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Lutte contre le trafic de drogue: «On sait qui fait quoi»

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a affirmé vendredi qu’en matière de trafic de drogue « on sait qui fait quoi », soulignant que l’Algérien n’en est producteur. Dans un entretien à RFI, diffusé à partir d’Addis-Abeba et capté à Paris, le chef de la diplomatie algérienne a indiqué, à une question sur une « coupure » du dialogue entre l’Algérie et le Maroc dans la lutte contre le trafic de drogue, que le dialogue (entre les deux pays) « s’inscrit dans le cadre de la volonté politique des uns et des autres », faisant remarquer que l’Algérie « n’est pas un pays producteur de haschich, de drogue ou autre chose ». « Nous faisons en sorte que chacun essaie, par les moyens qu’il a, de lutter contre ce phénomène pour la stabilité de la région. Donc il va falloir que chacun fasse l’effort de son côté, sans qu’il n’y ait de grandes polémiques. On sait qui fait quoi et on sait qui est derrière quoi. Donc, ça, tout le monde le sait », a-t-il expliqué, faisant référence aux rapports des Nations unies « qui sont très, très clairs sur les trafics dans le monde ». Il a affirmé que c’est un phénomène mondial qui doit être pris en charge dans le cadre des Nations unies, « pour faire face à ce genre de fléau ». Le ministre des Affaires étrangères a rappelé, dans ce contexte, que lors de la conférence à Alger du Forum global de lutte contre le terrorisme, coprésidé par l’Algérie et le Canada, l’accent était mis sur le lien qu’il y a entre le crime organisé et la lutte antiterroriste. « Aujourd’hui, le problème se pose qu’au niveau du Sahel il n’y a pas d’autre source que les grands trafics. Donc il y a la drogue, il y a le trafic humain », a-t-il insisté, préconisant une coordination des efforts « dans le cadre des mécanismes au sein de l’Union africaine et de l’organisation sous-régionale à laquelle nous appartenons pour lutter contre ce phénomène ». Concernant la lutte contre la corruption en Afrique, le ministre a indiqué que les enjeux pour ce continent se présentent en termes de « comment l’Afrique peut récupérer son argent qui est placé un peu partout ? », l’évasion fiscale et le transfert illicite de capitaux », estimant que « ça se compte en milliards de dollars ». « Et je crois qu’on va aller peut-être au-delà, pour que les législations, au niveau de chaque pays, soient en adéquation avec cette volonté de lutter contre le phénomène de la corruption », a-t-il estimé, insistant sur l’adaptation des cadres juridiques de chaque pays « avec ses droits, pour qu’on puisse réellement combattre ce phénomène ». Effectivement, les défis de l’Afrique sont grands et pas faciles à relever avec une Afrique de ce niveau que l’on constate quotidienne. Une Afrique n’inspirant aucune fierté pour « ses » africains. Le ministre des Affaires étrangères avait surtout insisté sur les problèmes de l’émigration clandestine, sur les trafics d’armes, de drogues et des êtres humains, où il martèle sévèrement le royaume du Maroc. Il s’est attardé également sur un phénomène pas moins grave, celui des transferts illicites et effrénés des fonds – africains- vers les banques étrangères. Tous ces maux, «apparemment » africains, sont les conséquences logiques d’un système politique spécialement africain. Un système qui devrait produire que ce qu’il a produit actuellement, c’est à dire déboires et désillusions. Tant que le « pouvoir africain »- pour reprendre l’expression du penseur Jean Ziegler, est toujours atteint par les moyens des coups d’Etat et des conjurations, souvent en intelligence avec des puissances étrangères, extracontinentales, il ne faut pas se laisser candidement emporter par ses rêves. Je n’en doute pas qu’il existe en Afrique, des volontés sincères cherchant avant tout à refondre l’image de l’Afrique, mais cela restera trop insuffisant pour atteindre cette utopie. Les mauvaises volontés sont apparemment les plus puissantes. Le colonialisme est parti depuis plus d’un demi siècle, mais l’élan colonialiste continue à sévir dans les esprits des Africains.

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