Accueil » Actualité » Le centre Carnegie pour le Moyen-Orient dans une analyse sur la déradicalisation: L’approche algérienne servira de modèle mondial

Le centre Carnegie pour le Moyen-Orient dans une analyse sur la déradicalisation: L’approche algérienne servira de modèle mondial

Le djihadisme réalité ou mythe ? Quel que soit les qualificatifs qu’on lui donne, c’est, avant toute chose, un phénomène social. C’est ce que révèle, en tous cas, un Centre international d’études sociologiques établi à Beyrouth. Il propose le « modèle algérien » de lutte contre la radicalisation. Ce centre pour la paix est aussi spécialisé dans les phénomènes du jihadisme et de radicalisme religieux. Il est catégorique sur l’expérience algérienne. Quel meilleur et aussi prestigieux centre d’études international pour illustrer ce modèle algérien que le Carnegie pour le Moyen orient ? Ce centre développe en effet une formidable synthèse sur les travaux et expériences les plus importants accomplis à travers le monde qui ont œuvré et contribué à lutter contre la déradicalisation. Il laisse entendre que l’Algérie a compris que la réponse militaire n’était pas la seule option de déradicalisation. En alliant les approches sociales (programmes de développement) et politique (la Charte pour la paix), l’Algérie a, non seulement réussi à résister et lutter contre le phénomène mais fait mieux. Le pardon et l’insertion en milieu professionnel étaient l’un des maillons de cette option unique en son genre. Elle a balayé d’un revers le risque d’une transformation du phénomène du radicalisme en une autre forme beaucoup plus dangereuse. Mieux, cette expérience est « un point de départ » selon le Carnegie qui semble, pour ainsi dire, séduit par la méthodologie de l’Algérie dans le domaine sécuritaire. C’est dire qu’un désengagement sur le plan politique pouvait coûter cher. A première vue, c’est le savoir faire algérien dans le domaine de déradicalisation qui est pris comme un référent. Figurez-vous, cette expérience algérienne a bel et bien émergé du lot. Comme quoi, l’Algérie en sait de ce dossier étant donné qu’elle avait payé un lourd tribu en matière d’éradication de ce fléau. Mais, c’est avant tout, une solution politique et sociale que cette éradication a été rendue possible en Algérie et dont les résultats n’ont pas tardé à donner leurs fruits sur le terrain. Une nouvelle fois, l’expérience algérienne en matière de déradicalisation est revenue sur la scène internationale. Une expérience qui servira de « modèle de référence » pour d’autres initiatives de désengagement dans le monde, a indiqué le centre Carnegie pour le Moyen-Orient dans une analyse publiée vendredi. Cette publication intitulée « une vie après le djihadisme », tente de dégager des solutions au problème de radicalisation sur la base des expériences vécues par les pays. Si jusqu’ici, « il n’existe aucun modèle ou programme idéal pour le désengagement des djihadistes (…) l’expérience algérienne constitue un point de départ utile pour développer des initiatives de déradicalisation ailleurs », dans le monde, souligne ce centre basé à Beyrouth et relevant du Think Tank Washingtonien Carnegie endowment for international peace. Et d’ajouter « une leçon doit être tirée de l’expérience algérienne, c’est que la réponse militaire n’est pas suffisante en soi » car « le djihadisme est avant tout un phénomène social ». Il considère que l’incapacité à l’affronter sur le plan social pourrait l’aider à resurgir sous une autre forme. « En Algérie, les autorités ont retenu une approche très différente en adoptant des méthodes plus conciliantes y compris une trêve, un processus de réconciliation nationale, des programmes de désengagement et de réhabilitation, ainsi que des investissements dans le développement », explique ainsi Dalia Ghanem-Yazbeck, l’auteur de l’analyse. « Aujourd’hui, l’Algérie, avec la combinaison d’approches rigoureuse et douce (à la fois), fournit un exemple réussi pour neutraliser » le terrorisme, relève-t-elle. En 1995, « le retour de l’Algérie au processus politique pluraliste a permis la réintégration de toutes les parties dans la vie politique » en accordant aux « égarés » une voie pacifique pour s’exprimer en alternative à la violence, note l’analyste. La loi sur la Rahma (Clémence) a incité près de 2.000 « terroristes » à déposer les armes durant la période 1995-1996. De manière plus significative, les efforts de réconciliation se sont poursuivis par l’adoption en 1999 de la loi sur la concorde civile et ont été couronnés en 2005 par la charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée par référendum populaire, rappelle encore l’analyste. Le dispositif offre l’extinction de toutes les poursuites judiciaires contre les terroristes qui acceptent de déposer les armes à l’exception des personnes ayant participé à des crimes, des massacres, à des attentats explosifs ou à des viols ». « Ce processus a permis de restaurer la foi et la confiance des Algériens en leurs dirigeants », constate l’analyste. La charte a contribué à contrer la rhétorique extrémiste en donnant l’occasion aux repentis de s’exprimer sur les effets négatifs de l’action terroriste et en les encourageant à parler publiquement de leurs expériences dans les groupes armés et des raisons de leur désengagement, met-elle en exergue. Il y a aussi l’appel des repentis à mettre un terme à la violence. Il a aussi contribué à « humaniser » les terroristes (…). Le dispositif a été assorti de compensations financières en faveur des « victimes de la tragédie nationale », y compris aux familles des terroristes, souligne le Think Tank. Il relève que la réhabilitation professionnelle des repentis visait à les réintégrer dans la société. « La compensation financière et les possibilités d’emploi visaient à limiter les difficultés économiques et à décourager la récidive, en offrant aux repentis un sentiment d’appartenance et de citoyenneté », écrit Carnegie. « Les initiatives du gouvernement ont privé les djihadistes d’un vivier de recrutement potentiel en offrant une alternative au djihadisme », conclu le Think Tank.

À propos B.Habib

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*