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Mostaganem: Une société civile affaiblie par des aspirations utopiques

Mostaganem a traversé une des périodes les plus intenses dans l’activisme associatif générant ainsi une espèce de militantisme de la dernière heure, un peu statique pour ne pas dire stérile. Le passage d’un wali dynamique dans la wilaya, a suscité chez bon nombre de citoyens l’intérêt de se passionner pour le devenir de la ville même pas celui de la wilaya. Pour promouvoir Mostaganem, la développer enfin pour faire bouger les lignes, certains se sont érigés en groupes facebookistes puisque c’est aussi un mode de communication. Des groupes qui se sont multipliés, des groupes unis, puis désunis, sectorisés se croisaient l’épée, tous les jours. Un spectacle pitoyable sur la toile pour exhiber une série de photos souvent prises avec le wali à côté de lui ou derrière faisant pleuvoir de piètres commentaires. Des groupes qui se chamaillaient, se déchiraient, se décourageant ainsi les uns les autres sur l’objectif Mostaganem. Certains croyant défendre la cité se baladent dans tous les groupes à la recherche du rapport de force… Un rapport de force qui ne représente aucun intérêt parce que l’objectif servant à booster Mostaganem est occulté. En effet, ce qu’il fallait comprendre à l’époque, c’était surtout les intérêts politiques des uns plus que d’autres. On avait souvent scandé à voix haute le désintéressement de la politique mais avec le temps certains groupes se sont convertis en partis politiques à l’assaut des responsabilités électives. Deux années durant l’effet enthousiaste du wali a généré chez beaucoup une effervescence indescriptible. Ce que certains n’avaient pas compris c’est que l’autorité locale a pensé promouvoir la société civile dans le but d’avoir un interlocuteur. Mais en fin de compte, à Mostaganem chef lieu, on s’est retrouvé face à des groupes d’individus qui essayaient, coûte que coûte, d’en découdre sur des sujets stériles et complètement infertiles avec l’aisance d’être derrière un clavier. Des démêlées allant jusqu’à la violence verbale pour certains manquant de courage utilisant des pseudonymes. Ils ont essayé de paraître, aux yeux de l’autorité, plus intelligents que les autres et ils ont assez œuvré pour discréditer les autres. Mais les uns et les autres étaient les mêmes personnes qui créaient un groupe, avec lequel ils exprimaient leurs dévolus, puis deux semaines après, il le fermaient et rejoignaient le groupe avec lequel ils étaient en désaccord. D’autres publient et postent abondamment de réflexions, des théories avec un français copieux souvent incompréhensible. Que fallait-il comprendre avec de tels agissements ? Fallait-il croire qu’il y a là une guéguerre de leadership? Oui, en effet, cela n’était pas à exclure. Tous tentaient d’occuper les premiers rangs pour  »défendre  » Mostaganem mais aucun ne proposait d’alternatives. Nous avions assisté à des échauffourées intenses pour paraître le plus éclairé du lot. Il y a parmi ces individus qui ont été responsables, chacun dans son secteur, ceux qui étaient attachés du cabinet du wali mais aujourd’hui ils se vantent avec un discours totalement dénigrant. C’est avec ces chamailleries sur le net et derrière un écran, que l’on veut se placer croyant le mériter uniquement pour être né à Mostaganem. Nous n’avons guère vu émerger une personne, ou un groupe porteur d’un projet avec des visions qui susciteraient un intéressement pour les citoyens de Mostaganem. Personne n’a encore suggéré un projet conforme à ses ambitions. Tenez-vous bien, certains groupes et associations passent beaucoup de temps à faire des constats, tantôt sur l’insalubrité, tantôt sur l’environnement, tantôt sur la santé, tantôt sur la culture et souvent sur des échanges inféconds. Le comble est que certains présidents d’associations croient promouvoir la wilaya juste en postant des aphorismes assis devant leurs ordinateurs. D’autres, ne sachant pas quoi faire de leur association, restent dans l’expectative sans parler à leurs collaborateurs et sans aucun bilan des années durant, on en est arrivés là, à Mostaganem. En voulant autopsier cette société civile qui s’était brusquement réveillée, on a assisté à une fièvre dans la création d’associations avec les mêmes membres qui ont trouvé goût à faire partie de toutes les organisations naissantes. Ce qui est déraisonnable c’est de voir sur facebook des gens qui ont pris la fâcheuse habitude de prendre en photos des malades en fin de vie, les exhibant aux internautes. Au nom de la solidarité et de la bienfaisance, la toile à Mostaganem a servi ces derniers temps à montrer la misère de certaines familles démunies. La gente féminine s’exprime affichant plutôt ses humeurs, ses joies à l’occasion d’un succès aux examens scolaires. Les félicitations d’anniversaires prennent beaucoup de place. Les élus (es) se retirent des réseaux une fois que la pression des critiques commençaient à s’amplifier. Et avec le départ de l’ex-wali, l’engouement a faibli et l’effervescence a baissé comme par enchantement. Enfin, ces groupes qui se regardent le nombril croyant lever des défis doivent revoir leurs fiches car Mostaganem a besoin d’actions concrètes. Mostaganem n’appartient qu’à son histoire.

À propos Charef Kassous

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