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Devoir de mémoire et une pensée à nos chouhadas: Le 17 octobre 1961 (crime d’Etat à Paris)

Couvre-feu, arrestations de personnes innocentes, noyades.  En 1961, le préfet de police,  Maurice Papon, et ses fonctionnaires étaient responsables dans la tuerie d’Algériens, jusqu’au drame du 17 octobre 1961, qui fit près de 300 morts. Durant l’événement tragique du 17 octobre 1961 à Paris, j’avais à peine 14 ans, dont je retiens toujours ce souvenir horrible qui a duré plus de 56 ans. Aujourd’hui, il est de notre devoir : il s’agit de l‘écriture de l’histoire. L’écrire pour nos enfants de l’indépendance afin que nul n’oublie les grands hommes (chouhadas et qui sont encore vivants) qui ont payé de leur vie et arrosé de leur sang la terre sacrée de l’Algérie. Le mois de mai 1956, Maurice Papon était déjà inspecteur général de l’administration, pour la région de l’Est algérien. Mai 1958, il  fut nommé préfet de police de Paris par le gouvernement Félix Gaillard. Après son installation, ce raciste de raton est devenu un omnivore qui a trempé ses aliments dans l’eau avant de les manger ; c’était un «Coati» qui appartenait à une famille des «procyonidés». Le 02 octobre 1961, dans la cour de la préfecture de police, le meurtrier Papon proclame devant les services de sécurité français: pour un coup reçu, nous en porterons dix ! Dans les rangs de la police, ce tyran domestiqué par ses paroles injustes et cruelles qui ont été  comprises comme un encouragement à tuer des Algériens qui étaient innocents. Le même jour, Papon est devenu l’auteur des massacres envers nos compatriotes ; ce coupable de crimes en visite dans un commissariat, déclara aux policiers présents: «Vous devez être subversifs  aussi dans la guerre qui vous oppose aux autres… vous serez couverts, je vous donne parole». Le 05 octobre 1961, par un communiqué, le préfet de police de Paris et du département de la Seine, Maurice Papon, annonce l’instauration d’un couvre-feu de 20h30 à 5h30, qui s’applique à tous ceux qu’il qualifie tour à tour de «travailleurs musulmans d’Algérie» ou de «Français musulmans d’Algérie». Ils sont 150.000 environ dans la région parisienne. Dans la journée, ils ne peuvent plus se déplacer qu’isolement et les cafés qu’ils fréquentent, doivent fermer à 19 heures. Tout au long du mois de septembre 1961, la police française a puni et frappé durement la population immigrée algérienne. Les rafles dans les rues, les descentes dans les hôtels sont quotidiennes et accompagnées d’humiliation et de violences. De plus en plus fréquemment, il arrive que des policiers, la nuit, conduisent des Algériens au bord de la Seine ou des canaux, leur lient les mains, les assomment et les jettent à l’eau afin de les noyer. Avec l’instauration du couvre-feu en octobre 1961, il y a eu  presque chaque jour des cadavres d’Algériens. Ce criminel Maurice Papon avait reçu carte blanche à l’époque du général de Gaulle pour empêcher la tenue des rassemblements. Pour cela, il dispose de 7.000 gardiens  de la police parisienne de 1.900 CRS et gendarmes mobiles. Le 17 octobre 1961 à Paris, la police française a trempé dans l’eau de la Seine avant de les tuer ces innocents algériens qui n’étaient pour rien dans les événements dont ils ont souffert par cette attitude cruelle et féroce. Dans la nuit de cette date et qu’on ne peut pas oublier, beaucoup de travailleurs algériens, mais aussi marocains ou tunisiens qui rentraient chez eux, ignorant tout des manifestations, sont embarqués. Très vite, la violence de nombreux policiers français éclate. L’attitude des policiers n’est pas celle d’hommes qui ont peur, mais d’individus qui donnent libre cours à leur haine pour la violence et leur encadrement de la préfecture de police les laisse agir avec préméditation. Comme les cars de police ne suffisaient plus à transporter les personnes raflées, le préfet de police Papon réquisitionna des autobus de la RATP avec leurs chauffeurs. Quand ils reviendront dans leurs dépôts, ces véhicules seront couverts de sang. Le préfet de police a réquisitionné le palais des sports de la porte de Versailles ainsi que le stade de Pierre de Courbertin ; de nombreux policiers ont matraqué des Algériens avec la volonté de tuer ; d’autres personnes parcourent pacifiquement les grands boulevards, de la République à l’Opéra, sans faire d’incident quand soudain sur le boulevard Bonne Nouvelle, des policiers ouvrent froidement le feu sur la foule, d’autres chargement et frappent. Il y a des morts. Au pont de Neuilly que veulent franchir les manifestants venus des bidonvilles de Nanterre, plusieurs policiers et des supplétifs font usage de leurs armes, faisant des morts. Sur le boulevard Saint Michel, des policiers tirent. On relève morts et blessés. Du haut de plusieurs ponts, des Algériens sont précipités dans la Seine et noyés. Dans la cour même de la préfecture de police, les Algériens raflés sont entassés et subissent de froides violences. Certains policiers français étranglent des Algériens avec des cordes. Dans la nuit, des policiers écoeurés par ce qu’ils ont vu, vont trouver Claude Bourdet, ancien membre du conseil national de la résistance et ex-dirigeant du mouvement combat, pour lui faire savoir qu’environ 100 Algériens avaient été tués dans la cour de la préfecture de police puis jetés à la Seine. Le 27 octobre 1961, devant le conseil municipal de Paris réuni en session extraordinaire, le barbare Maurice Papon fait tout pour qu’échouent les demandes de commission d’enquête et ne répond pas aux questions très précises posées par Claude Bourdet. En réalité le nombre des victimes algériennes assassinées est au minimum de 300 morts, ce qui reconnaît Constantin Melni, à l’époque conseiller du Premier ministre Michel Debré pour les affaires de police. En ce début de l’année 2017, il y a eu la première visite d’Emmanuel Macron en terre algérienne, celui-ci avant d’être élu en sa qualité de président français, a déclaré devant les médias algériens et français qu’il y a eu ce massacre du  17 octobre 1961 envers nos chers compatriotes exécutés froidement avec une totale inconscience par Maurice Papon, ancien préfet de police de Paris. Suite à cette tragédie impardonnable, tout Algérien et Algérienne ainsi que la majorité du mouvement sportif national, demandons impérativement au gouvernement français la réparation de cette grande faute commise et préjudice moral de ces crimes contre l’humanité envers nos chouhadas et fixer définitivement cette injustice qui a trop duré.

Par Mr Hansal Mohamed                                                                                                                                                Ex-arbitre international

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