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Pôle & Mic: Médias entre climat «intellecticide» et fantasme sensationnel

Nous remarquons journellement que la dimension journalistique souffre d’un manque de probité flagrant. Pour étayer notre point de vue, citons à titre d’exemple le refus que s’arrogent les médias français d’occulter la contestation/répression «Maroc» sur des opposants du rif. Devant cette situation accablante, la question qui devrait être posée, est la suivante: le martèlement du modèle de la démocratie française ainsi que sa dimension journalistique façonnent sa perception dans l’indignation sélective ou bien au contraire se complaisent-ils dans une démarche qui ferait allégeance au roi ? Privilèges et intérêts oblige comme on disait autrefois «mon ami le roi». D’abord, certains auteurs soutiennent que «les médias sont des instruments de pouvoir qui contribuent à maintenir en place les idéologies dominantes. Comme Bourdieu (1996) qui affirme que les contraintes que rencontrent les journalistes dans leur pratique, ne sont pas imputables aux professionnels eux-mêmes, mais bien à une structure supérieure qu’il appelle le «champ journalistique». Bourdieu affirme que pour comprendre les actions d’un journaliste, il faut d’abord être conscient de la position de son entreprise à l’intérieur du champ en question et de la position du journaliste dans cette même entreprise de presse. Cela permet de visualiser les «ficelles» qui le manipulent. Pour Accardo, qui reprend le concept de champ journalistique et s’attarde au rôle du journaliste dans ce champ, les journalistes perpétuent l’idéologie dominante non pas parce qu’ils le veulent, mais parce qu’inconsciemment ils sont eux-mêmes conditionnés par les classes dirigeantes». Ceci dit, il faut voir que cette nausée médiatique à tendance à se banaliser et à révéler la multiplication des formes de violence notamment dans les sociétés fermées, au pire, plombées et au mieux entrouvertes, qui imposent l’engagement d’une dynamique susceptible de créer l’émergence de citoyens capables et respectables de mettre fin au règne de l’homme jetable et méprisable. Au-delà du fantasme du sensationnel qui aseptise la réalité journalistique, il est temps de battre en brèche l’agir instrumental, pour paraphraser le journaliste Edwy plennel «Il est temps de dire «nous», et de tracer une autre route, celle d’une civilisation du partage et de l’échange, de la délibération et de la relation, de l’égalité et de la solidarité». En effet au-delà de l’habitus bourdusien, la sociologie pragmatique analyse la subjectivité du journaliste en mettant en relief, comme le souligne Cyril Lemieux, trois types de grammaire. La première se focalise sur ce qu’il appelle la «grammaire publique», ou «grammaire de la distanciation». Le journaliste qui, par exemple, interviewe un homme politique à la télévision, prend ses distances. Il le vouvoie alors qu’il le tutoierait en privé. Il va essayer de montrer que c’est lui qui est à l’origine des questions qu’il pose, et que ce n’est pas le politique qui les lui a soufflées. A suivre

À propos Adnan Mouri

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