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Manque de soutien à la question sahraouie: La lourde responsabilité des pays arabes

Les pays du Golfe se sentent-ils vraiment à la croisée des chemins? Déjà fragilisés par leurs divergences sur plusieurs dossiers comme la lutte antiterroriste, le conflit syrien ou les quotas de production du pétrole, ils ont du mal à afficher clairement leur position sur le conflit du Sahara occidental comme si ce dernier est le dernier de leurs soucis. Dans une conjoncture économique difficile, déjà marquée par un manque de visibilité dans leur soutien à la cause palestinienne devant la remontée spectaculaire des exactions des Israéliens dans les territoires occupés à l’approche de la grande manifestation du « Jour de la Nakba » le 15 mai, les chances que les regards soient enfin braqués sur que commet le Maroc dans l’autre région ouest du monde arabe, restent minimes à moins d’un sursaut d’orgueil. Il n’est un secret que les pays arabes assument aujourd’hui leur responsabilité dans le manque de soutien à la cause du peuple sahraoui. Tout compte fait, cette « dilution » relevée dans les positions officielles de plusieurs pays arabes concernant l’indépendance du Sahara occidental, est, à ce propos, sans commune mesure. Le Front Polisario, principal porte-voix de la revendication de l‘autonomie du Sahara, est monté au créneau pour reprocher à des pays arabes cette dilution dans leurs positions officielles. Il a choisi cette fois d’envoyer un signal fort aux dirigeants du Golfe. Il est autant vrai que le Front Polisario se félicite que plusieurs pays du monde et arabes en particulier, aient reconnu la République arabe sahraouie. Le responsable du secrétariat politique du Front Polisario, Hamma Salama, a appelé vendredi les pays arabes à « revoir leur position » officielle à l’égard de la question sahraouie. Il rappelle que plusieurs pays dans le monde ont déjà reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD). A l’heure où la question de l’indépendance du Sahara est soutenue par des pays européens, des militants des Droits de l’Homme du monde notamment espagnols et français, la passivité des pays arabes revient comme une certaine litanie qui en dit long sur la légitimité de l’histoire et de la langue communes. La position téméraire qu’a fait montre une épouse française qui a entamé une grève de faim car elle s’est vue refuser par le Maroc le droit de visiter son époux, un détenu politique sahraoui, doit servir comme un exemple aux pays arabes. Le Maroc, rappelons-le, a monté son escalade médiatique envers l’Algérie et l’Iran. « J’invite les chefs d’Etat arabes, particulièrement les dirigeants des pays du Golfe, à revoir leur position à l’égard de notre cause », a lancé le responsable politique du Polisario, lors d’une rencontre aux camps des réfugiés sahraouis à Aousserd, avec une délégation d’hommes politiques algériens et représentants de la société civile, militants de la cause sahraouie. Il rappelle que « 48 Etats dans le monde ont déjà reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ». Il a critiqué, en effet, la position des Etats arabes qui continuent, précise-t-il, à soutenir « l’occupant marocain et à ignorer la souffrance du peuple sahraoui qui fait face, depuis 45 ans, à la colonisation marocaine au mépris de la légalité internationale laquelle impose au régime du Makhzen de respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, imposé par l’ONU en 1991 ». « Et pourtant, nous sommes un peuple arabe et de surcroît musulman, opprimé par un pays arabe voisin », a dénoncé le responsable sahraoui. Il saluera, à l’occasion, le soutien de l’Algérie qui « défend le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et les causes des peuples opprimés », a-t-il souligné en s’exprimant devant la délégation algérienne qui a pris part aux festivités de commémoration du 45ème anniversaire de la création du Front Polisario coïncidant avec la date du 10 mai 1973. Il a aussi abordé les dernières allégations du régime marocain sur un prétendu soutien de la part de l’Iran et du mouvement de résistance libanais le Hezbollah au Front Polisario. M. Hamma a dénoncé une « supercherie » et un « mensonge » qui prouvent « l’échec de la politique du régime marocain visant à occulter le combat mené par le peuple sahraoui pendant ces 45 ans ». « Nous avons une armée bien formée et constituée d’éléments très compétents et capables de former les soldats sahraouis. Nous avons toujours compté sur nos capacités », a-t-il rétorqué. « Nous n’avons pas besoin d’aller jusqu’au Liban pour solliciter l’aide du mouvement libanais, le Hezbollah et l’Iran », a-t-il fait valoir en soulignant que « ces allégations n’auront aucun effet sur la détermination et la volonté du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte contre le colonialisme marocain ». De son côté, le ministre sahraoui de l’Enseignement supérieur, Bouchraya Hamoudi Biyoune, a salué la position constante de l’Algérie à l’égard de la question sahraouie, celle de défendre le droit aux peuples à disposer d’eux-mêmes, malgré, rappelle-t-il, « toutes les épreuves qu’elle avait vécues durant la décennie noire ». « Nous sommes fiers et renforcés par le soutien apporté par le peuple algérien à la cause sahraouie. Nous l’avons constaté plus particulièrement lors de la disparition de notre président Mohamed Abdelaziz lorsque des citoyens algériens se sont déplacés en masse au niveau de notre ambassade pour exprimer leur soutien », a-t-il rappelé. Pour sa part, Meriem Hamada, responsable au camp des réfugiés sahraouis d’Aousserd, n’a pas manqué de dénoncer « le régime marocain allié d’Israël qui colonise et utilise un armement israélien contre un peuple arabe et musulman frère ». Elle s’est elle aussi dite « très déçue par l’attitude des pays arabes à l’égard des peuples qui souffrent du colonialisme, particulièrement les peuples sahraoui et palestinien ».

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