fr

À propos B.Abdelkader

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