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Examen et adoption du plan d’action devant la Chambre Basse: Ouyahia réussira-t-il son test décisif?

Ahmed Ouyahia remet au goût du jour, hier, devant les élus de la Chambre Basse, le triste scénario du recours de l’Algérie au FMI pour payer ses dettes en 2005 qui ont plafonné les 10 milliards de dollars. La dette a atteint 20 % du PIB. Le fonds de régulation des recettes est aussi passé au crible par rapport au déficit enregistré. «Un grand hommage aux hommes et aux femmes de la presse pour leur noble profession sans oublier tous les martyrs de l’Algérie», a annoncé Ahmed Ouyahia bien avant de décortiquer son Plan d’Action. Le Plan d’Action qu’est la feuille de route du gouvernement, selon son initiateur connu pour ses positions éradicatrices face au terrorisme, veillera à la préservation de la sécurité, de la stabilité et de l’unité du pays et à la modernisation de la gouvernance. Tous les corps de sécurité sont interpellés afin de mettre tous leurs moyens et arsenaux et les déployer pour pallier au terrorisme et préserver la sécurité. Une option sur laquelle il a focalisé pour venir à bout de ces semeurs de violence. Un volet important est consacré notamment à notre communauté nationale à l’étranger. Nonobstant le terrorisme résiduel, rétorque-t-il, «la vigilance est de mise pour éviter le dernier scénario et attentat ayant secoué la ville de Tiaret». Tous les acteurs sont interpellés à offrir aux jeunes un cadre serein pour leur éviter de verser dans les fléaux et maux qui gangrènent notre société.
Le dialogue social est une condition sine qua non pour rester à l’écoute des doléances des uns et des autres. Le scepticisme est de rigueur dans son discours, raison pour laquelle il est interpellé à adopter la prudence en dépit de sa volonté de nous annoncer une bouée de sauvetage. Ira-t-on vers le financement non conventuel auprès de la Banque centrale pour financer les dettes du pays pour une période de 03 années ? Le recours au financement non conventionnel sera dédié, exclusivement, selon ses propos, pour le budget d’investissement de l’Etat et non pas pour les dépenses de fonctionnement. Un plaidoyer concernant cet axe a été lancé depuis la tribune de l’APN pour mettre un bémol aux rumeurs colportées par certains experts. L’on s’interroge s’il y a péril en la demeure en l’absence de liquidités dans nos banques publiques. Il s’agit de 07 axes fondamentaux qu’il a énumérés pour apaiser les esprits des Algériens et des experts surtout pour faire sortir le pays de sa crise, entre autres: «Nous vaincrons cette crise et sortiront de ses griffes dans les 05 ans à venir sans recourir au FMI et ses conditionnalités», lâche-t-il, non sans ambages, devant les présents en cette plénière consacrée à l’examen puis à l’adoption de son plan d’action adopté par le dernier Conseil des ministres. Un message d’espoir et de sérénité politique a été adressé par lui au peuple algérien en cette conjoncture économique difficile. Cependant, ce Plan d’Action constitue une véritable feuille de route pour la poursuite de la mise en œuvre du programme du président Bouteflika, lancé en 2014 et s’articule autour de plusieurs axes, notamment la consolidation de la démocratie, la préservation des acquis sociaux et la promotion d’une économie diversifiée libérée de la dépendance aux hydrocarbures. Il s’agit, invraisemblablement, de réfléchir à comment booster certains secteurs en cette période de crise financière marquée par la chute des prix du pétrole. A travers ce plan, le gouvernement œuvrera à la consolidation des progrès réalisés dans le développement humain, la préservation du potentiel de défense nationale ainsi que l’animation d’une politique étrangère définie par le président de la République dans le respect des constantes diplomatiques du pays. Au volet économique, le gouvernement a prévu une série de mesures visant l’amélioration de la Gouvernance financière du pays grâce à la modernisation de l’administration des finances, du secteur bancaire et du marché financier, dont notamment une nouvelle mesure qui consiste au recours exceptionnel et transitoire au financement non conventionnel destiné exclusivement au budget d’investissement. Pour ce qui est des finances publiques, la démarche du gouvernement s’articule sur trois axes, à savoir la maîtrise de la dépense publique, l’amélioration de la collecte des ressources fiscales ordinaires, ainsi que l’amélioration de la gestion du domaine public de l’Etat. A l’évidence, le gouvernement poursuivra la démarche de redressement des équilibres du budget de l’Etat, en s’appuyant sur la feuille de route adoptée par le Conseil des ministres en juillet 2016. Cette feuille de route prévoit plusieurs réformes qui se déclinent à travers une réforme de l’administration fiscale pour améliorer les recouvrements, la mise en place de la fiscalité locale, une gestion pluriannuelle du budget de l’Etat, une rationalisation des dépenses publiques limitant au maximum les dépenses de fonctionnement et une réforme de la politique des subventions publiques. Dans le but de maîtriser les dépenses budgétaires, la démarche du gouvernement s’appuiera sur la rationalisation des dépenses publiques de subvention au profit de la population, l’amélioration de l’environnement des affaires et la facilitation des investissements productifs des biens et services figurent également parmi les priorités du Plan d’Action du gouvernement en vue de maintenir la dynamique de la croissance et la progression dans le développement des exportations hors secteur des hydrocarbures. A en croire la feuille de route d’Ouyahia, celle-ci serait une bouffée d’oxygène pour trouver une sortie à l’impasse financière qu’a connue le pays, poursuivre le processus de développement et préserver la politique sociale, la justice sociale et la solidarité nationale. Il est aussi question d’encourager la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, l’exportation, sans oublier le soutien à l’agriculture par l’octroi de fermes pilotes pour les investisseurs pour éviter la dépendance alimentaire du pays et enfin le tourisme considéré au côté de l’agriculture comme fer de lance de la croissance pour cette ère d’après pétrole. Des défis sont lancés et tous les acteurs concernés sont interpellés y compris les walis d’être des vrais garants de la sécurité et des doléances des citoyens et par la préservation des acquis sociaux sans oublier les retraités et les Moudjahidine. Dans les coulisses de l’Assemblée, les débats ont surtout porté sur le comment concrétiser ces réformes en l’absence de financement des projets surtout concernant les transferts sociaux en cette période cruciale. Ahmed Ouyahia saura-t-il contenir la marasme et maintenir la paix sociale? Autant de questions qui taraudent l’esprit de ceux que nous avons croisés dans les coulisses. Les débats se poursuivent justement sur cette option dans ces travaux en plénière. Après la présentation de son plan d’action, les députés poursuivront les débats jusqu’à mardi, date à laquelle les présidents des groupes parlementaires devront intervenir sur le contenu de ce dossier. La journée du jeudi sera consacrée à l’intervention du Premier ministre qui répondra aux questions des députés, avant de soumettre le plan d’action du gouvernement au vote des députés le jour-même.

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