Accueil » Actualité » Journée mondiale contre le cancer: Des traitements, des survivants et des malades

Journée mondiale contre le cancer: Des traitements, des survivants et des malades

Pourquoi les ravages du cancer sont grandioses? Guérir du cancer «de mieux en mieux» est-il la parade? Prévenir l’est-il autant? Reste-t-il des progrès à faire? Autant de questions qui restent en suspens. Signes prématurés de vieillesse, malvie, pauvreté, mauvaise nutrition, stress, environnement malsain et non hygiénique, précarité des constructions, jamais le cancer n’a frappé aussi cruellement dans le monde. En dépit des qualificatifs que les spécialistes lui donnent, le cancer n’a jamais été aussi percutant et un sujet hyper sensible qui touche les économies des pays. C’est que le combat n’est jamais à sa fin, encore moins les moyens de prise en charge. On sait dépister mais la guérison n’est pas toujours acquise d’avance. Il va sans dire que les maladies du cancer occupent toujours les projecteurs du secteur de la santé publique au point de faire de la recherche sur ces maladies, une priorité quasiment absolue. La recherche, on le sait, donne de plus en plus de traitements et fait progresser la survie. Force cependant est de se demander si la Journée mondiale contre le cancer constitue une opportunité offerte sur un plateau pour rappeler à l’opinion et aux pouvoirs publics, les couches importantes de citoyens qui se plaignent encore de problème de cancer. C’est dire qu’il y a malheureusement de plus en plus de malades et d’urgence d’y faire face malgré les efforts. Le cancer ressurgit au grand jour et rappelle une atroce réalité qui met encore en difficulté les sujets atteints de cette pathologie qui tue parfois en silence. Combien même qu’il s’agit d’un ensemble de pathologies qu’on regroupe sous ce nom générique. Ce syndrome faut-il le rappeler a tué 8,8 millions de personnes dans le monde en 2015 selon l’OMS. Un tel chiffre de surcroît colossal, devrait logiquement interpeller à nouveau sur l’ampleur de la mortalité dans le monde en un âge précoce. Cela en fait la deuxième cause de mortalité mondiale, après les maladies cardiovasculaires. Le comble c’est que l’on survit de mieux en mieux grâce aux progrès de la médecine, mais le nombre de cas augmente. Certes, les progrès de la médecine ne sont pas à dénigrer. D’après l’OMS, il devrait bondir de 70% au cours des deux décennies à venir. Les experts et les spécialistes sont unanimes quant à la nécessité de poursuite de la recherche dans ce domaine précis: « On sait prévenir. On sait dépister. On sait guérir, de mieux en mieux. On sait comment prendre en charge. Et, au mieux, on fait du surplace dans la lutte contre le cancer », dit Christophe Leroux, délégué à la communication de la Ligue contre le cancer en France. Pour l’organisation qui fête ses 100 ans cette année, le combat n’est jamais fini. Il existe des facteurs qui expliquent la fréquence croissante de la maladie dans le monde. D’abord le vieillissement de la population, puisque le risque d’attraper un cancer augmente avec l’âge. Ensuite, il y a des facteurs structurels. Les ravages du tabac, premier produit responsable du cancer dans le monde. La « malbouffe », la généralisation dans le monde d’une alimentation industrielle qui fait progresser l’obésité, facteur de risque. Enfin l’industrialisation et l’urbanisation mal maîtrisées, à l’origine de cancers dus à l’exposition à des polluants comme l’amiante, les métaux lourds, les dioxines, les particules fines, etc… Une étude que vient de publier la revue Lancet, portant sur 37,5 millions de malades entre 2000 et 2014, montre que la survie progresse cependant. « Si l’on veut moins de morts de cancer, il y a deux moyens: premièrement une meilleure prévention, deuxièmement améliorer l’issue » pour les personnes atteintes, dit à l’AFP l’un de ses auteurs, Michel Coleman, épidémiologiste de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres. Pour le cancer du sein par exemple, la survie reste élevée dans les pays les plus riches de la planète (90% aux Etats-Unis, 87% en France par exemple), et elle a beaucoup augmenté dans les pays en développement. En Algérie par exemple, des données certes très incomplètes sont encourageantes: 77% des femmes atteintes survivaient en 2010-2014, contre 39% en 2000-2004. Et dans le cancer comme ailleurs, l’argent est le nerf de la guerre. L' »équité » est d’ailleurs le thème de cette Journée mondiale en 2018. Et les sommes nécessaires pour soigner le cancer sont si élevées que cette équité est très mal assurée aujourd’hui. « Il semble plausible que le coût mondial des traitements et soins du cancer en 2017 doit déjà avoir largement dépassé 300 milliards de dollars », d’après les chercheurs qui ont publié dans Lancet. Une autre étude, dans Cancer Epidemiology, estime à 46 milliards de dollars la productivité perdue chaque année dans les cinq pays des « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui concentrent 42% des morts du cancer. « Le manque d’accès aux traitements entraîne des morts prématurées qui auraient pu être évitées », souligne Sanchia Aranda, directrice générale du Cancer Council Australia. La recherche progresse pourtant, qu’elle soit fondamentale ou appliquée, avec de plus en plus d’études, de laboratoires, de traitements. En mai, le groupe de services à l’industrie pharmaceutique Iqvia recensait plus de « 600 molécules au stade final de développement » dans le monde, contre quelque 400, dix ans auparavant. Mais tous les malades n’en bénéficient pas aussi vite.

À propos B.Habib

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*