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Point de Vue: La réflexion entre fétichisme et tabou

Dans l’usage quotidien de la langue, le maximum d’insociabilité se trouve compatible  avec «le culte du silence» où le sujet est parlé plutôt qu’il ne parle pour reprendre Lacan. La pente monolithique réfractaire à la subjectivité traduit la méconnaissance de l’individualité qui ne peut que faire le deuil de la liberté d’expression encore à l’état embryonnaire. Le point de départ de notre point de vue démontre que le modèle traditionnel basé sur «la clôture dogmatique» continue de conserver par cette «ignorance sacrée». De ce fait, l’autonomie de la pensée enfermée dans un embrigadement stérile ne cesse d’anesthésier la rationalité, et on ne peut être que persuader qu’en l’absence de correctif qui permet le dialogue où la controverse, le raisonnement de chaque sujet est menacé par le délire. Les pistes de plus en plus égarent lorsqu’on essaie de déconstruire la paternité islamique qui sert de guide en se fourvoyant dans le vide, ou le bavardage stérile qui favorise l’enlisement dans la confusion. Ceci dit, face à l’édification des ténèbres que propulse le discours islamiste en dirigeant son flair dans la détresse infantile, le climat «intelecticide» prôné par l’élite patauge dans la surcompensation narcissique et l’inhibition qui jette une lumière nouvelle sur la rigidification de la répulsion à l’égard des sciences sociales. Celles-ci seront marquées par un sentiment de culpabilité qui nourrit davantage cette forme de prolétarisation de l’imaginaire. Le fait de soulever des questionnements devient limite risible par une frange de la société qui se dit pré- moderniste. Vouloir dégager les sentiers de l’énonciation pour tracer le chemin d’une discussion qui questionne l’imaginaire peut relever de la gageur, car la dite énonciation forme inéluctablement un bon couple avec la renonciation. Face à ce sentiment de culpabilité qui se positive, la question demeure la suivante, devant l’aporie qui structure l’imaginaire leurrant? Serait-il utile d’inoculer un bon usage du ludique pour faire passer le message? Ne pas vouloir se démarquer de la réalité sociale, le choix de l’impertinence s’inscrira dans le champ de la résignation active qui pose les questions suivantes? Est-ce que les acteurs du changement ne trouvent-il pas eux même ? Une jouissance à se complaire dans cette «servitude volontaire» qui devient «salutaire»? Ne pas vouloir se faire violence pour bousculer ses méninges favorise une forme de lassitude émotionnelle qui essaie de rationnaliser cette mollesse psychique. A cet égard, la citation de Sartre est fort éclairante qui disait que «nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation allemande». Le fait de ne pas accepter d’admettre que la question de l’inconscient est une affaire de passe de Un à un, la dynamique spongiforme du collectivisme trouve une certaine attraction à façonner son imaginaire dans la culture sur mesure, en s’abritant dans le courant culturaliste pour asservir davantage cet imaginaire leurrant en lui administrant une pré trouvaille entrouverte qui combine le local et l’international. Face à l’islamisation forcenée des sciences sociales, l’hégémonie culturelle de Gramsci a été dépréciée elle a trouvé refuge dans le surmoi islamiste, l’intellectuel francophone rongé par un sentiment de culpabilité va essayer de transposer son idéal à l’égard de la théorie culturaliste en expliquant que les matériaux de l’analyse sociologique occidentale ne nous permettent pas de comprendre notre monde dans sa complexité. Prenons le cas du sociologue Djamel GUERID, même si la richesse de ses analyses se situaient aux antipodes de l’islamisme et l’anti occidentalisme, l’élaboration de sa théorie sur un nouvel universalisme réellement universel se morfond dans le courant culturaliste qui a montré ses limites aussi.

À propos Adnan Mouri

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