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Point de Vue: Laxisme

Gh’nem bla ra3i». Voilà une expression du terroir utilisée pour exprimer un état des lieux affligeant, où le manque d’organisation et de discipline fait cruellement défaut, dans une société où les membres sont censés vivre dans le respect de règles qu’ils ont eux même élaborées. L’inobservation de ces règles trouve malheureusement et indéniablement une large part de ses causes dans l’absence de l’autorité publique sur le terrain. Les exemples de cette situation néfaste foisonnent autour de nous et nous interpellent continuellement. Première vision qui agresse le regard est cet amoncellement de détritus et d’ordures ménagères qui n’épargne pratiquement aucun recoin de la cité. Rien n’est plus répugnant que de devoir supporter la présence de ces saletés à longueur de journée. Cela ne semble pas pour autant constituer le moindre souci pour les responsables chargés de remédier à cet état de fait. C’est sidérant ! Autre fait saillant dans cet univers de non droit : l’invasion de tous les espaces publics par le commerce informel, trottoirs, rues, places, bordures des axes routiers, pas un seul pouce n’est épargné, alors que des infrastructures tout à fait appropriées (marchés de proximité) ont été réalisées à grand coup de frais pour abriter et légaliser justement ces activités. Ce même contexte nous amène droit à évoquer le grand scandale qui revient chaque été, comme une nargue à la face des pouvoirs publics, prompts à nous ronronner chaque début de saison qu’ils vont se faire forts d’interdire toute occupation illégale des plages ; par des individus n’ayant cure de la règlementation. Mais au moment de vérité, c’est la politique de l’autruche qui est de rigueur devant le règne de la loi du plus fort ! Dans cet ordre d’idée, comment ne pas dénoncer ces nuisances sonores causées par les fêtes de mariages à des heures tardives, où tambours, trompettes, karkabous et tirs de baroud déchirent le silence de la nuit et interdisent tout repos aux travailleurs, personnes âgées, malades et enfants en bas âge ? Tout cela était soumis naguère à des autorisations en bonne et due forme, et n’allait jamais au-delà des heures fixées par ces documents, sous peine de sanctions pécuniaires sévères. Quant aux « parkingueurs » nous dirons tout bonnement qu’il s’agit là d’une main mise pure et simple sur les voies et places publiques, par des gardiens autoproclamés de voitures, qui vous font payer bon gré mal gré une « taxe » pour pouvoir stationner votre véhicule sur la voie dite publique, sous la menace d’un gourdin bien mis en évidence! C’est comme cela que font surface les signes du dépérissement de l’autorité publique, c’est pour cela que l’on assista à un quasi lynchage d’un supposé voleur, dans l’enceinte même d’un marché hebdomadaire de la Wilaya de Mostaganem, le vendredi dernier. Si une société commence par perdre l’exercice de son droit régalien de dire et d’appliquer la justice, et que quelques uns de ses membres se substituent allègrement à elle et n’y voient aucune anormalité, elle ne peut plus se prévaloir d’un quelconque modèle de civilisation moderne.

À propos Dadi Benani

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