Infos
Accueil » Actualité » Emigration clandestine: 3.109 tentatives déjouées en 2017

Emigration clandestine: 3.109 tentatives déjouées en 2017

C’est un ultime appel au secours. De là à analyser la trajectoire asymptotique que prend cette folie qu’est l’émigration clandestine, on est forcé de croire qu’il s’agit d’une vraie politique d’échouage de cadavres de clandestins repêchés en mer que de toute autre chose. Ces dernières années, le fléau a poussé comme des champignons. Il a atteint une proportion inquiétante au point de faire réfléchir mille fois de jeunes algériens sur l’utilité de toutes ces traversées en mer vers le trépas! Ces Algériens qui risquaient leur vie dans des embarcations de fortune et de la mort en direction de l’autre rive de la Méditerranée. Quand on sait pertinemment les drames quotidiens en Méditerranée qui meublent les colonnes de la presse nationale et internationale. Un holocauste moderne. Les actions de contrôle des forces de l’ordre pour empêcher de telles tentatives de la part de nos jeunes relèvent moins d’opérations de véritable maintien de l’ordre que d’une complicité objective avec une politique inepte de l’Europe. A titre de comparaison, du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017, la LADDH a recensé plus de 3.109 tentatives d’immigration clandestine qui avaient été déjouées par les gardes-côtes algériens sur un littoral long de 1.200 km. Ces jeunes que l’on disait fuyards du chômage, dont le taux enregistré dépasse les 35%, outre la dégradation de niveau de vie aussi. Un pays renfermé par 70% de jeunes. Tandis que seuls 10% d’Algériens détiennent 80% des ressources du pays. Cette inéquation a fait ressortir des labyrinthes. Une situation très inquiétante. Elle confirme à tout le moins que les différences s’agrandissent entre les classes du peuple « de façon inédite dans l’histoire de l’Algérie », analyse la LADDH qui attire l’attention que ces chiffres de 3.109 tentatives d’immigration dont 189 femmes, 839 mineurs accompagnés ou bien non accompagnés, ne reflètent en aucun cas la réalité du terrain. La LADDH souligne qu’il s’agit uniquement de harragas qui ont été arrêtés. Autrement dit, ces chiffres ne tiennent pas compte de ceux qui sont morts noyés en mer lors de leur fatale aventure et qui n’ont jamais été repêchés. C’est le cas de ceux qui ont pu atteindre leur objectif en arrivant sur les côtes espagnoles ou italiennes. Aucune information, ni encore un chiffre ne sont, pour le moment, disponibles à propos de ces derniers. Cet état de fait conduit la LADDH, notamment le secrétaire national de la Ligue en charge de la communauté et des relations extérieures, Mahmoud Djenane, à prendre en charge ce lourd dossier, en absence de statistiques officielles .La LADDH a tenté de cerner le chiffre de ressortissants Algériens détenus à l’étranger en se basant sur les informations partielles collectées auprès des familles de détenus, dans les rapports des O.N.G, ces informations restent sûrement incomplètes et exigent plus d’efforts pour cerner de plus près ces chiffres de «plus de 17.500 algériens» qui sont détenus en Europe. Devant l’urgence de ce fléau et au nombre de victimes, la LADDH prévoit de mettre en place des actions luttant contre l’immigration illégale. Cela sera possible à travers des campagnes de sensibilisation des populations concernées sur les menaces et les dangers de cette pratique. Il s’agit aussi d’encourager les activités génératrices de revenus pour lutter contre le chômage et la précarité. La Ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme (LADDH) se sent seul dans le terrain sans moyen face à cet afflux de migrants dans plusieurs régions au large des côtes de 1.200 km, notamment à Annaba, El-Tarf, Chlef ,Mostaganem, Aïn Témouchent, Oran ou encore Skikda. Par ailleurs, M. Houarik Kaddour, président de la LADDH, est convaincu que ce phénomène en Méditerranée ne trouvera pas de solution avant qu’un dialogue ouvert avec une coopération économique équitable entre les pays de la rive (Nord-Sud) ; il faut faire un pas décisif pour la lutte contre les vraies causes de la migration clandestine et non seulement sécuritaires, que le vrai crime de l’immigration clandestine n’est pas celui de ces innocents si jeunes, morts en voulant vivre dignement. Le vrai forfait est celui de l’impossibilité qui leur est faite de circuler librement, un droit garanti aussi bien par le droit national qu’international et que bafoue une politique migratoire occidentale obsolète, devenue criminogène.

À propos B.Habib

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*