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Officialisation de Yennayer comme fête nationale: Une décision Historique!

Yennayer, premier jour de l’an berbère, célébré dans toutes les countries d’Algérie et l’Afrique du nord est enfin officialisé par le Président Abdelaziz Bouteflika. En effet, le Président de la République, a annoncé, mercredi lors de la réunion du Conseil des ministres, sa décision de consacrer Yennayer journée chômée et payée dès le 12 janvier 2018. « Cette mesure comme toutes celles déjà prises au profit de notre identité nationale dans sa triple composante islamique, arabe et amazighe, confortera l’unité et la stabilité nationales, alors que des défis multiples internes et régionaux nous interpellent », a tenu à souligner le Président Bouteflika. Selon le communiqué rendu public à l’issue du Conseil des ministres, le Chef de l’Etat a également «enjoint au gouvernement de ne ménager aucun effort pour la généralisation de l’enseignement et de l’usage de tamazight, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution». Comme il (le président de la République) a chargé le gouvernement «d’accélérer la préparation du projet de Loi organique portant création d’une Académie algérienne de la langue amazighe ». Cette décision est ainsi qualifiée unanimement par les acteurs politique et de la société civile «d’historique», qui s’inscrit dans le cadre «d’une vision éclairée visant à consacrer les valeurs nationales et qui vient encore renforcer les fondements de l’identité algérienne et l’unité nationale, une réponse aux aspirations des citoyennes et citoyennes à travers le territoire national».

L’histoire retiendra que sous l’ère du président Bouteflika que Tamazight est consacrée Nationale en 2002, officielle dans la dernière constitution et maintenant vient cette officialisation de Yennayer comme un parachèvement de la consolidation des fondements de l’identité nationale et qui vient se greffer comme empreinte glorieuse à l’histoire antique de l’Algérie. Des personnalités commentent cette décision de consacrer Yennayer journée chômée et payée et celle de la création de l’Académie algérienne de la langue amazighe en voyant qu’elles «vont dans le sens de la préservation de notre héritage identitaire». Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA) a, pour sa part, salué cette mesure en rendant hommage au Président Abdelaziz Bouteflika pour sa décision, à travers laquelle «il réaffirme, encore une fois, qu’il est toujours au rendez-vous avec l’Histoire, porteur d’une vision d’avenir au service de la stabilité du pays et de l’unité nationale». Des anciens animateurs du Mouvement Culturel Berbère (MCB) et des partis de l’opposition estiment qu’ «enfin Yennayer prend la place qui lui sied, c’est un autre acquis historique du combat identitaire qui doit être parachevé par la mise en place de l’Académie de la langue amazighe qui assurera sa promotion». Pour le Front des forces socialistes (FFS), «cette décision est le fruit d’un long combat mené par le FFS depuis toujours en faveur de la promotion de la langue et de la culture amazighes. Seule la lutte pacifique paye». Cette officialisation de Yennayer coupera ainsi l’herbe sous les pieds de beaucoup de politiques qui ont utilisé la langue amazighe, la culture berbère et les éléments de l’identité nationale comme fond de commerce, une revendication socle de leurs existences. Il convient de rappeler qu’à l’instar des peuples de l’Afrique du Nord, l’Algérie célèbre le jour de l’an amazigh, une fête populaire dont l’origine remonte à l’antiquité est spécifique à Tamazgha qui la célèbre sur chaque parcelle de son territoire. Les innombrables invasions et colonisations n’ont pu l’effacer ou même gommer et dissoudre l’identité amazighe. Si les coutumes et us sont différents mais le 12 janvier reste le même partout, il est synonyme du début de l’année Amazigh. Yennayer, est aussi le premier jour de l’an du calendrier agraire utilisé depuis l’antiquité par les Berbères à travers la Numidie, il correspond au 12 janvier de chaque année. L’an zéro du calendrier berbère est fixé en références aux premières manifestations connues de la civilisation berbère, au temps de l’Egypte ancienne, lorsque le roi numide Chechonq 1er (Cacnaq) fondateur de la 22e dynastie égyptienne prit le trône et devînt pharaon en Egypte. Selon les historiens, ce même roi, avant d’envahir la Palestine, réunifia l’Egypte et à Jérusalem, il s’empara de l’or et des trésors du temple de Salomon (un grand évènement cité dans la Bible). «L’ère Chachnaq» compte les années à partir du 950 avant Jésus Christ. Etymologiquement, Yennayer est composé de «Yen» signifiant Premier et «Ayer» qui veut dire Mois. Il faut dire aussi que Yennayer est la seule fête non musulmane commune à tous les peuples d’Afrique du Nord et dans chaque région, elle donne lieu à des festivités diverses et à des repas familiaux concocté traditionnellement. Ainsi, l’on raconte que cette fête est célébrée anciennement par de multiples préparatifs en Kabylie où, raconte-t-on, «les femmes se chargent, la veille de Yennayer, de recouvrir les murs à la chaux « aruccu s tumlilt » et changent le trépied du feu (lkanun) ». Un rituel, qui se fait deux ou trois jours avant Yennayer dans les Aurès et porte le nom de « bu ini » (jour du trépied). Ces préparatifs, nous dit-on aussi, se terminent surtout par un grand nettoyage intensif et afin d’assurer l’abondance de la nouvelle année, on verse des céréales entre les jarres en terre, Cette notion d’abondance souhaitée et préparée pour conjurer le sort se retrouve dans le repas de Yennayer dont le mets principal reste le couscous de blé. Si la tradition de coiffer les garçons en ce premier jour de Yennayer a disparu ces derniers temps la célébration de cette date reste, par contre ancrée. Ainsi dans la région de Kabylie, comme par ailleurs en Kabylie, c’est toute la famille qui prend part à la célébration du nouvel an Amazigh, ce dernier est attendu avec allégresse dans tous les foyers et pour la circonstance un plat simple, symbolique, est préparé. Il s’agit d’un Couscous au poulet, des crêpes comme on prépare aussi Uftiyen, une soupe préparée à partir des poix chiches, fèves et des pois cassés, une manière de souhaiter une année féconde et fertile dans le domaine agricole. Dans les Aurès, on célèbre cette date par la récolte dans les champs des genets (UZZU) qu’on expose sur les habitations, un geste que les Chaouis font pour repousser la malédiction. Une tradition fêtée aussi avec faste dans la région de Tlemcen et exactement à Beni Senous où un Carnaval annuel est organisé et chez les habitants de l’Ahaggar, la célébration de Yennayer varie d’un lieu à l’autre, on raconte que les femmes et les hommes se payent de nouveaux vêtements et la veille de Yennayer, les jeunes passent la soirées en chantant et dansant et les jeunes filles, quant à elles, c’est une journée où elles reçoivent des cadeaux de valeur. Dans cette région des hommes Bleus, des repas copieux sont préparés pour l’occasion comme le Kasbasu (Couscous), Tagella (pain), Talabagt (Viande hachée) et Aghache (jus). Le 12 janvier 2018, premier jour de Yennayer, première fois chômé et payé en Algérie, sera aussi le premier Mois du calendrier Amazigh et nous serons cette année en 2968.

À propos Hocine Smaâli

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