Accueil » Monde » L’implication de la France et d’Israël se confirme de jour en jour: L’affaire de l’assassinat de Mehdi Ben Barka continue de hanter le royaume marocain

L’implication de la France et d’Israël se confirme de jour en jour: L’affaire de l’assassinat de Mehdi Ben Barka continue de hanter le royaume marocain

Arrêté deux fois pendant « les années de plomb », en 1960 et 63, libéré en 1964, exilé de 1965 à 1981, Aderrahmane Youssoufi devint ainsi l’unique opposant dans le monde arabe à prendre la tête d’un gouvernement dit d’alternance. Youssoufi s’est retiré de la vie politique en 2003 et astreint au silence, un geste qualifié comme étant «un constat d’échec de la transition démocratique promise. Il s’était alors retiré de la vie politique et astreint au silence. La parution du livre d’Abderrahmane Youssoufi coïncide avec l’anniversaire de ses 94 ans et a été célébrée par un hommage à Rabat, en présence notamment de l’ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales et du diplomate algérien Lakhdar Brahimi. Il convient de rappeler qu’en 2008 un livre a été publié par Shmouel Seguev, journaliste israélien et préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy. Un livre consacré exclusivement à l’affaire sous le titre «Le lien marocain», et écrit en Hébreu, où est divulgué, pour la première fois, la relation secrète dans cette affaire entre l’Etat hébreu et le Maroc. Ainsi, le repérage de l’opposant marocain et sa localisation ont été faits grâce au coup de main du Mossad et à l’auteur de ce pamphlet d’affirmer dans ce sens que «Ben Barka qui voyageait beaucoup à travers le monde, se servait d’un kiosque à journaux à Genève comme une boîte postale où il venait récupérer son courrier et le Mossad a donné cette information à Dlimi»; ce dernier est général responsable des services secrets marocains au temps de Hassan II. Plus loin encore le livre révèle que «Ben Barka a rencontré en 1960 un haut responsable du Mossad pour lui demander –en vain– une aide financière et en armes afin de renverser le régime chérifien», ce que David Ben Gourion, le fondateur d’Israël, ne tardera pas à avertir le roi du Maroc en personne. Concernant les circonstances de son assassinat, Shmouel Seguev raconte, dans un entretien à l’AFP que «le 29 octobre 1965, Ben Barka est arrivé à Paris en provenance de Genève. Il a déposé ses valises chez son ami Jo Ohanna, un juif marocain, et s’est rendu à pied à la brasserie Lipp pour y rencontrer un journaliste français, quand deux policiers français en civil l’ont interpellé et conduit dans une voiture de location jusqu’à une villa au sud de Paris». Concernant toujours les circonstances de l’assassinat de Ben Barka, le journaliste israélien précise que «le général Dlimi ne voulait pas le tuer, mais lui faire avouer son intention de renverser le roi Hassan II», en ajoutant encore que «Ben Barka avait les chevilles entravées et les mains nouées dans le dos et Dlimi lui a plongé la tête dans un bac rempli d’eau. A un moment donné, il a pressé trop fort sur ses jugulaires, l’étranglant ainsi à mort », a-t-il raconté. Après la mort de Ben Barka, ce même auteur affirme que le ministre marocain de l’Intérieur, le général Mohammed Oufkir, chef de la police secrète, est ensuite arrivé à Paris pour organiser l’enterrement qui s’est déroulé, ajoute-t-il encore, à Paris, quelques jours après le décès, dans un lieu que l’auteur de ce livre décrit comme étant «une aire en construction, où il y avait du béton et du ciment, aux abords de l’autoroute du sud». Avec ces nouvelles révélations, il faut dire que le Maroc a non seulement été aidé par les services français mais aussi par le Mossad pour éliminer cet opposant à la monarchie chérifienne du Maroc. Des révélations qui mettent à mal les régimes de Hassan II et successeur qui gouvernent avec une main de fer pour se maintenir au trône.

À propos Hocine Smaâli

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