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Préservation de l’emploi: Une priorité de l’Etat

Dans une conjoncture marquée par une optimisation de la dépense publique particulièrement en ce qui concerne les équipements pour faire face aux exigences de la préservation des salaires, il est devenu impératif que les partenariats publics-privés mettent leur grain de sel et ne ménagent aucun effort pour donner un sens concret à cette sauvegarde intergénérationnelle des emplois. Dans un environnement économique hostile marqué par la rude concurrence et la performance, il apparaît évident que des entreprises du secteur privé déficitaires mettent prématurément la clé sous le paillasson car n’arrivant pas à s’imposer sur le marché. Sur le plan des collectivités locales, l‘Etat a également pris en charge la question de la préservation des salaires des travailleurs des communes en difficultés et endettées par les entreprises publiques (Sonelgaz Seor, centres d’enfouissement, etc…) même si cela n’est que provisoire car la loi prévoit des prélèvements au titre de budgets supplémentaires (BS) sur la base des prévisions en matière de recouvrements. Cela a pour objectif de ne pas entraîner un perte de l’emploi et du coup une rupture par les organismes employeurs des cotisations, ce qui est perçu dans certains cas comme un préjudice pour la Trésor. L’Etat a pris en charge cette question au vu du nouvel environnement économique du pays. Il a instauré un taux d’intégration (participation) de 34% du secteur privé dans le capital du secteur public dans certains domaines. C’est que l’Etat n’est pas pour autant prêt à céder le moindre pourcentage du capital des entreprises stratégiques, allusion à la privatisation de la Sonatrach. L’Etat compte également opter en 2018 pour des subventions ciblées afin de réduire le fardeau de ses dépenses publiques colossales. En revanche, il a instauré un régime de contrôle de l’inflation et des budgets alloués par l’économie. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, n’a pas manqué à cet effet de rappeler le nouveau contexte économique qui plaide désormais pour une participation efficiente du privé dans les capitaux des partenariats avec le secteur public. Le ministre a en effet affirmé, mardi, que la préservation de l’emploi demeure une priorité pour l’Etat, même en cas de prise de participation d’entreprises privées dans des entreprises publiques dans des secteurs non stratégiques, dans le cadre du Partenariat sociétaire entre le secteur public et privé. « Le partenariat public-privé, prévu par la Charte du Partenariat sociétaire, n’est pas une privatisation, mais une prise de participation d’entreprises privées dans des entreprises publiques dans des secteurs non stratégiques et dans les limites qui sont connues. Dans ce cas, le maintien de l’emploi demeure une priorité pour l’Etat. Le privé ne peut agir en dehors des règles fixées par la loi », a indiqué le ministre sur les ondes de la radio nationale. Tout compte fait, le ministre précisera que la prise de participation du privé ne peut excéder les 34% du capital des entreprises publiques dans certains secteurs. M. Raouya a toutefois, tenu à remettre les pendules à l’heure en précisant que l’Etat n’est pas prêt à céder le moindre pourcentage du capital des entreprises publiques relevant des secteurs stratégiques comme celui de l’Energie dont les hydrocarbures, ou des Transports. Par contre, a-t-il poursuivi, le secteur privé pourrait intervenir dans les domaines de l’infrastructure (réalisation de stades…). Evoquant la question de la révision de la politique des subventions, le ministre a estimé que les dépenses des transferts sociaux (1.760 milliards de DA en 2018) demeurent lourdes: « C’est trop », a-t-il observé. Il a avancé que l’Etat continuera, en 2018, à travailler pour revoir cette politique afin de « mieux cibler » ces subventions. Concernant le commerce extérieur et les mesures prises pour la suspension de l’importation de certains produits, M. Raouya a souligné que ce dispositif est conjoncturel, et ce, « pour mettre fin à l’importation anarchique, retrouver l’équilibre de la balance commerciale et rendre notre économie plus solide d’ici deux à trois années ». A propos des éventuelles conséquences inflationnistes de l’application du financement non conventionnel, le ministre a assuré que l’Etat a accompagné cette mesure par des mécanismes de contrôle rendant possible la maîtrise des sommes injectées dans l’économie nationale ainsi que de l’inflation dont le taux prévu pour 2018 est de 5,5%. Le ministre a, par ailleurs, écarté l’éventualité d’un changement de la monnaie nationale pour drainer les capitaux circulant dans le secteur informel. Il a expliqué que cela « ne peut être possible si la masse de cet argent n’est pas suffisamment connue ». Mais selon le premier argentier du pays, l’Etat « mène la politique du bâton et de la carotte pour inciter les détenteurs de cet argent informel à intégrer le secteur formel ». Interrogé sur la hausse des prix du pétrole dans les marchés mondiaux et son impact sur l’économie nationale, le ministre a considéré que si cela permettrait de réduire le déficit budgétaire ainsi que le déficit commercial, l’Etat doit, cependant, « toujours agir avec prudence face à l’instabilité des marchés et ne pas écarter un autre recul des prix ». S’agissant de l’impôt sur la fortune, qui était prévu dans le projet de loi de finances 2018 mais supprimé par l’APN en raison, selon sa Commission des finances, des « difficultés techniques » de son application, M. Raouya a fat valoir que « le Parlement est souverain dans sa décision », ajoutant que cette mesure pourrait être introduite dans les prochaines lois de finances une fois sa mise en application effective sera possible.

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