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Pôle & Mic: La figure de l’intellectuelle en Algérie

Une société en constante évolution avec l’interaction sociale ne peut qu’impulser une dynamique aux énergies vivifiantes pour convivialiser les échanges fructueux. Dans ce sens, l’acceptation courante de la socialisation de l’archétype culturel, permettra de mettre en évidence le degré d’intellectualité dans l’espace social. Cette action émancipatrice vitalise le degré de réflexivité des membres de la société et pour ainsi dire la mise en exergue des espaces de cogitation serviront de socle pour bétonner la structure subjective de tout un chacun. Sans nous appesantir sur l’aspect récursif et historique du concept de l’intellectualité qui regorge dans son sein des définitions pluridisciplinaires allant de la conception de «l’intellectuel organique» défendu par Gramsci et son corollaire, «l’hégémonie culturelle», nous tenterons à travers ce bref survol de dire que cette dimension se heurte sans obstacle à un climat «intellecticide» dans la société algérienne. Les raisons qui se lient à cette forme de déliquescence, sont aussi nombreuses que variées, nous citons en premier lieu les méfaits de la logique instrumentale qui aseptise la réalité sociale par une logique de profit qui «désocialise l’individu». La mise en relief de ce fanatisme de marché démonte l’effort de l’intellect en gadgétisant ce concept. A cet égard, notons que la valeur du coatching se substitue à l’intellect pour nourrir les narines de l’atomisation sociale. Ceci dit, à travers cet épisode malencontreux qui instrumentalise le rapport au savoir, l’avènement de l’extrémisme religieux met les bouchées doubles pour anéantir toute forme de subjectivité qui devra faire appel au sens critique. La décennie noire en est la parfaite illustration de la machine infernale des exactions à l’égard des élites: Alloula, Liabès, Fardheb, etc… Malgré ce climat nauséabond couplé à une forme de «congélation de contradictions sociales», encore d’actualité, la réflexion demeure l’arme préférentielle de certains sociologues voire psychanalystes qui essaient de décrypter le sens de la radicalisation, loin de toute médiocratie qui essentialise les débats au gré des circonstances de la logique instrumentale. Enfin, la résistance éthique devra s’armer contre les ruines fanatiques qui plongent les sujets parlants dans la machine de la lassitude émotionnelle. Sur cet aspect, l’effet de conscientisation ne doit pas être une formule à la mode mais devra être pris au sérieux pour faire appel à une société «décente».

À propos Adnan Mouri

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