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Elle sévit au milieu des tailleurs de pierre: La silicose tue en silence

La silicose, une maladie qui tue en silence plusieurs personnes dont la plupart des hommes d’un âge moyen qui ont pratiqué le métier de tailleur de pierres. Si aucun chiffre n’est disponible concernant cette maladie, au niveau du secteur de la santé de la wilaya de Béjaia, sa dangerosité est, par contre, très connue par les médecins spécialistes du service de la maladie du cancer de l’hôpital d’Amizour. Les médecins interrogés trouvent que contrairement aux maçons qui s’occupent des travaux de finition au marteau et de la pose de la pierre qui ne développent pas des formes simples et non compliquées de la maladie, les tailleurs de pierre, eux, développent des formes aiguës et précoces de silicose. Nos différents interlocuteurs sont catégoriques : «La taille de pierre à l’aide de tronçonneuses est une activité très dangereuse». C’est justement cette exposition des tailleurs aux poussières dégagées par le tronçonnage, le ponçage et le polissage de la pierre qui sont à l’origine de la silicose, nous font savoir ces médecins qui tiennent à souligner que «le tabagisme est un facteur aggravant chez le patient porteur de silicose dans la plupart travaillent en fumant». «Cette maladie est incurable et sa prise en charge médicale ne concerne que le traitement, souvent symptomatique, des complications liées à cette maladie», nous font savoir les médecins spécialistes qui nous précisent que «du point de vue médical, le seul remède contre la silicose est la prévention en adoptant des mesures de protection respiratoire». La prolifération de cette maladie a poussé le gouvernement algérien, il y a quelques années de cela, à établir un texte de loi qui définit l’utilisation des méthodes de travail non génératrices de poussières et renforce les mesures de contrôle pour l’application des dispositions de prévention et de protection de la profession de tailleur de pierre. Mais le volet sensibilisation et l’application de cette loi est une autre histoire. Il faut dire que la prolifération de constructions qui poussent comme des champignons, n’est pas un phénomène propre à une région d’Algérie, mais que l’on retrouve partout au point de dire que notre pays est toujours ce vaste chantier qui ne finit pas. La tradition d’avoir une maison se suit avec une tendance qui passe, maintenant, à la perfection en accordant un intérêt à la décoration de façades. Des maisons aux façades ornées de la pierre taillée, on les trouve partout et on constate que le souci de l’esthétique extérieur des bâtisses est devenu maintenant une réalité. Décorer sa maison avec de la pierre taillée est devenu monnaie courante et l’on évoque, ici dans la région de Kabylie en particulier, que la pierre d’Iakourène (Yakourène) est la mieux indiquée pour cette décoration, mais on ne cherche pas à savoir qui sont derrière cette taille soigneuse de pierres ? Ce sont des jeunes nationaux qui après avoir arraché les pierres et l’ardoise, manuellement, les acheminent vers les lieux «d’exposition-vente» sur la route nationale. Les revendeurs ne sont pas forcément les propriétaires. Le long de ces routes sont exposés plusieurs types de pierre et les tailleurs sont, dans la plupart du temps, des ouvriers itinérants qui exercent ce métier chez des particuliers et travaillent sans aucune déclaration ni affiliation à la sécurité sociale ; en d’autres termes en noir. Les plus exposés au danger de ce métier sont les tailleurs qui utilisent la tronçonneuse pour découper et façonner la pierre sans mesure de protection respiratoire. Une protection qui se limite à un masque chirurgical porté. Ce sont des jeunes qui s’occupent du découpage et de tronçonnage, en sus du ponçage et du polissage de la pierre qui s’effectue souvent à l’air libre. La plupart de ces tailleurs ignorent tous les dangers de cette taille à la tronçonneuse qui développe plusieurs maladies dont la silicose. Une même ignorance au niveau de la direction de la santé qui ne possède aucune information sur cette maladie au niveau de la wilaya. Une direction de la santé qui ne dispose, nous dit-on que des statistiques concernant les maladies inscrites dans le programme national de lutte. Pendant ce temps la silicose continue de tuer en silence.

À propos Hocine Smaâli

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